La décision du ministère de l’Éducation de légiférer sur l’obligation de détenir le Post Graduate Certificate in Education (PGCE) comme critère de recrutement n’a pas permis de régler le problème de manque d’enseignants. La raison étant que les critères restrictifs sur l’appellation de certains diplômes ne permettent pas de trouver les compétences nécessaires dans certaines matières. À tel point que les autorités ont dû revoir leur copie dans certains cas, à l’exemple du Travel and Tourism.
En février dernier, le conseil des ministres avait validé la décision du ministère de l’Éducation de modifier un des critères de recrutement des enseignants du secondaire. Mais l’obligation de détenir un PGCE avait provoqué un manque d’enseignants dans de nombreux collèges. Sans ce diplôme, ceux qui étaient en situation temporaire ne pouvaient être confirmés à leur poste, tandis que les administrations des collèges n’arrivaient pas à en recruter de nouveaux non plus, car peu de candidats possédaient le PGCE.
Afin de trouver une solution à ce problème, le ministère de l’Éducation a opté pour un moratoire de trois ans. Le temps de donner le temps au Mauritius Institute of Education de former suffisamment d’enseignants en PGCE. En contrepartie, ceux qui étaient enregistrés pour un de ces cours pouvaient être recrutés sur une base temporaire, en attendant de compléter leurs diplômes.
Deux mois plus tard, le constat dans le secondaire, de manière générale, est qu’il manque toujours des enseignants. Tous les postes n’ont pu être remplis, particulièrement pour certaines matières, comme ICT/Computer Science, Home Economics, ou encore Travel and Tourism. La raison étant que les autorités ont limité les diplômes acceptables pour enseigner certaines matières. A titre d’exemple, un enseignant de Computer Science doit obligatoirement avoir un Degree en Computer Science. Les autres diplômes associés, comme Information Systems ou Software Engineering, ne sont pas acceptés. Pourtant, tous ces diplômes ont les mêmes bases en ICT.
Un autre exemple est que des aspirants enseignants détenant un diplôme en Design and Communication ont eu beaucoup de difficultés à accéder au PGCE en Design and Technology. Dans un premier temps, on leur a dit qu’ils n’étaient pas éligibles, pour par la suite accepter leurs demandes, ayant réalisé sans doute que les deux matières étaient proposées en Grade 10 (Form IV). De même, ceux qui réussissent en Design and Communication au SC étaient autorisés à s’enregistrer pour Design and Technology en HSC.
Arvind Bhojun, président de l’Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE), dénonce le fait qu’ il y a toujours un manque d’enseignants dans le secondaire en raison des incohérences des institutions. « Des jeunes qui s’engagent pour une formation à l’Université de Maurice apprennent de cette institution que parmi les carrières possibles, après leur diplôme, il y a l’enseignement. Et puis, une fois qu’ils terminent l’université, ils apprennent de la PSEA que ce diplôme n’est pas acceptable pour l’enseignement. Il y a une incohérence totale, et ce sont les enfants qui sont perdants, car ils n’ont pas d’enseignants », fait-il comprendre.
Récemment, les autorités ont dû modifier les critères d’éligibilité pour l’enseignement de Travel and Tourism. Ayant sans doute réalisé que ce diplôme n’existait pas auprès des institutions, ils ont décidé d’inclure la dimension Hospitality.
Arvind Bhojun souhaite que les autorités se montrent moins rigides pour d’autres matières où il y a un manque également. Ils souhaitent que, d’une part, les jeunes qui ont fait des sacrifices pour obtenir leurs diplômes universitaires ne soient pas pénalisés et que, d’autre part, les collégiens ne se retrouvent pas sans enseignant.
Nouveaux règlements : Le problème de manque d’enseignants demeure entier au secondaire
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