Une enquête pour menaces verbales a été ouverte par la police après une plainte formelle déposée samedi soir. Le plaignant, Lallmamode Mohammad Muzaffar Ali (32 ans), organisateur d’événements domicilié à Beau-Bassin, affirme avoir été la cible de graves menaces proférées publiquement, notamment lors d’une diffusion en direct sur Facebook. Le trentenaire, connu de la police pour plusieurs plaintes logées contre lui, craint d’être exécuté. Les faits se seraient produits dans la journée de samedi, alors qu’il s’était rendu au poste de police de Beau-Bassin pour effectuer son Weekly Call. À sa sortie, un groupe d’individus se serait approché de lui dans une attitude jugée intimidante. Un homme, qu’il dit connaître, lui aurait proposé de monter à bord de son véhicule, une Mercedes blanche, afin de discuter d’un différend. Le plaignant dit avoir accepté. C’est à ce moment, poursuit-il, qu’un autre individu, identifié comme un travailleur social connu de la capitale, aurait débarqué. Ce dernier aurait arrêté son véhicule à proximité avant de descendre et de commencer à filmer la scène avec son téléphone portable.
Le plaignant dit avoir rapidement réalisé qu’il s’agissait d’une vidéo diffusée en direct sur Facebook. Toujours selon la plainte, durant cette diffusion en direct, l’intéressé aurait tenu des propos menaçants à son encontre, déclarant à plusieurs reprises : « Mo pou touy twa ! » en le pointant du doigt. Le plaignant soutient que les menaces de mort ont été répétées à plusieurs reprises devant les internautes. Il affirme également que des publications inquiétantes avaient été mises en ligne les 27 et 28 février sur la même page Facebook, contenant des messages à caractère menaçant, notamment : « To rod problem dan ramadan… nou pou asime lav lamor. » Muzaffar Lallmamode, plus connu comme Muz, dit craindre pour sa sécurité, estimant que l’incident serait prémédité. Il avance que plusieurs personnes accompagnaient le travailleur social et adoptaient un comportement agressif. Il ajoute avoir appris que, plus tard dans la soirée, un groupe d’individus se serait rassemblé devant le poste de police de Rose-Hill, où ils l’attendaient, selon lui, avec l’intention de lui faire du mal.
Le plaignant soutient par ailleurs que l’homme qu’il accuse serait déjà connu des services de police et aurait été impliqué dans une affaire criminelle précédemment. Pour soutenir sa plainte, il a remis aux enquêteurs des captures d’écran des publications incriminées ainsi qu’une copie de la vidéo en direct, sauvegardée sur une clé USB. Il affirme être en mesure d’identifier formellement la personne mise en cause.
Par ailleurs, un policier du poste de police de Beau-Bassin a logé une plainte pour menaces contre Muzzaffar Lallmamode. Ce constable avance qu’il a tenté de ramener le calme suite à cette dispute entre le travailleur social et Muzzaffar Lallmamode. Ils les ont invités à déposer plainte, mais aucun d’entre eux n’a voulu aller de l’avant.
« Mo pa bizin lapolis mwa. Mo regle mo problem par momem », a déclaré le trentenaire, avant de finalement loger sa plainte le soir à la police des Line Barracks. Selon le policier, Muzaffar Lallmamode quittait le parking du poste de police de Beau-Bassin à bord de sa voiture. Il a lancé à l’officier à haute voix et avec des jurons : « Mo pou telefonn ASP Noorah-la ek DCP pou fer transfer twa la. » Avant de poursuivre : « To pou al travay bien lwin depi isi. Mo ena enn ta kontak dan lapolis mwa, ta, gopia. Enn ti kouyon pena grad kouma twa, enn m*** to pa pou kapav fer mwa. Mwa ki fer to lapey. Get bien kat kote kan to pe marse lor sime aster, atension gagn sirpriz. »
Muzaffar Lallmamode, arrêté en août 2025 à Port-Louis avec USD 16 600 et Rs 390 000 dans sa voiture, est sous le coup d’une accusation provisoire de blanchiment d’argent. La Financial Crimes Commission l’avait aussi interrogé dans le sillage de l’affaire Wendip Appaya. De plus, l’Anti-Drug and Smuggling Unit l’avait arrêté dans une affaire d’importation de drogue synthétique il y a huit ans.
Sans compter qu’un ancien associé a porté une plainte pour menaces contre lui à la police de Plaine-Verte l’année dernière. Parallèlement, il est impliqué dans un grave incident qui avait eu lieu à Vallée-des-Prêtres il y a quelques mois, où des personnes l’accusaient d’être mêlé dans une activité illégale avec certains habitants du coin. Il avait dû fuir pour chercher de l’aide au poste de police de l’endroit lorsqu’un homme, armé d’un sabre, voulait « nettoyer » son périmètre contre la drogue.
Il y a quelques jours, l’activiste Ivann Bibi avait logé une déposition à la police pour menaces contre Muzaffar Lallmamode, et ce, après un déplacement au QG de la FCC le mois dernier pour réclamer une enquête sur le trentenaire en lien avec le trafic de drogue. Ivann Bibi avait déposé des documents au Reduit Triangle à ce sujet. Muzaffar Lallmamode avait répliqué à travers une plainte au Central CID, accusant l’activiste en question de proférer de fausses informations à son encontre.

