Performances en baisse – Noa Bibi : « Je n’aurais jamais dû revenir à Maurice »

— Le sprinter est actuellement supervisé par Stéphan Buckland

Après avoir relancé le sprint mauricien l’an dernier, cela en inscrivant deux records nationaux aux 100 (10″12) et 200m (19″89), Noa Bibi a été la révélation en athlétisme. Toutefois, victime d’une grosse déchirure à l’ischio-jambier droit en France, il a été écarté des pistes pendant plusieurs mois et a débuté sa préparation assez tardivement. Auteur de deux courses cette saison, au 100m, il n’a pu courir sous la barre des 10″70. Un début de saison qu’il qualifie de « catastrophique ».

- Publicité -

En 2022, Noa Bibi a été la surprise de l’athlétisme mauricien, cela après avoir effacé les records nationaux de l’épreuve reine et du demi-tour de piste que détenait Stephan Buckland. Cependant, ce rêve a viré au cauchemar lors des Championnats de France U23, lorsqu’il s’est blessé dans la course du 4x100m.

Malgré la victoire de son club Nancy Athlétisme Métropole, le Mauricien a contracté une déchirure à la cuisse droite aux ischio-jambiers. Avec cette mésaventure, il a dû remettre le cap sur Maurice afin de se soigner. Une décision qu’il regrette aujourd’hui.

- Publicité -

« Avant tout, je dois remercier les médecins qui m’ont aidé pour que je puisse à nouveau courir. Mais si j’avais à retourner en arrière, je n’aurais jamais dû revenir à Maurice. Il y a certainement des raisons sur ma venue, mais pour l’heure, je préfère ne pas en parler », nous déclare le sprinter.

Lors de sa blessure et loin de la piste, l’habitant des ville sœurs a connu plusieurs phases psychologiques. « Lorsque j’avais réalisé mes records, j’étais à 71 kg, et en voyant que je maigrissais à vu d’oeil, cela joué sur le moral », indique-t-il. Faisant partie de l’Association HOPE, Bibi a pu bénéficier d’un psychologue sportif.

- Advertisement -

Cependant, cela n’a pas fonctionné. « De nature, je fais difficilement confiance, et je ne me voyais pas expliquer tout ça à ce psychologue. Mais je tiens à remercier l’Association, qui continue à m’aider dans ma carrière. »

Alors qu’il reprend l’entraînement ainsi que sa préparation avec Georges Viellesse, celui-là même qui l’a entraîné depuis la catégorie minimes, ce n’est qu’en janvier qu’il passe à la vitesse aux entraînements. Mais entre Bibi et son entraîneur, « il y avait des malentendus, surtout en ce qu’il s’agit de ma préparation après ma blessure », souligne le jeune homme. Une certaine pression s’est installée et avec son partenariat avec la marque sportive ASICS, il avait de plus grandes responsabilités que lors de ses débuts.

« En 2022, j’avais repris la compétition après plusieurs mois d’arrêt et cela ne m’a pas empêché de réaliser deux records nationaux. Cela, parce que j’avais encore cette liberté, sans la pression autour. J’ai essayé de faire l’impasse, mais ce début de saison est très compliqué », indique Noa Bibi.

Le repos dans la vie d’un sportif de haut niveau est important, et le grand public l’a vu il y a quelques semaines à un concert d’un artiste français à Bambous. Le sprinter explique sa présence comme un « exutoire à ces mauvaises ondes ».

À la recherche  du champion

En effet, lors de sa première compétition 2023, il remporte l’épreuve reine avec un chrono de 10″70 et le 1er avril dernier, il a terminé troisième avec une performance de 10″71, loin de ses standards habituels. Et cette dernière course a eu un impact négatif sur son moral. Il souligne même que « je n’ai plus autant d’amour pour l’athlétisme ! » Une déclaration forte d’un sprinter qui, moralement, a du mal à remonter la pente.

« Cette rage de vaincre que j’avais n’existe plus depuis ma venue à Maurice. Lors de ma dernière sortie, il y avait un faux-départ, et sur la ligne du départ, j’ai entendu des commentaires négatifs disant de me retirer de la course, alors que ce le faux-départ ne venait pas de moi. Il y a tout ça qui fait que mon début de saison est plus que compliqué », explique le recordman de Maurice.

Si le 13 courant il fera le déplacement à l’île sœur afin de participer à deux compétitions, soit l’Open de St André et le Meeting de La Réunion, Noa Bibi fait ressortir « que j’y vais pour me donner à 100%, mais je sais que je ne suis pas à mon maximum. Physiquement, je suis guéri, mais c’est le mental qui a du mal à suivre. À La Réunion, je vais rencontrer certains adversaires que j’ai battus facilement l’an dernier. Cependant, lorsqu’ils me demandent mon état de forme, c’est compliqué pour moi de donner une simple explication. »

Après son retour de l’île sœur, il mettra le cap sur Nancy le 7 mai, et en attendant il poursuit son entraînement sous la supervision de Stephan Buckland. « Repartir en France ne me fera que du bien. Je veux bien finir ma saison, et pour cela je dois me retrouver comme en 2022, avec le même état d’esprit. Je suis encore jeune, et je suis confiant que cette année, je peux à nouveau m’approcher de mes meilleures performances individuelles », conclut le Mauricien.

EN CONTINU
éditions numériques