Plaidoyer pour l’émancipation  du narratif social autour du 8 mars

Dédiée à la lutte pour les droits des femmes, force est de constater qu’avec la force de frappe commerciale de grandes agences publicitaires aux quatre coins du monde, l’essence du 8 mars se convertit en parfum, électroménager, ou autre. Le 8 mars, ce n’est PAS la fête de « LA » femme.  Ce n’est donc nullement l’occasion de souhaiter les « bonne fête » et les « happy womAn’s day ».  

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Le 4 mars, c’était « La Journée internationale de l’obésité ».  Il se passerait dans la tête de quelqu’un de souhaiter « bonne fête » le 4 mars à quelqu’un qui souffre des conséquences de l’obésité ? Mais plus sérieusement (dans le sens de l’Histoire), dit-on « bonne fête » quand on commémore le Black History Month aux États-Unis ?

Par exemple, imaginez que l’on croise aux USA, au cours de la Journée contre le racisme, un proche d’un Afro-Américain qui a été tué par un policier raciste.  Est-ce qu’on lui souhaite « bonne fête » ?   Je concède qu’on peut considérer que je tends vers l’exagération avec cet exemple.  Soit.  Mais le but est de souligner les points communs au niveau conceptuel, dans le choix de décréter ces « Journées de… » aux Nations Unies.

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Le fondement de ces « Journées » c’est de faire avancer les droits humains. D’essayer de combattre les préjugés et les souffrances connexes.  Point à la ligne. Ce n’est certainement pas pour « célébrer » quoi ce soit. 

Alors de grâce. Émancipons nos esprits. Évitons les offrandes de fleurs, les « bonne fête » ni de « happy ceci ou cela », le 8 mars.  Ne soyons pas complices de ceux et celles qui par naïveté ou ignorance de l’Histoire des combats progressistes, succombent au pouvoir des agences publicitaires commerciales et tendent ainsi à convertir le 8 mars en Saint Valentin bis.

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Le 8 mars est la Journée internationale des femmes.  Pas de LA femme.  En anglais, c’est le ‘International Women’s Day’.  ‘WomEn’.  Au pluriel.  Si c’était au singulier, on aurait pu penser qu’il s’agissait de l’essence de la féminité.  Or justement, ce n’est pas du tout de la féminité de la femme dont il s’agit.  D’ailleurs, au vu de ce galvaudage du 8 mars, plusieurs pays ont rebaptisé cette Journée la « Journée internationale des droits de la femme ».

La signification du 8 mars, c’est entre autres, de souligner les combats que des hommes et des femmes progressistes ont dû mener afin que les femmes puissent exercer pleinement leurs droits humains. Droit de la dignité humaine. Droit de ne pas être le sujet ou l’esclave domestique de qui que ce soit. Droit de travail et de rémunération égale. Droit d’avoir un compte bancaire. Droit de pouvoir acheter une propriété immobilière à son nom. Droit de ne pas être harcelée au travail. Droit de marcher dans la rue sans être sifflée ou d’être vulgairement auscultée comme un objet sexuel.  Droit de voter. Droit de ne pas être tuée / poignardée / son corps vidé de sang / découpée au Grinder au nom d’une affaire de cœur (quelle horrible ironie, d’ailleurs !).

Oui, on a progressé au niveau des législations.  Mais il faut aussi reconnaître que ces avancées sont plutôt ‘de jure’, et pas assez ‘de facto’.  Tant que les femmes continuent de subir d’une manière ou d’une autre, dans la réalité de la vie de tous les jours, les conséquences qui oppressent leurs droits humains, on serait bien mal inspiré de parler de « fête » le 8 mars.

À noter :  les droits des femmes ne sont ni plus, ni moins que les droits humains.  Point barre.  En cette année des 75 ans de la Déclaration Universelle des droits de la personne, il est utile de le rappeler. (PS : en langue française, plus connu comme la ‘Déclaration Universelle des droits de l’Homme’, appellation modifiée grâce au leadership du Canada qui a inspiré ce changement.)

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