Notre invitée de ce dimanche est Mme Jyoti Jeetun, la ministre des Services financiers. Elle donne son point de vue sur les coûts des prestations des cliniques et des assurances, et répond à des questions économiques ainsi que sur la démission de l’ex-leader du MMM.
O L’interview d’Yves Giraud, dans notre dernière édition, sur les coûts dans les cliniques privées, a suscité énormément de réactions sur les réseaux sociaux, à travers des emails ou des appels téléphoniques. Est-ce qu’en tant que ministre responsable de la gestion du secteur des assurances, vous étiez au courant de l’ampleur du mécontentement des Mauriciens contre les cliniques privées et les assurances médicales ?
— Je voudrais surtout parler de ce mécontentement vu de l’angle des assurances, secteur qui est régulé par mon ministère, à travers la Financial Services Commission. J’ai commencé à recevoir des complaintes des utilisateurs sur le fonctionnement des assurances médicales – dont le montant n’a fait qu’augmenter –, dès que j’ai assumé mes fonctions en 2014. C’est clair qu’il y a un problème dont le consommateur paye les pots cassés. Depuis, j’ai rencontré l’association des assureurs pour leur faire part de ces complaintes que je recevais et à plusieurs reprises dans mes interventions publiques, je leur ai demandé de « do something about it. » Il m’a été souvent dit que le problème n’était pas causé par les assurances médicales mais par les cliniques, qui augmentaient le montant de leur facture et, du coup, les réassureurs augmentaient leurs coûts, et que les assurances étaient obligées de les passer à leurs clients. C’est un cercle vicieux . Dans mon dernier message à la profession, le mois dernier, j’ai dit que la plaisanterie a assez duré…
O…une plaisanterie qui est une tragédie pour des centaines de clients des cliniques et des assurances.
— J’ai rappelé que le gouvernement doit défendre le public, les consommateurs. Que le régulateur, les assurances et le secteur médical doivent réfléchir à une solution à ce problème d’augmentation, faute de quoi le gouvernement sera obligé de prendre des mesures pour le faire.
O Vous tenez ce discours depuis 2025 et ceux à qui il est adressé n’ont pas réagi ?!
— Ils m’ont dit qu’ils sont en train de travailler sur une solution. Le problème découle aussi du fait que nous n’avons pas à Maurice l’équivalent d’un régulateur du secteur médical public et privé, comme la Care Commission de l’Angleterre. Le consommateur sent qu’il est pénalisé, que ses factures de clinique sont excessives, qu’on lui fait faire toutes sortes de tests et de traitements médicaux pas forcément nécessaires. J’ai été conscientisée de l’étendue du problème et j’ai conscientisé, à mon tour, les stakeholders du secteur.
O Quand vous dites que si le secteur ne trouve pas une solution, le gouvernement sera obligé de prendre des mesures, vous pensez à quoi exactement ?
— Je crois qu’il faut réunir autour d’une même table les représentants des assurances, des cliniques privées, des médecins, mais aussi des consommateurs qui soient dans l’intérêt de tous. Il faut trouver une solution et les moyens de la mettre en pratique, et s’il faut légiférer pour la faire appliquer…
O Est-ce que vous envisagez ce que fait souvent le gouvernement en cas de problème : la nomination d’un Select Committee ?
— Si les stakeholders n’arrivent pas à mettre de l’ordre dans cette situation, nous aurons à déterminer « what is good for the consumer ». Ceci étant, je précise que notre intention n’est pas d’asphyxier les cliniques privées, les assurances et les médecins qui font un travail important pour le pays, mais il faudra créer un comité ou une commission, en tout cas une instance, pour écouter tous les stakeholders et trouver une solution. Rapidement.
O Beaucoup de Mauriciens pensent qu’il y a une collusion – pour ne pas dire une complicité – entre les cliniques, les médecins et les assurances pour augmenter le prix des prestations.
— Je dirais qu’il y a une perception générale dans ce sens et il faudra aller jusqu’au fond des choses pour vérifier si elle est ou non justifiée.
O Est-ce que la perception que la médecine n’est plus un service, mais un business, et que ses investisseurs doivent avoir un retour sur l’investissement, n’est pas une réalité en 2026 ?
— C’est également une forte perception qui s’est amplifiée du fait de la création de nouvelles cliniques. Certes, il faut un « return on investment » dans ce secteur, mais il ne faut pas que dans ce cadre, le consommateur soit « abusé ». Je répète ce que j’ai déjà dit aux responsables des assurances : s’ils ne remédient pas à la situation, le gouvernement aura à prendre des mesures.
O Est-ce qu’il ne faudrait pas réfléchir sur l’évolution de la santé publique et privée à Maurice, en instituant un système de sécurité sociale médicale contributive dans le cadre du Plan 2050 que votre ministre est en train de préparer ?
— C’est une bonne suggestion. Il faut rappeler que c’est après de longues années que le ministère du Planning Économique a été réinstitué en 2025. Dans le cadre du Plan 2050, il nous faut réfléchir sur l’évolution de tous les secteurs, y compris celui de la Santé publique et privée. Aujourd’hui, le secteur de la santé publique est gratuite, mais représente un fardeau très lourd pour l’État, et il faut trouver des solutions pour l’avenir.
O Est-ce que l’urgence n’est pas de régler les problèmes du pays d’aujourd’hui, au lieu de nous focaliser sur l’avenir ? Est-ce que ce Plan n’est pas une grande opération de com qui ne débouchera pas sur grand-chose ?
— C’est une question légitime que l’on me pose souvent, et voici ma réponse. Quand en 2014, Narendra Modi a annoncé le Plan India 2047 pour coïncider avec les 100 ans de l’Indépendance indienne, on lui avait demandé pourquoi il s’occupait de 2047 d’autant plus qu’il ne serait pas là pour célébrer, qu’il valait mieux s’occuper des problèmes immédiats. Il a répondu que si dans les années ’40 du siècle dernier, les leaders politiques indiens avaient réfléchi en ces termes, l’Inde ne se serait pas battue pour obtenir son Indépendance. Il y a les urgences d’aujourd’hui et la planification pour l’avenir et l’un n’exclut pas l’autre. Savez-vous pourquoi le gouvernement actuel fait du fire fighting tous les jours ? C’est le résultat de l’absence de planification économique au cours des dernières années.
O Vous avez quelques exemples précis des résultats de ce manque de planification ?
— Nous sommes au bord de la rupture énergétique parce que personne n’a réfléchi en amont sur ce que serait la demande en 2025 pour l’électricité, le nombre de nouvelles industries, de nouvelles maisons, et comment faire pour produire l’électricité nécessaire, avec quel produit importé et à quel coût. C’est la même chose pour l’eau. Depuis 2015, Maurice a une population vieillissante, qui vit beaucoup plus longtemps et qui ne se renouvelle pas, avec pour conséquence un manque d’infrastructure et de personnel formé pour s’occuper de cette population vieillissante et de plus en plus dépendante. Par ailleurs, le déclin de la population génère une forte demande de l’importation de la main d’œuvre dans tous les secteurs. Tout ça n’est pas arrivé subitement en 2025. C’est pour cette raison que la planification est importante pour préparer l’avenir, pour que les prochaines générations n’aient pas à faire, comme nous, du fire fighting. Mais en même temps, nous sommes en train de travailler sur des plans de développement de 5 et 10 ans sur le thème : Que devons-nous faire, aujourd’hui, pour atteindre les objectifs de 2050, tout en travaillant pour trouver des solutions aux problèmes existants par manque de planification ?
O Comment se passe la préparation de ce Plan 2050 ?
— Il existe deux réalités à Maurice : celle des réseaux sociaux et celle de la vraie vie. Nous avons décidé d’aller écouter sur le terrain les doléances et propositions des Mauriciens pour rédiger le plan, au lieu de confier ce travail à un comité d’économistes et d’experts. Nous avons fait des consultations régionales au niveau des districts et des municipalités en invitant un échantillon de leurs habitants : élus, représentants des collèges, associations, clubs de jeunesse, coopératives, entrepreneurs. Nous avons organisé 11 réunions de consultations au cours desquelles nous avons rencontré et échangé avec ces personnes de la vraie vie, qui parlent des contraintes d’aujourd’hui et des attentes pour demain.
O Vous n’allez écouter que les « représentants » du peuple pour la rédaction du Plan ?
— Il y a aussi un deuxième niveau dans la rédaction de ce Plan, avec 22 rencontres sectorielles sur des thèmes précis qui sont en cours. Nous avons prévu de compiler toutes les informations obtenues lors de ces rencontres dans une première ébauche du Plan 2050 qui devrait être prêt en juillet/août. Je voudrais souligner que la rencontre avec les personnes qui font partie de la vraie vie me donne beaucoup d’espoir pour l’île, parce que ce qu’on voit sur les social media est un monde parallèle, pas celui de la réalité.
O Et en même temps, tous les ministres et députés utilisent les réseaux sociaux pour montrer, photos a l’appui, toutes leurs activités. Vous-même vous faites partie des utilisateurs des réseaux sociaux, ce n’est pas un peu contradictoire ?
— Malheureusement, pour le moment, les réseaux sociaux sont incontournables quand on fait de la politique. Le problème ce n’est pas le réseau, mais le nombre de fake accounts, les anonymes qui se cachent derrière des faux profils et qui publient – d’autres disent qui vomissent – des posts insultants, mensongers, toxiques, vulgaires, sans doute pour se défouler et attaquer certaines cibles privilégiées, dont moi.
O Nous allons revenir sur les réseaux sociaux, mais, avant, restons dans l’économie. Vous qui connaissez la réalité économique du pays, dites-nous ce qu’il faut attendre du budget.
O L’année dernière, le Premier ministre, qui est également ministre des Finances, a eu le courage de faire des réformes difficiles, mais importantes et nécessaires, dont celle de la pension. Il faut continuer avec ces réformes, tout en étant conscient que nous avons à faire face à l’augmentation du coût de la vie, qui est un problème mondial. Le budget devra réaliser l’équation difficile de continuer à faire des réformes économiques, en améliorant les conditions quotidiennes de la population, tout en augmentant la croissance, en évitant d’asphyxier nos PME. Notre modèle économique est trop basé sur la consommation, nous vivons trop sur la TVA et avons besoin de développer une économie de production, comme c’était le cas dans le passé. Il faut trouver le moyen d’encourager nos PME à produire et exporter davantage, car aujourd’hui, nous importons pour plus de Rs 300 milliards et n’exportons que pour Rs 75 milliards. Comment voulez-vous que la roupie ne déprécie pas ?
O Paul Bérenger a déclaré, mercredi, que comparativement à 2025, la marge de manœuvre économique du gouvernement a augmenté et que le budget doit être pensé en tenant compte de cette différence. Votre commentaire ?
— L’ancien DPM a fait partie de ce gouvernement qui a eu la lourde tâche et le courage d’engager des réformes, très difficiles, pour remettre le pays et l’économie sur les rails. Aujourd’hui, il a fait le choix de ne pas travailler pour l’avancement du pays, mais plutôt de critiquer.
O Pour reprendre une de ses phrases, ou dir li pran so kritik alle so lacaz ?!
— Je n’ai pas dit ça. On sait déjà que la situation exige que l’on continue avec des réformes pour relancer l’économie et accroître la croissance, une économie basée non pas sur la consommation, mais plutôt sur la production et l’exportation, pour un partage équitable du gâteau national et vers une baisse de coût de la vie. Reconnaissons qu’avec la situation qui prévaut à l’international, ce sera une tâche extrêmement difficile.
O Est-il vrai que le secteur avec la meilleure perspective de progression de l’économie mauricienne est celui des services financiers ?
— Il faut réinventer l’agriculture et le secteur manufacturier, qui ne disposent plus des avantages et accès préférentiels qui ont permis leur développement. En ce qui concerne le tourisme, les perspectives sont limitées parce que nous n’avons plus d’espace pour de nouveaux hôtels. Les secteurs les plus porteurs aujourd’hui sont ceux de l’économie bleue et des services financiers. Ce dernier secteur a énormément de potentiel, mais il faut travailler dur parce que ses compétiteurs ne sont pas à Maurice, mais dans le monde entier. Notre secteur des services financiers a l’avantage d’être entre l’Asie, l’Inde, la Chine et l’Afrique dont nous faisons partie, ce que nous avons parfois tendance à oublier. Notre continent a un énorme potentiel : sa population va doubler et 15 des 25 pays les plus performants économiquement de l’année dernière sont africains. Le continent est en train de s’épanouir économiquement et nous pouvons en faire partie, et nous sommes en train de nous positionner avec le récent déplacement du PM au Kenya.
O Que pensez-vous de la récente déclaration de votre collègue Ashok Soubron selon laquelle « le secteur privé a trop d’influence sur le gouvernement mauricien », vous que l’on dit être la représentante du secteur privé au gouvernement ?
— Je ne suis pas la représentante du secteur privé, je suis pro-entreprise et je l’assume. Il est important que l’on respecte et que l’on valorise nos entreprises, ces milliers de PME qui travaillent dans des conditions extrêmement difficiles, aujourd’hui. Je ne parle pas des très grosses entreprises qui peuvent se débrouiller, mais de ces moyennes et petites entreprises qui créent la richesse dans le pays, en se débattant comme elles peuvent et qui doivent faire face, comme tous les Mauriciens, aux augmentations du coût de la vie. Je suis pro-entreprise, mais ça ne veut pas dire que je suis la voix du secteur privé au gouvernement.
O Est-ce que cette année, les ministres participeront à l’élaboration du discours du budget ou est-ce que, comme en 2025, ils découvriront son contenu juste avant sa présentation au Parlement ?
— Il y a certaines mesures budgétaires que le ministre des Finances est obligé de garder secret pour des raisons économiques. Mais les ministères participent à l’élaboration du budget en envoyant des propositions concernant les secteurs dont ils sont responsables.
O Abordons maintenant le volet politique de cette interview. Comment se porte le MMM après la démission fracassante de son leader historique ?
— Paul Bérenger est un monument historique qui a fait partie du MMM depuis sa fondation. Mais un parti aussi démocratique que le MMM ne peut pas se résumer à son leader, même si ce dernier a une personnalité écrasante. Il est chagrinant qu’il ait démissionné, mais le parti se réinventera et collectivement se reconstruira.
O Je ne comprends pas qu’il ait fallu attendre la cassure pour que les très proches collaborateurs de Paul Bérenger dénoncent les traitements qu’ils disent avoir subis au fil des années.
— C’est une question qu’il faudrait leur poser…
O …c’est une question que je vous pose, vous qui avez été, ces dernières années, membre des instances de direction du MMM.
— Je ne suis pas la porte-parole du MMM et je ne fais pas partie de son équipe de direction, ses membres ayant tous été élus par les instances du parti. Mais depuis que j’ai rejoint le MMM, il n’y a pas eu d’élections internes. Quand Paul Bérenger m’a demandé de rejoindre le MMM, il me voyait comme faisant partie de l’avenir du parti ; par la suite, il a changé d’attitude vis-à-vis de moi en me traitant de tous les noms. Ce que j’ai vécu à partir de ce moment a été, sans aucun doute, le moment le plus difficile de ma carrière, et même de ma vie. Mais le passé est derrière moi, je le mettrai dans un tiroir pour construire l’avenir. Je ne suis pas là pour ruminer le passé, ni pour faire carrière politique, mais pour contribuer à changer le pays en regardant l’avenir, pas le passé.
O Beaucoup de vos collègues ont dit après la démission de l’ex-leader : « Nou finn soulazé, libéré, nou travaille mieux kan Berenger pas là. » Vous partagez ces sentiments ?
— Bérenger a beaucoup de qualités et tous ceux qui ont travaillé avec lui le reconnaissent. C’est un hard worker qui peut aussi être destructive, parce qu’il croit tellement qu’il sait tout et mieux que les autres qu’il peut les blesser. Je n’utiliserai pas le terme « soulagé », mais disons qu’aujourd’hui au MMM et au gouvernement, il y a plus de débats, plus de collégialité.
O Vous pensez que ce que Bérenger n’a pas réussi à obtenir : certaines nominations, le fonctionnement de la police, la corruption au PMO, le MMM parviendra à convaincre Navin Ramgoolam de le faire ?
— La question est de savoir si les points que Bérenger a avancés pour justifier sa démission étaient les vrais problèmes. Nous avons un pays à gérer avec ses problèmes, les réformes qu’il faut faire. Nous avons demandé aux Mauriciens de nous donner un mandat pour le faire et ils l’ont fait. Après la première réforme, le gouvernement est devenu impopulaire et certains ont choisi d’aller dans l’opposition en continuant à toucher la paye et à bénéficier des privilèges de députés en allant au Parlement un fois par semaine. Nous qui sommes restés au gouvernement avons choisi de continuer à travailler par rapport aux engagements pris. Je note que malgré toutes les allégations de corruption, aucune déclaration n’a été faite ni à la police ni à la FCC.
O Vous voulez dire qu’il n’y a pas de corruption ?
— Je dis que jusqu’à présent, aucun des cas de corruption allégué n’a fait l’objet d’une dénonciation aux autorités concernées.
O On parle du prochain remaniement ministériel dans lequel le ministère que vous occupez actuellement serait scindé en deux pour que vous le partagiez avec Reza Uteem. Votre commentaire ?
— J’ai été surprise de lire cette « information » dans la presse. Si jamais il y a partage du ministère, c’est au PM que revient la décision de le faire ou pas. En tout cas, moi, je me donne entièrement à mon travail pour l’avenir qui ne se construit pas dans la haine et sur les attaques des réseaux sociaux.
O Revenons justement sur les réseaux sociaux dont vous êtes une des vedettes. Est-ce que, comme beaucoup de politiciens, vous pensez qu’une publicité, même mauvaise, même insultante, fait parler de vous, ou est-ce que vous êtes blessée par ces posts ?
— C’est dur à vivre parce que je ne sais pourquoi je suis devenue une cible. Tout ce que je fais, tout ce que je dis, mes vêtements, ma coiffure, si je souris ou pas devient un sujet. Est-ce que je suis une cible parce que je suis une femme, une femme hindoue, parce que je fais de l’ombre à quelqu’un ? Parfois, je me demande si ça vaut la peine, mais comme je suis de nature combative, je me dis manz ar li, fais ton travail, et reste fidèle à tes engagements.
O Vous êtes devenue « célèbre » sur les réseaux sociaux et ailleurs en utilisant le mot bhojpuri hogal ba. Avec le recul, est-ce que vous regrettez de l’avoir fait ?
— Absolument pas. Pourquoi est-ce que je devrais regretter d’avoir utilisé un mot de ma langue maternelle, qui est aussi celle de centaines de Mauriciens ? On me caricature sur les réseaux sociaux pour ce mot, mais comme je vous l’ai dit, les réseaux sociaux ne sont que le reflet d’un petit monde parallèle, pas celui de la vraie vie.
Jean-Claude Antoine

