Yousuf Mohamed fait partie de ceux dont la voix s’est toujours fait entendre durant ces cinquante dernières années. Il avait grandi à côté de son père, sir Abdool Razack Mohamed, et connaît toutes les péripéties qui ont mené à l’accession de Maurice à l’indépendance. Dans cette interview, il évoque quelques souvenir personnels autour de la période difficile précédant et suivant l’indépendance de l’île. Bien que le Comité d’action musulman (CAM) se soit battu pour l’obtention de « reserved seats » pour les minorités, ce qui a pris par la suite la forme du Best Losers System, Yousuf Mohamed dit aujourd’hui non à ce système si c’est pour faire perdurer le communalisme. Il dit rêver d’une île Maurice où c’est la compétence et non pas la communauté ou la caste qui sera le critère de sélection à tous les niveaux du pays, à commencer par le poste de Premier ministre. Il estime également que Paul Bérenger a été le meilleur Premier ministre que le pays ait connu après sir Seewoosagur Ramgoolam. Il trouve que le pays est aujourd’hui à genoux par la faute de la gourmandise et du népotisme.