Black Label & Stag Party : le PPS Dhaliah acculé à la démission avant son passage à l’ICAC

Après avoir été dans le déni depuis fin mars, le PM et leader du MSM, agacé par les manœuvres légales du PPS

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La compilation des preuves alléguées de maldonne entourant l’octroi du bail de la chasse de Grand-Bassin par le ministère de Maneesh Gobin soumise au DPP

Cinq mois après le déclenchement de l’Opération Touy Serf, avec en toile de fond la Black Label & Stag Party du 12 septembre 2020 dans le campement de chasse de Dayot & Mangin, à Grand-Bassin, le Parliamentary Private Secretary (PPS) Rajanah Dhaliah serait en passe d’être rattrapé par les dessous des allégations de Bribe Monies de l’ordre de Rs 3,2 millions visant à garantir l’octroi de ce Shooting and Fishing/Eco-Tourism Lease à l’association The Eco Deer Park par le ministère de l’Agro-industrie de Maneesh Gobin.

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La démission de l’élu MSM de la circonscription de Piton/Rivière-du-Rempart (No 7) Rajanah Dhaliah de son poste de PPS semble « inévitable ». C’est ce que laissent entendre des sources bien informées au sein de la communauté des Top Chefs de Lakwizinn du Prime Minister’s Office durant le week-end écoulé. Le Premier ministre et leader du parti, Pravind Jugnauth, qui depuis l’éclatement de cette controverse entourant l’octroi du State Land de Grand-Bassin aura été dans le déni des allégations faites à l’encontre de deux membres de son gouvernement – soit Maneesh Gobin et Rajanah Dhaliah –, serait agacé par la posture adoptée par le dernier nommé au sujet de sa convocation à l’Independent Commission Against Corruption (ICAC).

Des recoupements effectués par Le Mauricien auprès de sources avisées au MSM tendent à indiquer que le Premier ministre exhorte désormais Rajanah Dhaliah à rendre son tablier de PPS pour la circonscription No 7 et celle de Flacq/Bon-Accueil (No 9).

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Le chef du gouvernement aurait d’ailleurs déjà fait part de son souhait que le PPS n’embarrasse pas davantage la majorité gouvernementale dans la conjoncture lors de son intervention samedi au Bureau politique et à la réunion du comité central qui a suivi au Sun Trust samedi dernier. Il n’aurait en effet pas caché son mécontentement à l’effet que Rajanah Dhaliah joue aux abonnés absents à l’ICAC. Il aurait aussi fait comprendre que « kan institision apel ou, ou bizin ale ».

Ce point de vue a été exprimé par le leader du MSM alors que son secrétaire général de parti, l’Attorney General Maneesh Gobin, qui a octroyé cette chasse à travers le conservatoire des forêts à l’Eco Deer Park Association, se trouvait à ses côtés.

Rajanah Dhaliah, qui a eu recours la semaine dernière à un arsenal d’actions légales pour contourner sa convocation à la Commission anti-corruption, était jusqu’à samedi en déplacement à Rodrigues, faisant partie de la délégation du Public Accounts Committee qui s’était rendue dans l’île.

Le principal concerné aborde une semaine cruciale, étant attendu au Réduit Triangle après le revers essuyé mercredi dernier devant la juge siégeant en référé, Carol Green-Jokhoo.

Cette dernière a, en effet, balayé la tentative de Me Ravi Rutnah, l’homme de loi de Rajanah Dhaliah, d’obtenir une injonction contre le rendez-vous du parlementaire MSM à l’ICAC. L’avocat avait, lors d’un point de presse, indiqué au nom de son client la semaine dernière qu’il ne compte pas lésiner sur les moyens légaux, allant jusqu’au Privy Council, pour barrer la route à cette convocation à l’ICAC.

Me Rutnah a, semble-t-il, déjà donné une indication de l’état d’esprit du PPS Dhaliah. « Bef dan disab, sakenn get so lizie ! », avait-il dit, réclamant que les enquêteurs de la commission anti-corruption se concentrent sur les procédures administratives menant à l’allocation du bail.

« Al rod repons ek minis ki sieze dan kabine. Al rod repons ek dimounn ki ena prerogativ ek pouvwar pou donn later », avait-il soutenu, renvoyant la balle dans le camp et dans les pieds du ministre de l’Agro-industrie et secrétaire général du MSM, Maneesh Gobin.

L’ICAC, de son côté, a vite réagi aux propos de l’homme de loi, estimant que le PPS avait recours à des « delaying tactics » pour empêcher son interrogatoire devant la commission.

La commission anti-corruption attend les explications de Rajanah Dhaliah sur plusieurs points cruciaux dans cette affaire, notamment sur les allégations à l’effet que des tranches de ces Bribe Monies de Rs 3,2 millions ont été remises par le Whistleblower Ajay Jeetoo au Principal Inspector du Registry of Association et ancien Chairperson du Sugar Investment Trust, Rajesh Ramnarain, à son bureau du Citadelle Mall.

Ces sommes d’argent provenaient en effet de Keegan Etwaroo, dont la société R.K.S Deer Ranch était en litige en Cour suprême avec le ministère de Maneesh Gobin, qui cherchait à résilier le bail de cette chasse, et qui avait été renouvelé par son prédécesseur, Mahen Seeruttun. Face à cette démarche des autorités, Keegan Etwaroo, par le biais de contacts d’Ajay Jeetoo avec celui qui était le favori du duo MSM du No 7, Rajesh Ramnarain, voulait à tout prix conserver la gestion de cette chasse par le truchement d’autres personnes agissant comme prête-noms.

Rajanah Dhaliah devrait s’expliquer à l’ICAC sur ses rencontres avec Rajesh Ramnarain et Ajay Jeetoo, aussi bien que l’inclusion du nom  de son gendre, Teeven Kasaven, dans les documents à l’enregistrement de l’Eco Deer Park au Registry of Association. Une formalisation qui a d’ailleurs eu lieu après la fameuse rencontre entre Ajay Jeetoo, Rajesh Ramnarain et Rajanah Dhaliah, qui était en compagnie d’un proche, dans la chasse de Grand-Bassin. Et durant laquelle le ministre Maneesh Gobin était venu en charmante compagnie le 12 septembre 2020, et ce, dans son véhicule personnel, une Prado.

Alors que les projecteurs de l’ICAC sont braqués sur Rajanah Dhaliah en ce moment, ce dossier retient également l’attention du Directeur des Poursuites publiques, Me Rashid Ahmine, qui se retrouve depuis avec une compilation de toutes les preuves alléguées de maldonne entourant cette affaire dans le sillage de la demande faite en Cour suprême par sa représentante dans le cadre de la Private Prosecution intentée par le travailleur social et religieux Vivek Pursun contre le duo Gobin-Dhaliah.

À l’appel de cette affaire devant la cheffe juge Rehana Mungly-Gulbul, la semaine dernière, Me Adeelah Hamuth avait fait ressortir que le DPP n’avait pu bénéficier d’un rapport d’enquête de police, vu qu’il s’agissait d’une poursuite à titre privé. Elle avait de fait présenté une motion pour que la poursuite dans cette affaire, notamment le pandit Vivek Pursun, qui est représenté par Me Sanjeev Teeluckdharry, communique au DPP tous les documents et autres preuves relatives à cette affaire pour être en mesure de préciser sa position.

Tous les documents officiels de cette affaire contrastant avec la version du témoin clé, Keegan Etwaroo, le DPP devrait se pencher cette semaine sur cette affaire afin de communiquer sa position lundi prochain.

Affaire à rebondissements à suivre…

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