Le Père Labour : « Le dialogue, condition incontournable d’une paix durable »

Pour la messe annuelle à l’occasion de la Journée internationale de la paix, le 1 er janvier, le cardinal Maurice Piat a donné le ton. « Le chemin pour arriver à la paix passe par le dialogue et la rencontre, un dialogue sincère et respectueux qui n’a pas peur des différences. Le but d’un tel dialogue est non pas de marquer des points et de gagner mais d’avancer ensemble vers le bien commun de notre société, de notre pays. Notre société a besoin de trouver ce type de dialogue pour pouvoir respirer et avancer pendant cette année qui s’ouvre devant nous », a affirmé d’emblée l’évêque de Port-Louis.

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Pour sa part, le vicaire général du diocèse de Port-Louis et aumônier de la Commission Justice et Paix, Jean Maurice Labour, a articulé son homélie autour des enseignements découlant de l’évangile, connue comme les béatitudes, qu’il a présentés comme une charte indiquant les vrais chemins d’un dialogue constructeur de paix.

« La paix se construit en cultivant en nous ces vertus, longuement, patiemment, et la paix est reçue au bout d’un chemin comme récompense, autrement dit comme don. Le dialogue est la condition incontournable de la construction d’une paix durable », a-t-il souligné en revenant sur le fait que « l’espace démocratique qui construit la paix dans les différences, se nourrit de dialogues institutionnalisés, comme pratique permanente, et non pas seulement en temps de crise ».

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Pour Jean Maurice Labour, le dialogue est difficile dans tous les secteurs de la société mais il est essentiel. Il a souligné son importance dans les relations au sein de la famille, cellule de base de la société. Il a aussi souligné l’importance du dialogue dans des secteurs comme l’éducation et dans différentes situations de la vie publique.

« Les écueils du dialogue entre la société civile et les autorités au pouvoir ont été mis en exergue quand notre pays avait subi les deux chocs du naufrage du Wakashio et de la première vague de la pandémie du Covid-19 en 2020, avec des manifestations importantes de la société civile réclamant des explications. Cette société civile qui ne se sent pas écoutée, comprise. » Il dit noter que l’Assemblée nationale aurait dû être un temple du dialogue. Toutefois, elle nous a donné pendant ces deux années, plus que d’autres périodes, le spectacle du difficile débat dans un dialogue respectueux entre la majorité et l’opposition parlementaire, fait-il ressortir en substance. « Perpétuellement secoué par des walk-outs et des vociférations des deux côtés de la chambre, le peuple souffre de voir ses représentants les plus dignes afficher des exemples flagrants de l’impossible (?) dialogue contradictoire d’une démocratie en souffrance », poursuit le Père Labour.

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À son avis, c’est le manque de dialogue qui a abouti à cette absurdité de la censure du message du cardinal le 25 décembre. Il en est de même quant à l’incohérence, dit-il, dans les mesures sanitaires qui fixe à 10 le nombre de personnes dans les lieux de culte capables de contenir 2 à 500 personnes en distanciation. Ce qui est absurde est que 50 personnes sont admises dans les enterrements et les mariages; dans les lieux de culte, interdits à plus de 10. « Nous avons beaucoup souffert. Nous avons été des Law-abiding Citizens. Nous sommes et nous voulons rester partenaires des autorités en place. Nous ne sommes pas des Roder Bout mais nous revendiquons nos droits », dit le vicaire général, qui a conclu en espérant que « le dialogue vrai, sincère et intelligent et contradictoire au besoin, habite toutes nos rencontres individuelles et familiales. Qu’il habite toutes les institutions de notre République : la fonction publique, les corps paraétatiques, le législatif et  judiciaire, les partis politiques ! »

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