Daphné Antonio, Documentaliste : « Pendant plusieurs générations, les femmes ont été encouragées à se taire »

Pour Daphné Antonio, Documentaliste, le 8 mars, Journée internationale de la femme, n’est pas qu’une journée de fleurs ou de promotions commerciales. Pour les femmes, c’est avant tout un moment de réflexion sur leur place dans la société, leurs droits et les défis qu’elles continuent de relever au quotidien.

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Le 8 mars, on célèbre la femme. D’accord. Mais parlons réalité.

En tant que femme, le 8 mars, je n’ai pas besoin qu’on m’offre des fleurs, et encore moins qu’on me propose un discount dans les magasins d’électroménager. J’ai envie qu’on considère ce jour comme une journée de réflexion sur la place des femmes dans notre société. Ces dernières semaines, un sujet est malheureusement revenu trop souvent dans les médias : la violence envers les femmes. La liste se rallonge un peu plus à chaque cas et cela devient plus qu’alarmant. La violence envers les femmes n’est pas seulement un problème privé, c’est le problème de toute une société.

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Il existe plusieurs types de violences : la violence physique, la violence psychologique ou émotionnelle, la violence sexuelle ou encore la violence numérique. Souvent, les victimes se taisent et continuent de subir parce qu’elles sont sous emprise ou parce qu’elles pensent ne pas avoir d’autre choix. Et paradoxalement, quand elles osent dénoncer leur(s) agresseur(s), ce sont elles qu’on blâme. Les mentalités doivent changer.

Pendant plusieurs générations, les femmes ont été encouragées à se taire pour « préserver la réputation de la famille » ou parce qu’elles avaient peur. Aujourd’hui, la parole commence de plus en plus à se libérer et il faut que cela continue. Plus on agit vite, plus un drame peut être évité. La sécurité des victimes doit être immédiate.

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Les discours, c’est bien. Mais dans la vraie vie, qu’est-ce qui ne fonctionne toujours pas pour les femmes à Maurice ?

Par exemple, dans les cas de violences domestiques, les procédures judiciaires doivent être traitées avec plus d’urgence, car pendant que les enquêtes se poursuivent, les victimes peuvent rester exposées à leur(s) agresseur(s).

Parfois, les victimes ne se rendent pas compte qu’elles sont en situation à risque. Une manière de prévenir ces situations est de s’informer et d’apprendre à reconnaître certains comportements dans une relation. Je pense qu’il est important de prendre du recul sur sa relation et de se poser des questions pertinentes telles que : est-ce que je me sens bien dans mon couple ? Est-ce que je me sens respectée ?

Pour aller plus loin à ce sujet, un outil très utile est le violentomètre. Il a été créé au Mexique en 2009 et peut aider à mesurer le degré de violence au sein d’un couple. Cet outil nous montre que la violence ne commence pas seulement avec les coups, elle commence avec le contrôle, la peur ainsi que l’humiliation.

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