Stéphanie Anquetil : « Rien pour soulager le poids du panier de la ménagère »

Stéphanie Anquetil du parti Travailliste a pris pour cible la ministre de l’Egalité des Genres, Kalpana Koonjoo-Shah, pour sa gestion des Shelters avec une poussée d’adrénaline parlementaire juste avec l’ajournement pour le dîner. Mais elle devait prendre à contre-pied également le ministre de l’Energie, Joe Lesjongard.

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Ce dernier a reproché à Reza Uteem d’avoir répété la même chose chaque année. « Tout simplement, c’est parce que le gouvernement commet les mêmes erreurs », devait-elle faire remarquer.

 »Nous tenons à remercier, de ce côté de la Chambre, le président du MSM, qui écoute toutes les conférences de presse du Ptr, du MMM, du PMSD alors que ce n’est pas le cas chez nous », dit-elle en faisant comprendre que ce quatrième budget est loin d’être spectaculaire.

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« Aujourd’hui, notre économie se trouve aux soins intensifs et nous faisons face à une inflation chronique qui joue contre le pays. Aussi, il y a une dépréciation de la roupie qui a atteint un taux de 50% entraînant une grande souffrance pour la population. Aujourd’hui, une roupie vaut seulement cinquante sous. Il est indéniable que des milliers des Mauriciens ont basculé dans la pauvreté. Quant à la classe moyenne, elle a tout simplement disparu. Avec l’envolée des prix alimentaires, se nourrir dignement dans notre pays est devenu un véritable défi.

Des milliers des Mauriciens et des Mauriciennes ont faim et se contentent d’un seul repas sur deux. Les réfrigérateurs se vident. C’est une réalité quotidienne cruelle dans notre pays. Cependant, je constate que rien n’a été fait pour soulager le poids du panier de la ménagère qui a subi une augmentation d’environ Rs 4000 », fait-elle ressortir.
Stéphanie Anquetil regrette le gouvernement n’a pas jugé utile de réviser à la baisse le prix du lait pour nourrisson. «  Quel dommage que le prix d’une boîte de lait pour nourrisson soit maintenu à Rs 600. La population est tourmentée par le coût de la vie. Ce budget manque cruellement de vision quant aux solutions pour mettre fin à l’inégalité croissante et la détérioration économique de la classe moyenne dont le niveau de vie se dégrade ces dernières années », se demande-t-elle.

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L’intervenante note que ce budget tourne autour des préoccupations du gouvernement par rapport aux élections générales. « Ce gouvernement démontre clairement qu’il est plus préoccupé par les enjeux électoraux face à son impopularité croissante que d’aider réellement les Mauriciens et les Mauriciennes », allègue-t-elle.

Stéphanie Anquetil regrette le peu d’importance accordée à la femme dans le budget. « Traditionnellement, le budget national consacre au moins un paragraphe aux femmes. Pour ce budget, les mesures en faveur des femmes ont été regroupées dans la catégorie de la main-d’œuvre. Quel affront pour plus de la moitié de la population. Il n’y a aucun message féministe dans ce budget. C’est franchement insultant. Je déplore l’absence d’aide pour les femmes vulnérables. Il est évident que la ministre n’a pas su défendre les préoccupations, les attentes, les besoins des femmes auprès de son collègue des Finances. Depuis un certain temps, son leadership à la tête de ce ministère est contesté. Elle ne prend rien au sérieux, » déclare-t-elle.

À ce stade, le Speaker Sooroojdev Phokeer devait intervenir pour tenter de recadrer la parlementaire de l’opposition. Mais cette dernière ne devait pas céder en pointant du doigt de la ministre Koonjoo-Shah dans différentes postures compromettantes. « Concernant le volet femme de ce budget, il y a un sentiment de trahison total. Osez protéger, dites-vous. Chaque jour, des femmes subissent de la violence. Ça suffit. J’ai été extrêmement surprise de voir qu’il y a aucune mesure concernant la violence domestique », dénonce la parlementaire en déplorant la gestion des Shelters.

La ministre devait intervenir pour réclamer des preuves. Le ton devait monter dans ces échanges à trois avec Stéphanie réclamant la démission de la ministre. « Who are you ? You withdraw that sentence. Who are you to recommend? You have been a Prime minister  ? a ordonné Sooroojdev Phokeer.

En dépit des rappels à l’ordre de la présidence, Stéphanie Anquetil devait conclure que « dans le passé, l’ancien Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, avait eu le courage de rétrograder un ministre et il avait même demandé à ses ministres et députés de Step Down en attendant la fin des enquêtes lorsqu’ils étaient confrontés à des allégations. L’actuel Premier ministre, Pravind Jugnauth, ne montre pas la même détermination. Et en réalité, il n’est pas à la hauteur du Dr Navin Ramgoolam pour prendre des mesures disciplinaires à l’encontre de ses ministres. Oser protéger vous dites. L’ironie devient comique lorsque nous avons un Premier ministre qui n’ose pas agir. »

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