« À partir du moment où la grosse majorité de son parti était divisée contre lui sur une question de stratégie politique : gouverner ou s’opposer, Paul Bérenger était condamné à démissionner, logiquement et politiquement. On connaît l’expression qu’on attribue faussement à Napoléon, qui disait : « Je suis leur chef, il faut que je les suive. » Il a décidé de ne pas les suivre et c’est logique qu’il se retire.
« Il peut être présomptueux et ambitieux de sa part de penser qu’à son âge, il peut reconstruire un parti. Le MMM a été une construction longue. Ce parti, né en 1969, n’est arrivé au pouvoir qu’en 1982. À l’âge où, en général, on prend sa retraite, on ne cherche pas à construire un parti. C’est une parade.
« S’il doit y avoir une reconstruction d’un parti, encore que le terrain est déjà très occupé par beaucoup de prétentions à remplacer, dans les années à venir, ceux qui sont là et ceux qui sont en fin de parcours. Nous approchons, avec ou sans Bérenger, d’une fin de cycle pour tous les partis historiques, y compris pour le PTr ou le MSM, malgré le fait que Pravind Jugnauth soit beaucoup plus jeune.
« Aux prochaines échéances électorales, nous aurons un paysage politique totalement différent de celui que nous avons connu durant les deux ou trois dernières décennies. La question est de savoir si le MMM, sans Bérenger, peut durer. Bien sûr que oui. Nul n’est indispensable. Les partis politiques sont des constructions de longue durée. Le MMM a survécu à son leader Anerood Jugnauth. Le PMSD a survécu à son leader Gaëtan Duval.
« Nous sommes entrés dans un nouveau cycle et le principal problème du MMM consiste à se trouver un nouveau leader. Cela ne sera pas simple. Cela démarrera avec une formule collégiale.
« Au niveau du gouvernement, il y a un leader en la personne du Premier ministre et du conseil des ministres. Le départ de Paul Bérenger permettra une simplification parce qu’il agissait comme un Premier ministre bis. Si sa contribution était pertinente, cela posait un problème de fonctionnement ou de dysfonctionnement. Bérenger a voulu être un co-pilote, Ramgoolam a considéré que, sur un bateau, il n’est pas possible d’avoir deux capitaines. »

