Dans son Summing-Up, le ministre des Finances, Renganaden Padayachy estime que son dernier grand oral de ce mandat est « un budget d’union, d’inclusion et d’ambition ». Il a tout d’abord évoqué l’impact du Covid-19 sur Maurice, et surtout sur l’économie en disant que « la pandémie a mis un terme à des années de progrès continu. Son ampleur ne doit pas être sous-estimée que ce soit en termes social et économique ».
Néanmoins, le Grand Argentier avance que le gouvernement a tout de même tenu ses engagements « en améliorant la qualité de vie des Mauriciens et en réduisant les inégalités ». Il ajoute que « notre mandat a été marqué par des chocs externes, nous sommes restés constants dans notre vision à faire triompher la population ».
Le ministre des Finances a égrené les mesures prises durant cette période. « Le GM a fait le choix de se tenir à côté de sa population et ses entreprises. Laissez les familles mauriciennes sans salaire à la fin du mois et les entreprises sans Cash Flow n’étaient pas une option envisageable. Nous sommes intervenus pour s’assurer que le moyen de subsistance de la population ne tombe à zéro du jour au lendemain », affirme-t-il. Il a cité la mise à exécution du Wage Assistance Scheme et du Self-Employed Assistance Scheme.
Renganaden Padayachy déclare que les mesures annoncées favorisent « l’inclusion, le progrès, le travail et la production ».
Il a égratigné l’opposition qui selon lui « épouse les fondamentaux des ultra-libéralismes avec une violence ultime contre les travailleurs mauriciens et étrangers, les plus âgés, les démunis, les vulnérables, les orphelins, les invalides et les sans-voix. »
Il a énuméré l’héritage de l’ancien régime en citant la dette publique qui avait augmenté de 84%, le taux d’épargne, qui est passé de 22,6% en 2005 à 13,8% en 2014, le taux d’investissement du PIB passant de 21,5% du PIB en 2005 à 18,5% en 2014. Il a fait ressortir que les réserves en devises étrangères étaient de 3 milliards de dollars en 2014, soit une couverture d’importation de six mois seulement.
Le ministre des Finances a donné la réplique à ses détracteurs concernant l’évolution du taux de change de la roupie en citant l’exemple de 1980 où le dollar était à Rs 7.60 et l’inflation à 42%. « La roupie artificiellement forte n’a pas permis de contenir l’inflation car elle provoque un déséquilibre économique », dira-t-il. Il estime que ce serait quelques Mauriciens possédant un intérêt personnel qui sont pour une roupie surévaluée. « Le rapport du FMI a indiqué que la surévaluation de la roupie était un risque pour l’économie », fait-il ressortir.
Revenant sur les mesures budgétaires, Renganaden Padayachy insiste que « les travailleurs, les personnes âgées, les femmes, les jeunes, les handicapés, les malades, tous ont reçu du soutien de la part du GM.»
Il a aussi cité des extraits des commentaires de la société civile, des syndicats et le patronat entre autres et rapportés dans la presse, qui selon lui, ont réagi positivement aux mesures annoncées dans le budget.
Par ailleurs, le ministre des Finances a donné une série de chiffres dans son discours. « Nous avons enregistré un taux de croissance de 7% en 2023 et de 6,5% en 2024. Une augmentation du PIB de Rs 880,3 milliards est attendue pour 2024/25 contre Rs 798,5 milliards cette année », assure-t-il. Selon lui, cela signifie « une économie florissante en passe de devenir une économie de mille milliards de roupies (Rs 1 trillion) d’ici 2030 ».
Toutefois, il a fait comprendre que cet objectif dépendra en partie de la promotion d’un environnement favorable aux entreprises, de l’investissement, et de la main-d’oeuvre. Il a aussi fait ressortir que l’investissement total a augmenté de 30,9% en 2023 contre 7,8% en 2022. Pour 2024, il est prévu que le FDI dépassera la barre de Rs 40 milliards.
Concernant le monde du travail, il est revenu sur des mesures en faveur des primes à l’emploi et du salaire minimum garanti. « Ces mesures vont augmenter l’employabilité des jeunes et vont renforcer la participation des femmes et des handicapés à la main d’œuvre », prévoit-il.
Il estime que l’économie serait sur une pente ascendante en citant le revenu mensuel moyen des ménages, qui a augmenté de 89% entre 2012 et 2023. Alors que la proportion de ménage qui gagne moins de Rs 10 000 mensuellement a diminué passant de 14,4% en 2012 à 0,7% en 2023, Renganaden Padayachy a aussi cité le rapport du FMI de 2024, qui a, selon lui, salué des mesures favorables prises par le GM sur des sujets comme la lutte contre le blanchiment d’argent et le chômage, entre autres. Entre-temps, il avance que la structure de la dette de Maurice restera favorable.
« La majeure partie de la dette étant financée au niveau national et assortie d’échéances plus longues. Le FMI indique que le risque de tension souveraine à Maurice est atténué par une proposition favorable en terme des devises et d’échéances », avance-t-il.

