Le taux directeur bancaire maintenu à 4,50% comme fixé lors de la dernière réunion du Monetary Policy Committee
Un nouveau cadre de politique monétaire sera introduit par la Banque de Maurice à partir de lundi. Il remplacera le cadre existant, entré en vigueur en 2006, et qui avait vu le Key Repo Rate remplacer le Lombard Rate. C’est ce qu’a confirmé le gouverneur de la Banque de Maurice, Harvesh Seegolam, cette semaine.
« Le nouveau cadre de politique monétaire, préparé en consultation avec le Fonds monétaire international (FMI), permettra d’assurer un meilleur contrôle sur l’inflation, de mieux traiter l’excès de liquidités et d’avoir un système transparent en ligne avec les pratiques internationales », affirme Harvesh Seegolam, entouré de ses deux adjoints et de hauts cadres de la BOM.
Le gouverneur de la Banque Centrale s’est appesanti sur le point que le nouveau cadre de politique monétaire vise à améliorer le mécanisme de transmission de la politique monétaire et consolider par la même occasion l’efficacité de celle-ci. « It is a flexible inflation targeting regime whereby headline inflation has, with the concurrence of the Finance Minister, been set within a range of 2-5 per cent with the aim of achieving the mid-point of 3.5 per cent over the medium term », souligne-t-il.
Ainsi, au vu du nouveau cadre, le taux directeur actuel (Key Repo Rate) est remplacé par le Key Rate en tant que taux directeur devant être déterminé par le comité de politique monétaire qui continuera à se rencontrer sur une base trimestrielle. Le Key Rate est introduit au même taux que le défunt Key Repo Rate, c’est-à-dire à 4,50 %.
Le processus de mise en œuvre du nouveau cadre implique des changements au niveau opérationnel, notamment une révision des instruments de politique monétaire à utiliser pour une gestion efficace des conditions de liquidité.
Lors d’une présentation du nouveau mécanisme, les techniciens de la Banque Centrale ont fait comprendre que le présent cadre de politique monétaire était confronté à un certain nombre de contraintes – à commencer par le niveau élevé d’excès de liquidités associé à l’élévation de la mise en oeuvre de la politique monétaire ayant affecté le mécanisme de transmission de la politique monétaire. De plus, les taux d’intérêt pratiqués par les banques commerciales ne reflétaient plus la politique monétaire préconisée par le comité de politique monétaire. La Banque de Maurice fait ressortir que le mécanisme actuel a été considéré par le FMI comme un problème affectant l’efficacité de la politique monétaire. Entre autres contraintes : il n’y avait pas un Defined Inflation Target et que les « objectives were not mutually consistent at times ». Ce qui pouvait créer des conflits pour ce qu’il s’agit des objectifs au regard de la stabilité des prix. La conséquence est que la crédibilité de la politique monétaire et sa capacité de contrôler l’inflation étaient mises à rude épreuve.
La Banque Centrale revient sur le fait que le nouveau mécanisme a été préparé après consultations avec les parties prenantes à Maurice et a été conçu avec le soutien du FMI. Il devrait permettre de surmonter les problèmes rencontrés dans le mécanisme actuel, améliorer les opérations de la politique monétaire, consolider le mécanisme de transmission de la politique monétaire et rester en ligne avec les meilleures pratiques internationales.
À ce propos, le gouverneur de la Banque Centrale ressortir qu’elle s’est inspirée de la pratique de la part des grandes banques centrales. « Alors que la stabilité des prix est l’objectif prioritaire, le ciblage flexible de l’inflation permet à la banque centrale de poursuivre d’autres objectifs, tels que la promotion d’une croissance stable de la production et de l’emploi ou la limitation de la volatilité des taux de change. De plus, le nouveau mécanisme fournit une référence par rapport à laquelle le public peut mesurer les pressions inflationnistes et évaluer le succès de la Banque à maîtriser l’inflation », souligne Harvesh Seegolam.
L’autre innovation est que sur le plan opérationnel, des manoeuvres d’Open Market (OMO) seront entreprises si nécessaire pour maintenir le taux interbancaire au jour le jour proche du taux directeur. Ainsi, des 7-day BoM Bill seront émis chaque vendredi au même taux que le taux directeur et selon le système d’attribution intégrale, remplaçant le système actuel de « fixed amount, flexible rate ».

