Prisca Seerungen a consacré plus de trente années de sa vie au volley-bal

Entre l’équipe féminine du Quatre Bornes VBC et son entraîneur, Prisca Seerungen, le divorce est définitivement consommé. Les problèmes de santé et le manque de soutien de la fédération locale, surtout à l’approche du championnat des clubs de la zone 7, sont entre autres les raisons qui l’ont poussé à prendre cette décision.

Après près de trente ans dans le milieu, Prisca Seerungen tourne ainsi une page de sa vie, préférant s’occuper de ses élèves au Collège de Lorette de Quatre Bornes où elle agit comme monitrice d’édication physique.

« J’aurais tellement souhaité que cela ne se termine pas ainsi. J’avais des objectifs avec cette formation du QBVC, comme par exemple une participation à la Coupe d’Afrique des clubs champions. Toutefois, il me fallait prendre une décision », affirme, dépitée, celle qui a connu une fructueuse carrière en tant que joueuse, puis comme entraîneur.

Pourtant, tout semblait sourire à cette équipe qui avait crevé l’écran en février de l’année dernière en remportant le championnat des clubs de la zone 7, soit 22 ans après l’Union de Curepipe.
Reste que Prisca Seerungen souligne qu’elle a pu mener l’équipe à bon port, malgré des contraintes personnelles. « J’avais subi une grave opération en 2017 et les médecins m’avaient demandé de ne plus me consacrer au sport. Cependant, malgré cet avis médical, j’ai continué, car je ne voulais pas abandonner mes joueuses à mi-chemin ». À partir de là, elle devait bénéficier du soutien de Cherry-Ann Besnard et de Joanna Lamy au niveau du staff technique.

Le sacre obtenu à la zone 7 augurait alors des lendemains encore meilleurs pour l’équipe de la ville des fleurs.

Toutefois, la situation devait prendre une tout autre tournure à partir du 1 octobre dernier. « Ma dernière séance d’entraînement à la tête de ce groupe remonte à ce jour. Depuis, nous avons fait face à des problèmes de terrain. De plus, quelques joueuses étaient prises avec les séances d’entraînement de la présélection nationale et elles subissaient des menaces si elles ne s’y présentaient pas ». Et d’ajouter : « A mon époque, les joueuses se faisaient respecter. Le fait de m’apercevoir qu’on nous mettait des bâtons dans les roues et que la fédération ne nous apportait pas le soutien voulu sont autant de raisons qui m’ont poussé à prendre ma décision. Comme quoi, je ne voulais pas mettre ma santé en péril pour cela ». Prisca Seerungen balaie également d’un revers de la main que sa décision soit en relation avec le fait de n’avoir pu obtenir le poste d’entraîneur national. « J’avais certes exprimé mon point de vue sur cette nomination à l’époque, mais je n’envie en aucune façon le poste qui a été confié à Martine Bistoquet ».

Si elle soutient être toujours guidée par les principes qui ont marqué son cheminement, à savoir la discipline, la rigueur, la confiance et l’esprit d’équipe, Prisca Seerungen a une pensée spéciale pour tous ceux, surtout les commanditaires, qui ont cru dans l’épopée du QBVC. « Ils nous ont fait confiance et nous ont permis de vivre notre rêve. Malheureusement, aucun respect n’a été démontré pour ce travail », se désole-t-elle. Quoi qu’il en soit, la médaillée d’or des Jeux des îles de 93 et du championnat d’Afrique juniors de 97 tire sa révérence avec le sentiment du travail accompli. Tout en demeurant une passionnée.

Pas de nouvel entraîneur pour l’instant

Qui succédera à Prisca Seerungen à la tête du QBVC ? Malgré les démarches entreprises jusqu’ici, aucun remplaçant n’a pu être trouvé. Entre-temps, les séances d’entraînement se déroulent sous la férule d’Eric Louise et d’Alison Labour, capitaine du groupe. Il est toutefois confirmé que cette équipe participera au championnat des clubs de la zone 7, avec deux guests-players selon toutes probabilités.