Priscilla Ladouceur, salariée : « La loi devrait devenir plus sévère »

Dans le cadre de la Journée internationale de la femme, pour Priscilla Ladouceur, salariée à Maurice, l’éducation et la mentalité restent au cœur de la lutte contre la violence faite aux femmes. Pour protéger les filles et les jeunes femmes, il est urgent de repenser l’enseignement, de sensibiliser les parents et de renforcer la prévention, tout en donnant aux femmes les outils pour se défendre et faire respecter leur dignité.

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Le 8 mars, on célèbre la femme. D’accord. Mais parlons réalité.

Depuis l’école primaire et secondaire, il est crucial d’inculquer aux filles et aux jeunes femmes les bases pour se défendre, que ce soit moralement ou physiquement. Cette éducation ne doit pas venir uniquement de l’école, mais également de leurs parents à la maison. Par exemple, il est important d’apprendre aux filles à vivre de manière indépendante et à savoir qu’au premier signe de violence, comme un coup porté par un conjoint, il faut partir. Ce premier acte de violence peut, à long terme, dégénérer en crime.

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Mais il ne s’agit pas seulement d’éduquer les filles. Les garçons doivent aussi apprendre à respecter les femmes, peu importe leur milieu social. Lorsqu’un homme ne sait pas comment traiter une femme correctement, il peut maltraiter, frapper, insulter ou exercer un chantage moral pour la manipuler.

La mentalité de certains parents reste également un frein. Beaucoup hésitent à soutenir leur fille si elle décide de quitter un mari violent. Ce manque de soutien contribue à perpétuer les violences. Ces mentalités, ancrées dans la société mauricienne, doivent changer.

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Qu’est-ce qui doit réellement changer à Maurice pour améliorer concrètement la condition des femmes ?

En résumé, en 2026, c’est surtout une question de mentalité et d’éducation. La manière dont nous éduquons nos enfants, filles et garçons, doit évoluer afin de réduire la criminalité et la violence envers les femmes. Il est également nécessaire de multiplier les programmes de sensibilisation pour les parents afin qu’ils soutiennent activement les femmes.

Quel est votre message fort ?

Le point positif, c’est que de plus en plus de femmes prennent leur destin en main par rapport aux années précédentes. Mais malheureusement, certaines paient encore le prix de leur courage.

Il est aussi temps que l’État investisse dans la prévention de la violence contre les femmes, notamment dans le système éducatif. Des cours sur la violence domestique devraient être intégrés pour les filles et les garçons. La loi, elle aussi, devrait devenir plus sévère.

Enfin, l’État devrait investir dans des programmes de self-défense, par exemple via le ministère du Genre et de la Jeunesse, afin de donner aux femmes des outils concrets pour se protéger.

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