Une plateforme regroupant différents syndicats des compagnies d’autobus privées a remis une pétition au Premier ministre, Pravind Jugnauth, hier. Les 3 100 signataires lui demandent de corriger une injustice causée par le ministre du Transport, Alan Ganoo. Ce dernier a converti une allocation de Rs 1 000 des employés de la Corporation Nationale du Transport (CNT) en une hausse salariale, alors que celle des employés des compagnies privées a été tout simplement supprimée.
« Equal pay for equal work. » Telle est la revendication de la plateforme des syndicats du transport. Celle-ci regroupe les travailleurs de quatre compagnies d’autobus, à savoir United Bus Service (UBS), Rose-Hill Transport (RHT), Mauritian Bus Transport (MBT) et Triolet Bus Service (TBS). Iqbal Sheikh Abbas, président de l’UBS Employees Union, dénonce le fait que l’injustice pratiquée à l’encontre des salariés du transport n’a que trop duré et qu’il est temps d’y mettre un terme. Il explique : « en décembre 2020, le conseil des ministres avait pris la décision d’accorder une allocation de Rs 1 000 mensuellement aux employés des compagnies de transport privées, tout comme c’était le cas pour la CNT. Or, en juin de l’année dernière, le ministre Ganoo a mis fin à cette allocation pour les travailleurs du privé, tandis que pour ceux de la CNT, Rs 1 000 ont été ajoutées à leurs salaires de base. C’est une discrimination. »
Élaborant davantage sur cette situation, Saleem Bacsoo, président de l’United Bus Industry Workers (UBIW), souligne que les Rs 1 000 accordées aux travailleurs de la CNT représentaient l’avance que le gouvernement avait accordée aux fonctionnaires en marge de l’application des recommandations du rapport du Pay Research Bureau (PRB). « Comme cela représentait une injustice à notre égard, étant donné que nous faisons le même travail, le conseil des ministres avait pris la décision en décembre 2020, de nous accorder la même allocation. Or, le ministre Ganoo est venu contredire ce que Premier ministre avait décidé. C’est un crime sans pareil qu’il a commis envers les travailleurs de ce secteur », dit-il.
D’où la décision de se tourner une nouvelle fois vers le Premier ministre afin qu’il corrige l’erreur de son ministre du Transport au lieu de prendre des actions industrielles. Saleem Bacsoo précise que si le rapport du PRB a déjà pris effet pour les employés du CNT, ceux du privé sont toujours engagés dans les négociations collectives. « Le Collective Agreement a pris fin en 2016, mais n’a pas encore été renouvelé. Les négociations sont toujours en cours. Logiquement, le gouvernement aurait dû maintenir notre allocation, comme il l’a fait pour la CNT, en attendant que le nouveau Collective Agreement entre en vigueur », avance-t-il.
Ce dernier se prononce également en faveur de négociations à échelle nationale, comme c’était le cas la dernière fois. « C’est vraiment injuste qu’à un moment où le coût de la vie ne cesse d’augmenter, on décide de supprimer l’allocation des travailleurs de quatre compagnies privées et ceux travaillant pour les autobus individuels. Nous n’avons rien contre nos confrères de la CNT ; au contraire, nous sommes contents pour eux, mais il ne faut pas avoir de discrimination. Nous faisons le même travail, avons droit aux mêmes conditions », reconnaît-il.
Saleem Bacsoo fait ressortir que les travailleurs du transport représentent le moteur du développement économique. « Nous prenons le travail à 4h-5h du matin, alors que les ministres Ganoo et Callichurn dorment encore. C’est grâce à nous que les autres secteurs de l’économie peuvent se mettre en marche. Il n’est pas juste qu’on pratique la discrimination à notre égard », rappelle-t-il.
La pétition a recueilli 3 100 signatures venant principalement des employés des quatre compagnies précitées. Au total, il y a 7 000 travailleurs du transport, incluant ceux de la CNT et des autobus individuels. Si la situation n’évolue pas, la plateforme envisage des actions syndicales.

