Berty Fleury, habitant du village de Grand-Gaube, s’est donné un défi quotidien : garder sa cour propre dans tous coins et recoins, et d’y planter avec soin des plantes décoratives, tout en surveillant les moindres feuilles qui tombent. Des petites manies bien à lui, que certains ne peuvent comprendre, mais qui auront fini par être payantes. Il a en effet remporté le premier prix de la meilleure cour de son village. Avec, à la clé, deux nuits offertes par l’hôtel Lux Grand-Gaube, organisateur du concours.
Plus d’une vingtaine de villageois ont participé à la compétition. Aussi, Berty Fleury – qui porte décidément bien son nom – a de quoi être fier. « Depi mo zanfan, monn kontan gard mo lakour prop. Mo ankor gard li », dit-il.
L’homme n’en est cependant pas à son premier coup d’essai. Il rappelle ainsi qu’il avait déjà obtenu le premier prix dans le passé, décerné alors par un autre hôtel de la région, qui a depuis fermé ses portes. « Garder propre sa maison et planter des fleurs décoratives dans sa cour, c’est une histoire de discipline plus que d’habitudes ou d’automatismes. »
Discipline. Le mot est lancé. Et de la discipline, Berty n’en manque pas. Ainsi, même pendant la journée, quelquefois sous un soleil de plomb, il n’hésite jamais à retirer un sécateur de son sac à outils pour couper les branches qui dépassent. « Sinon, cela fait un peu “désordre” », dit l’homme à la main verte, et qui est d’ailleurs aussi musicien, chanteur et compositeur (il est connu sous le nom de Jack of all Trades).
Ses astuces pour garder sa cour propre : « Il est indispensable d’utiliser les bons outils et de savoir où commencer. Un mauvais débroussaillage peut avoir de graves conséquences sur une plante. Il faut aussi un programme d’entretien et choisir les meilleurs moments pour élaguer un arbuste, par exemple. » Pour autant, discipline et rigueur ne suffisent pas pour obtenir le premier prix d’une telle compétition, estime Burty. « Il faut aussi faire beaucoup de sacrifice. Mo pa pe sorti mem. Mo pass tou mo letan ek mo bann plant ! » Autre défi : les coupures d’eau pendant la sécheresse. Notre interlocuteur explique : « Pa fasil sa ! Me mo trase pou gayn dilo. Zame mo pou les mo bann plant san dilo. Zot osi zot ena lavi ! »
Outre son amour pour les plantes, Berty a également appris à fabriquer des objets en polystyrène avec une créativité sans limite. Ainsi a-t-il déjà conçu une girafe, un léopard, un oiseau, divers objets décoratifs… Quant au choix de la matière, légère et pratique, utilisée le plus souvent pour les emballages, il explique : « Nous avons l’habitude de le jeter. Or, c’est un matériau parfait pour les décorations créatives. »
Berty utilise également du fil métallique pour donner forme a certains objets qu’il voulait fabriquer, comme un encadrement de miroir, par exemple. Des créations que l’homme, très habile de ses mains, met quelquefois en vente. Histoire, dit-il, de récupérer l’argent investi dans les fournitures utilisées pour rembourrer les structures fabriquées en métal. Leur prix ? Impossible de le savoir, car Berty n’aime pas le fixer d’avance. « Cela dépend du temps que j’ai consacré pour réaliser l’objet en question. »

