La fête du Travail sera-t-elle une fois de plus reléguée au second plan ? La joute obsessive des foules et le monopole de toutes les attentions par les politiciens feront-ils encore oublier le vrai sens du 1er mai ?
Reaz Chuttoo, de la Confédération des travailleurs du secteur privé et public (CTSP), précise que ce jour n’est pas la fête des travailleurs mais davantage la Journée des travailleurs, « un jour propice pour se remémorer de la lutte des travailleurs dans le passé jusqu’à ce jour et lancer à partir de là un plan d’action en vue de soutenir leurs revendications ». Il regrette qu’à Maurice, le 1er mai soit devenu folklorique. « À travers les meetings du 1er mai, les transports et repas gratuits, les partis politiques ont fait de ce peuple des roder bout », estime-t-il. Pour lui, la guerre des foules est ridicule et sans signification aucune. « Tant que vous avez des moyens, vous pouvez avoir une grosse foule ! De plus, c’est souvent une foule opportuniste », dit-il.
Faizal Jeeroburkhan, considère pour sa part qu’« au lieu de servir de béquilles ou de baromètre aux partis politiques égotistes et en perte de vitesse, la fête du Travail devrait être une occasion solennelle pour promouvoir l’éducation, la formation et l’épanouissement des travailleurs ». Ce jour, estime-t-il, doit être consacré à l’histoire de la lutte syndicale, aux moyens de défendre les intérêts des travailleurs.
Il se désole que « l’esprit noble du syndicalisme soit souillé et pris en otage par des politiciens qui ont comme motifs leur intérêt personnel et partisan ». Plutôt qu’une jauge de leur vraie force, Faizal Jeeroburkhan trouve que les foules du 1er mai montrent plutôt « leurs capacités financières, leurs capacités de jeter la poudre aux yeux et de corrompre les pauvres citoyens trop crédules ».
De son côté, Lindsey Collen, de Lalit, décrit le 1er mai comme une fête « contre l’autre force représentée par les capitalistes ».
Il s’agit, pour elle, d’une force que les travailleurs reçoivent à travers leur action. Si jusqu’ici « ces derniers ont subi bien des défaites, il y a eu des luttes qui ont abouti à des acquis vraiment bien comme la gratuité de notre système de santé et de l’éducation ». Le souhait de Lalit : « que la conscience des classes monte pour la victoire contre les capitalistes ! La conscience des classes existe quand les travailleurs réalisent qu’ils sont dans le même bateau. » Quant aux foules du 1er mai en tant que baromètre de la force des uns et des autres, « elles perdent un peu plus de leur force au fil des ans ».
Retrouvez l’article au complet dans l’édition du Mauricien du 27 avril.

