Amnistie pour les prêts : Le Syndicat des pêcheurs réclame des procédures plus souples

Les pêcheurs éligibles pour l’amnistie de leurs dettes auprès de la Banque de Développement (DBM) sont invités ces jours-ci à procéder à remplir les formalités nécessaires. Toutefois, le Syndicat des Pêcheurs estime que la procédure est compliquée pour certains qui doivent se rendre à Port-Louis et remplir les fiches sans assistance. Judex Rampaul, le président du syndicat, propose que le ministère de la Pêche aurait dû se charger de cette formalité, à travers les différents Fisheries Posts.

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Les dettes des pêcheurs ayant contracté des prêts auprès de la DBM, il y a plus de 20 ans, seront rayées. Telle est l’annonce faite par le ministre des Finances, dans le budget 2023-2024. C’est la deuxième fois que le gouvernement applique une telle décision. Lors des consultations pré-budgétaires, le Syndicat des Pêcheurs avait souligné que de nombreux pêcheurs qui avaient fait de demandes en ce sens étaient dans le flou et ne savaient pas si leurs dettes avaient été rayées ou pas. Ce qui avait mené à une réunion présidée par le Secrétaire financier, Dev Manraj, qui avait donné des directives claires à la DBM pour revoir et améliorer la situation.

Cette fois-ci, la DBM a un délai de 15 jours pour compléter les procédures. Le président du Syndicat des Pêcheurs accueille cette initiative, mais regrette que les démarches demeurent complexes pour des pêcheurs. « J’ai entendu la déclaration d’un responsable de la DBM et je constate qu’il y a des efforts pour faire avancer les dossiers rapidement. Toutefois, des pêcheurs ayant entrepris les démarches nous ont indiqué qu’ils ont dû remplir des formulaires sur place et ne savent pas trop de quoi il s’agit. Ils n’ont pu le faire contre-vérifier par une tierce personne », fait-il comprendre.

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Il lance ainsi un appel pour que les pêcheurs puissent être accompagnés lors de ces procédures. « À mon avis, c’était au ministère de la Pêche de prendre les devants et ensuite de transférer les dossiers à la DBM. D’abord, il est compliqué pour certains de venir jusqu’à Port-Louis. On aurait pu distribuer les formulaires dans les Fisheries Posts à travers l’île. Le ministère aurait dû communiquer également sur cette mesure car il y a peut-être des pêcheurs qui ne savent pas s’ils sont éligibles à cette amnistie »,ajoute-t-il.
D’autre part, Judex Rampaul indique que ceux – à qui il manque un mois ou quelques mois pour atteindre les 20 ans – auraient pu être considérés également. « Un prêt à la DBM est couvert par une assurance sur sept ans. Soit la période de remboursement. Du coup, ceux qui ont dépassé sept ans, ne sont plus couverts. On aurait pu trouver une solution pour eux également », dit-il.

Par ailleurs, le Syndicat des Pêcheurs a également commenté le naufrage d’un bateau de pêche taïwanais à Saint-Brandon. Celui-ci se trouve toujours sur les récifs depuis décembre dernier. « Nous avions entendu dire qu’il y aurait une équipe de Salvage qui allait venir enlever le bateau. Mais à ce jour, il n’y a rien eu. Ce bateau qui s’enfonce de plus en plus chaque jour, représente un danger pour l’environnement. Pour nous, pêcheurs de bancs, cela nous préoccupe. Que se passe-t-il sur les récifs de Saint Brandon actuellement ? Il faut de la transparence », prévient-il.

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Judex Rampaul ajoute que trois ans après la marée noire du Wakashio, il y a toujours des séquelles chez les pêcheurs du Sud-Est et qu’il faut en tirer des leçons. « Les pêcheurs souffrent toujours et on a encore en tête la mort de dizaines de dauphins, dont le rapport n’a pas été rendu public », regrette-t-il.

Parlant d’une autre mesure budgétaire relative à la pêche semi-industrielle, le président du Syndicat des Pêcheurs invite également à la vigilance et à la transparence. « Il faut s’assurer que ceux qui bénéficient du Grant de Rs 6 M soient en mesure de mener à bien un tel projet et qu’ils soient des Genuine Fishermen. Déjà, l’un des premiers bénéficiaires a fait faillite alors que d’autres, s’en sortent très bien », dit-il.

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