Blanchiment de fonds : Rs 16 M en coupures de Rs 1 000 déversées au dépotoir de Poudre d’Or 

Une affaire aux allures de scénario criminel, mêlant argent sale, intimidation et trafic de drogue, mobilise plusieurs unités de la police dont l’Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU). Il s’agit de la disparition mystérieuse de près de Rs 16 millions, dissimulées dans des déchets, et la réaction brutale de trafiquants présumés venus réclamer leur dû.
Tout débute le 22 avril sur une station de transfert de déchets. Un contremaître (45 ans) au sein d’une société de nettoyage est de service lorsque survient un camion chargé d’ordures. Peu après le déversement, lors des opérations de tri mécanique, des coupures de banque de Rs 1 000 surgissent, éparpillées parmi les détritus.
La scène est surréaliste avec des liasses de billets mêlées aux déchets, comme si une fortune avait été jetée à la hâte ou dissimulée dans un chargement anodin. Rapidement, les employés présents, surpris mais conscients de la valeur de leur trouvaille, ramassent les billets visibles. Le contremaître reconnaît avoir récupéré une somme de Rs 30 000, tandis qu’un autre employé, âgé de 38 ans et travaillant comme Helper, admet en avoir pris Rs 45 000.
Mais derrière cette découverte fortuite se cache visiblement une réalité bien plus sombre. Selon les informations recueillies, la somme totale initialement dissimulée dans les déchets seraient de l’ordre de Rs 16 millions, un montant considérable, difficilement explicable dans un cadre légal. Très vite, une hypothèse s’impose : cet argent pourrait provenir d’activités illicites, notamment du trafic de drogue, où les grosses sommes en liquide sont courantes et souvent dissimulées pour échapper aux contrôles.
Le lendemain, trois individus inconnus font irruption sur le site à bord d’un véhicule. Leur attitude est directe, déterminée, et surtout menaçante. Ils demandent à voir le contremaître. Une fois face à lui, l’un des suspects, arborant de longs cheveux rastas et vêtu d’une chemise brune, profère des menaces, évoquant des violences graves. « Si mo pa gagn mo kass, zot kapav gagn koupe ek gagn bate. Ena la mor » , fait-il comprendre.
Un second individu renchérit en affirmant : « Ti ena 16 milyon ek ladrog ladan. » Tous trois disent être venus récupérer l’argent qu’ils considèrent comme leur bien, et ils sont prêts à user de la force pour y parvenir.
Pris de panique et craignant pour sa vie, le contremaître choisit de coopérer. Il propose de remettre l’argent en sa possession. Les suspects se rendent alors à son domicile, où il leur remet les Rs 30 000. Ils quittent les lieux aussitôt après, sans autre incident, mais en laissant derrière eux une atmosphère de peur et de tension.
La police privilégie la piste d’un réseau structuré de trafiquants ayant perdu une importante cargaison d’argent liquide. Dans ce type de milieu, de telles pertes peuvent entraîner des représailles rapides et violentes, comme en témoignent les menaces proférées.
Les enquêteurs s’intéressent de près au camion ayant transporté les déchets, ainsi qu’au circuit emprunté par ces derniers. Toutefois, un élément complique les investigations car les ordures ont déjà été transférées de la station de déchet de Poudre-d’Or vers le site d’enfouissement de Mare-Chicose.
Entre-temps, l’ADSU scrute les images des caméras de surveillance du Poudre-d’Or Waste Transfer Station pour identifier les individus impliqués et retracer le déroulement exact des faits.
Par ailleurs, les deux employés ayant récupéré de l’argent se retrouvent dans une position délicate. Bien qu’ils aient remis les sommes en leur possession, ils pourraient être entendus dans le cadre d’une enquête pour recel ou pour éclaircir les circonstances exactes de la découverte.

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