Le futur Fleet Management System (FMS) s’annonce comme un tournant majeur dans la modernisation du transport public à Maurice. Ce dispositif permettra à la National Land Transport Authority (NLTA) de suivre en temps réel les déplacements des autobus, d’améliorer la surveillance des opérateurs et de fournir aux usagers des informations actualisées sur les horaires. Une application mobile intégrée offrira également un canal de retour direct pour les passagers. À terme, cet outil devrait permettre une meilleure adéquation entre l’offre de transport et la demande réelle à travers l’île.
En parallèle, la NLTA intensifie ses opérations de contrôle à travers le pays. Des inspections inopinées sont régulièrement menées pour lutter contre les manquements, tels que les déviations d’itinéraire ou le non-respect des horaires. Les contrevenants s’exposent à des sanctions, pouvant aller jusqu’à des mesures disciplinaires en cas de récidive.
Au-delà des mesures immédiates, les autorités travaillent sur un projet de Bus Service Bill destiné à encadrer plus strictement les normes de service et les conditions d’exploitation. L’objectif : rétablir la discipline dans le secteur et garantir un service de transport public plus fiable pour les usagers, y compris sur des lignes aujourd’hui en difficulté comme la 16D.
Cette ligne reliant Rose-Hill à Centre-de-Flacq via Bel-Air, Cité-La-Lucie, Belle-Rose, Clémencia et Camp-de-Masque Pavé, illustre les défis persistants du secteur. Selon les données de la NLTA, trois autobus sont officiellement autorisés à desservir cet itinéraire. Pourtant, un seul véhicule assure actuellement le service, avec une unique rotation quotidienne quittant la gare de Flacq aux alentours de 5h45.
Cette faible desserte s’explique en grande partie par le choix stratégique des opérateurs. Les autobus concernés disposent également d’une licence pour la ligne 15 (Rose Hill–Flacq via Quartier-Militaire), jugée plus rentable. En conséquence, ils privilégient cette dernière au détriment de la ligne 16D. À cela s’ajoute une demande jugée insuffisante dans plusieurs localités traversées, notamment à Petite-Cabane, Clémencia et Belle-Rose, particulièrement en journée.
Face aux doléances exprimées, notamment par des représentants politiques et des acteurs du secteur, des pistes de solution émergent. Des opérateurs desservant déjà les lignes 16 et 16A se disent prêts à intervenir sur la 16D selon un système de rotation quotidienne. Une réunion entre les parties concernées est prévue afin d’examiner cette proposition et d’évaluer les moyens d’améliorer la fréquence et la fiabilité du service. Le calendrier de mise en œuvre dépendra des consultations en cours.
Par ailleurs, des alternatives existent, notamment via la ligne 113A reliant Port-Louis à Bel-Air et desservant plusieurs des localités concernées. Toutefois, des insuffisances similaires y ont été signalées, là encore liées à une fréquentation limitée.
Reza Saumtally a obtenu ces renseignements suite à une interpellation parlementaire adressée au ministre Osman Mahomed.

