Une régression de l’enseignement de la langue tamoule dans les écoles primaires du gouvernement est venue jeter de l’huile sur le feu. D’autant plus qu’il n’y a que 5% des écoliers de la communauté qui étudient cette langue dans les écoles primaires et les collèges.
Le tamoul est la plus vieille langue dravidienne et possède une grammaire et belle littérature. La plupart des parents sont focalisés sur la préparation des examens de Grade 4, 5 et 6. Pour eux, même si les enfants réussissent dans cette langue, ce sera très difficile pour eux « de trouver un emploi sans un piston ».
Ainsi, à l’approche des examens, une correspondance a été adressée à la direction des établissements pour demander le retrait des enfants sur la liste des cours en tamoul. Pour remédier à cette situation, il est proposé qu’un débat sur le mode d’enseignement et l’apprentissage du tamoul soit organisé par la ministre de l’Éducation et réunissant les parents et les organisations tamoules.
Le Dr Uma Allaghery, chef du département tamoul, a observé que dans un rapport en 2021, il est noté que l’enseignement du tamoul a connu un coup de pouce à Maurice par rapport il y a 80 ans de cela. L’enseignement de cette langue a débuté dans les années 1940. Mais le contexte dans lequel les enfants font l’apprentissage de cette langue n’est plus encourageant car ils sont influencés par le kreol morisien. Elle est d’avis que des malai palli (écoles du soir), seront d’une grande aide pour ces enfants.
Un atelier de travail qui s’est tenu au MGI après les examens de PSAC montre que le mode d’enseignement du tamoul a été dévalorisé. Actuellement, seuls 200 enseignants sont qualifiés pour les 3 180 élèves répartis dans 319 écoles primaires du pays. La décision de certains parents de demander à leurs enfants d’abandonner cette langue n’est pas pour arranger les choses.
Ainsi, à l’école du gouvernement Vel Govinden, une seule écolière de Grade 3 se retrouve en classe de tamoul pendant 50 minutes, comme un oiseau en cage. Il existe d’autres cas similaires dans divers établissements primaires du pays, a-t-on appris. D’une part, les enseignants sont dans l’obligation de répondre à l’appel dans deux écoles deux fois par semaine par manque d’élèves, sans parler du manque de manuels qui rend la situation plus difficile. Cette irrégularité ne semble pas toutefois inquiéter quelques inspecteurs de la section de langue tamoule à l’IVTB de Phoenix. La maîtrise de cette langue n’étant guère aisée, certains éducateurs sont d’avis que 50 minutes ne suffisent pas.
Face à cette situation, Deven Veerasamy, un habitant de Glen Park et guide touristique de son état, invite tous les membres de la communauté tamoule à encourager leur progéniture à apprendre cette langue. « Si ou zanfan pa konn ekrir ek koz tamil, ki li pou konpran kan ou amen li kovil », dira ce dernier. Ce dernier a confié toutefois au Mauricien qu’il est un père heureux car sa fille aînée, Morghanum, une spécialiste dans le domaine informatique et titulaire d’un BSc en Computer Science, a obtenu une distinction en tamoul pour les examens du SC. Et d’ajouter qu’il revient à la Mauritius Tamil Temples Federation de proposer aux présidents de temple tamoul de mettre en place des cours du soir approuvés par la MQA pour la promotion de la langue. À ce jour, deux écoles s’y attellent à La Source, Illaignar Kouttam et Tamizaar Kazhagam.
Il fut un temps où les cours du soir étaient dispensés dans les temples. En 2007, Steven Narayan Pillay, un habitant de cité Hibiscus, Flacq, avait été classé premier aux examens du School Certificat en langue tamoule au monde. Environ 70 enseignants de langue tamoule et environ 400 élèves sont recensés dans les collèges. Alors que seulement cinq bourses d’études sont offertes par le gouvernement mauricien pour le Tamil Nadu à tous ceux qui ont réussi en HSC. Il est à noter que les questionnaires d’examen (Prototype Paper) pour les Grade 5 et 6 sont dans cette matière sont préparés en anglais par le Mauritius Examinations Syndicate et envoyés ensuite au MGI pour être traduits par un panel d’experts.
Régression de l’enseignement du Tamoul : Des responsables suggèrent des cours du soir
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