Travel Ban et Omicron : des voyagistes sud-africains interpellent Obeegadoo

– L’ASATA demande un « immediate lifting » des restrictions

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– Les voyagistes réunionnais en rogne sur l’obligation de « motifs impérieux » pour venir à Maurice

L’Afrique du Sud et La Réunion sont deux importants marchés touristiques pour Maurice, et avec les restrictions de voyage actuelles entre Maurice et ces pays, la situation se corse pour les professionnels de ces deux régions, vu l’importance de Maurice dans leurs opérations. Une situation qui affecte les opérateurs touristiques et les économies concernées, et qui impacte de plein fouet le secteur touristique mauricien.

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D’abord, l’Afrique du Sud. Suite à la détection du nouveau variant Omicron dans ce pays, le gouvernement mauricien avait annoncé le 26 novembre dernier la suspension de tous les vols commerciaux de passagers avec ce pays. Ces restrictions de voyage drastiques (“travel ban”) ont eu des effets négatifs sur le secteur touristique local, mais aussi sur les agences de voyages sud-africaines. Dans un courrier envoyé au Premier ministre adjoint et ministre du Tourisme, Steven Obeegadoo, le CEO de l’Association of Southern African Travel Agents (ASATA), Otto de Vries, met les points sur les i en rappelant que l’industrie du voyage sud-africaine envoie chaque année plus de 120 000 touristes et voyageurs à Maurice.

Otto de Vries ne passe pas par quatre chemins pour « request » à Steven Obeegadoo. « That an urgent reconsideration be given regarding the travel ban on South Africans to Mauritius, following the UK’s announcement on Tuesday 14th December that it would be lifting travel restrictions to and from South Africa on the basis that now there is community transmission of Omicron in the UK… A travel ban is now less effective in slowing the incursion of Omicron from abroad. » L’ASATA demande ainsi de « re-instate travel between our two countries » sur la base que le taux d’infection à l’Omicron est élevé dans plus de 50 pays actuellement. « A person is as likely to catch the Omicron variant in Port-Louis, Berlin, Brussels or Paris, or as they are in Johannesburg or Cape Town. Travel bans have become redundant in the face of this reality. »

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« Travel bans have become redundant »

Otto de Vries rappelle l’importance du marché sud-africain pour la destination Maurice et met l’accent sur les effets néfastes de ces restrictions de voyages imposées par Maurice sur l’Afrique du Sud. Dans une année type, environ 120 000 Sud-africains se rendent en effet à Maurice, et pour un mois de décembre en général, il peut y avoir jusqu’à 24 000 visiteurs sud-africains se rendant à Maurice. Le CEO de l’ASATA précise au ministre Steven Obeegadoo que ce “travel ban” imposé par Maurice a des effets désastreux sur les agences de voyages sud-africaines. « The estimated losses due to this travel ban, just on packaged holidays alone, is estimated at R 1 billion for December 2021 and an additional R 400 million for January 2022. »

Risque d’hospitalisation plus faible

L’ASATA ne manque pas de mentionner le cas des nombreux Sud-africains fortunés qui sont résidents à Maurice et qui passent normalement les fêtes de fin d’année dans leur pays natal. « An estimated 280 South African millionaires – those with investable assets of more than USD 1 m – have moved to the island since 2007, according to market research group New World Wealth. This group provides high value spend on the island all year round, but typically at this time when they and their families would normally spend their summer vacation there. »

Enfin, Otto de Vries fait allusion aux conclusions d’une étude menée par Discovery Health en Afrique du Sud en collaboration avec le South African Medical Research Council. Cette étude, qui a analysé les 78 000 cas positifs d’Omicron en Afrique du Sud entre le 15 novembre et le 7 décembre, révèle que deux doses de Pfizer-BioNTech « continue to confer a 70% protection against severe complications from Omicron », et que le risque d’hospitalisation parmi la population adulte est de 29% plus faible pour ceux étant infecté par le variant Omicron, « compared to the ancestral variant that originated in China ».
L’ASATA précise que les données indiquent que 70% des admissions dans les hôpitaux « are unvaccinated and that there are clear signs that hospitalisation rates are not tracking community transmission in the way they did in the previous three waves ».

Mesures « injustifiées »

Par ailleurs, les restrictions de voyage avec La Réunion font également débat chez les voyagistes réunionnais, la préfecture ayant annoncé le maintien des restrictions strictes pour les vols entre Maurice et La Réunion. L’Association des indépendants du tourisme et des loisirs (AITL) s’est exprimée dans une missive à la préfecture, en expliquant : « Les dernières mesures qui viennent d’être prises par Monsieur le préfet de La Réunion, rétablissant conjointement pour les personnes disposant d’un schéma vaccinal complet, l’obligation des motifs impérieux pour se déplacer vers Maurice, la mise en quarantaine des voyageurs au retour de Maurice et le rétablissement des tests au départ de La Réunion vers Paris, constituent des mesures qui nous semblent injustifiées dans le contexte sanitaire des territoires concernés, et qui nous mettent dans l’incapacité d’exercer notre profession. »
Les professionnels du tourisme réunionnais sont en difficulté, car le cœur de leurs activités se situe dans l’océan Indien, avec des destinations comme Maurice, l’Afrique australe et la Thaïlande, qui sont les trois destinations « phares » des Réunionnais, et qui sont à ce jour « inaccessibles ».

« Deux types de Français »

En outre, avec le déclassement de Maurice de la liste rouge écarlate à la liste rouge, permettant aux voyageurs vaccinés de se rendre à Maurice, l’AITL note que les Réunionnais ne bénéficient pas de cette mesure, « celle-ci étant exclusivement réservée aux seuls Français de la métropole ». L’AITL interroge le préfet à l’effet de savoir s’il existerait « deux types de Français ».

Dans leur courrier, Stéphane Trape (président) et Thierry Prengere (secrétaire général adjoint) de l’AITL mettent l’accent sur l’importance de premier plan de la destination Maurice pour les agences de voyages réunionnaises. « Sur les 70 enseignes de l’île, réparties en une centaine de points de vente, la destination représente 60 à 80% de part de marché des ventes en agences. Il faut avoir à l’esprit que nous sommes le deuxième marché pourvoyeur de touristes avec près de 150 000 passagers en 2019, juste derrière la France métropolitaine et avant l’Afrique du Sud, et que les ventes représentent entre 1 million et 2 millions d’euros de chiffres d’affaires annuels chez nos adhérents. » Cela avec les effets que l’on devine sur les entreprises touristiques réunionnaises.

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