Rubna Daureeawo considère que ce projet de loi constitue une réforme « très humaine » et porteuse de sens. « J’ai été témoin de nombreuses opportunités refusées simplement à cause de ce simple document, appelé “certificat de moralité” » (Certificate of Character). C’est pourquoi je dis que la seconde chance doit être réelle. Récemment, la LGSC a procédé à des recrutements, et nous savons tous combien de personnes n’ont pu obtenir un emploi, non pas parce qu’elles n’étaient pas compétentes, mais à cause de leur certificat de moralité », dit-elle.
Comme l’a justement souligné le leader de l’opposition, une société juste doit savoir punir les actes répréhensibles, estime-t-elle, « mais elle doit aussi savoir quand reconstruire et permettre à un être humain de se relever ».
Tout en félicitant l’Attorney General, « qui reconnaît que la justice doit évoluer au-delà de la simple punition et intégrer la réhabilitation », elle estime : « ce projet de loi reconnaît que ceux qui ont purgé leur peine méritent plus qu’une exclusion permanente. Ils méritent une véritable opportunité de se réintégrer dans la société. Il s’agit, en fin de compte, de faire en sorte qu’une seule erreur ne devienne pas une condamnation à vie. »
« Comment pouvons-nous parler de réhabilitation si nous refusons la réintégration ? » se demande-t-elle encore. « Comment pouvons-nous, en tant que société et même en tant que législateurs, parler de réduction du chômage tout en fermant discrètement les portes à des personnes prêtes à travailler ? » Raison pour laquelle elle dit accueillir favorablement ce projet de loi contre la discrimination en matière d’emploi. « Pour moi, c’est l’un des aspects les plus constructifs de cette réforme. Le leader de l’opposition reconnaît également ce fait : trop souvent, l’exclusion du marché du travail constitue l’un des principaux obstacles à une véritable intégration et réhabilitation. »
En conclusion, la parlementaire fait ressortir : « Si nous voulons des communautés plus sûres, nous devons aussi créer des voies de retour vers un emploi légal et le respect de soi. Soyons clairs ! Ce projet de loi n’efface pas les crimes graves, comme les infractions impliquant des enfants, le terrorisme ou encore les crimes majeurs prévus par le code pénal. Les délinquants dangereux ne bénéficieront pas de cette loi… »
Assemblée nationale | Débats sur le Certificate of Character Bill – Rubna Daureeawo , Backbencher: « La seconde chance doit être réelle »
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