RELATIONS BILATÉRALES | Économie — Le corridor Maurice-Afrique du Sud, un levier pour attirer des capitaux

En s’alliant à Stewards Investment Capital, la South African Chamber of Commerce a réuni décideurs publics, investisseurs et dirigeants d’entreprise autour d’un enjeu clé : faire du corridor économique Maurice-Afrique du Sud un vecteur majeur d’investissements en Afrique.

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Lors de cet événement –  Catalysing Growth: Deepening Mauritius-South Africa Economic Relations – Trade & Investment -, le ministre des Affaires étrangères, Ritesh Ramful, a réaffirmé la solidité des lie ns entre les deux pays. « Mauritius attaches great importance to its strong bilateral relations with South Africa… The strength of South Africa is that of Mauritius », a-t-il déclaré, plaidant pour un alignement stratégique afin de « unlock the full potential of our preferential partnerships ». Si les relations diplomatiques posent le cadre, c’est bien le secteur privé qui en constitue le moteur. Le ministre a insisté sur le rôle facilitateur de l’État : « We will continue refining our bilateral agreements, investing in infrastructure and prioritising ease of doing business. »

Dans un environnement mondial marqué par un resserrement des liquidités, des tensions géopolitiques et des exigences accrues en matière de gouvernance, ce corridor s’impose progressivement comme un canal crédible pour le déploiement de capitaux vers l’Afrique. L’enjeu : combiner la profondeur des marchés sud-africains avec l’agilité, la stabilité réglementaire et la connectivité internationale de Maurice.

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Pour Bilal Adam, président de la South African Chamber of Commerce et CEO de Stewards Investment Capital, la dynamique est claire : « Capital is becoming increasingly selective,  jurisdictions must offer both scale and structuring capabilities. » Dans ce contexte, Maurice se positionne comme une plateforme stratégique, à la croisée de l’Afrique et de l’Asie, offrant résilience et efficacité opérationnelle aux investisseurs internationaux.

Le panel – réunissant Mahen Govinda (MITCO), Mphile Sibandze (RisCura Africa) et Lara Vaudin (Investec Bank Mauritius) – a exploré les leviers concrets du corridor : structuration du capital, connectivité bancaire et confiance des investisseurs. Mais au-delà des flux financiers, les discussions ont mis en lumière des enjeux plus structurels.

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La question des talents s’impose comme un défi central. La mobilisation de la diaspora mauricienne, notamment au Canada, nécessite une approche plus ciblée et fondée sur les données afin de faciliter le retour des compétences et leur réintégration dans l’économie locale.

Autre piste évoquée : la mise en place de programmes d’échange structurés entre entreprises, favorisant mobilité des talents, transfert de compétences et partenariats transfrontaliers. En parallèle, Maurice pourrait tirer parti de la recomposition de certains centres financiers pour attirer davantage d’acteurs fintech.

Les participants ont toutefois insisté sur une condition clé : la possibilité de transformer cette attractivité en présence économique tangible, génératrice d’emplois et de compétences locales. Dans cette optique, la résilience énergétique et la sécurité alimentaire apparaissent désormais comme des piliers incontournables de la compétitivité.

En toile de fond, une transformation plus profonde se dessine : Maurice ne se contente plus d’être une plateforme administrative. Le pays ambitionne de s’imposer comme un partenaire stratégique dans la structuration des investissements vers l’Afrique, à condition de consolider ses fondamentaux et de capter une part croissante des capitaux africains au service du continent.

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