Les principales formations syndicales ont déjà arrêté leur programme d’activités en vue de la célébration de la Fête du travail, le 1er mai prochain.
La Confédération des syndicats des secteurs public et privé (CTSP) opte ainsi c pour un rassemblement dynamique en organisant un rallye dans les rues de Rose-Hill. Le coup d’envoi sera donné le 1er mai, à 9h30, devant le siège de la CTSP, pour rallier le monument des travailleurs, situé à proximité du bureau de poste de la localité.
En prélude à cette mobilisation, la confédération diffuse actuellement un message vidéo appelant les travailleurs à descendre dans la rue. Elle déplore ce qu’elle qualifie de « passivité croissante » au sein de la classe laborieuse, qui se limiterait désormais à des réactions sur les réseaux sociaux.
« La corruption, la drogue et le népotisme font des ravages. La cherté de la vie pèse lourdement sur la population. Pendant ce temps, certains décideurs politiques invitent à consommer des patates, d’autres recommandent de réduire la consommation d’électricité ou encore de limiter l’usage des voitures, alors qu’ils ont été élus pour redresser le pays. Si vous ne descendez pas dans la rue pour faire entendre votre voix, ce sont vos droits qui seront arrachés », déclare Shayn Sinnassamy, figure de proue de la CTSP.
De son côté, la National Trade Union Confederation (NTUC) privilégie une commémoration plus sobre. « Cette année, nous avons choisi d’effectuer un seul dépôt de gerbes », a expliqué son président, Narendranath Gopee. Une cérémonie est prévue sur la tombe du défunt syndicaliste Auguste Follet, avant un rassemblement à Coromandel où seront abordées des thématiques liées au bien-être des travailleurs, à l’inflation et à la hausse du coût de la vie. Contrairement aux années précédentes, la NTUC ne rendra pas hommage aux grandes figures historiques du mouvement syndical.
Narendranath Gopee a souligné l’importance de cet hommage. « Auguste Follet a consacré plus de 50 ans au syndicalisme. Il a défendu avec acharnement les travailleurs du secteur sucrier aux côtés de feu Devanand Ramjuttun. Son parcours exemplaire reste une source d’inspiration. Ne pas reconnaître son combat serait une injustice, voire une insulte à sa mémoire », dit-il.
Pour le président du Mauritius Labour Congress (MLC), la Fête du Travail doit être l’occasion de rendre hommage non seulement aux travailleurs actifs, mais aussi aux retraités qui ont contribué de manière significative au développement socio-économique du pays. Il a mis l’accent également sur « la reconnaissance du travail invisible des femmes au foyer », ainsi que sur la contribution des employés mobilisés le jour même du 1er mai, notamment dans les services essentiels.
Dans cette optique, le MLC a adressé, le 23 mars, une correspondance au ministre du Travail, Reza Uteem, afin de proposer la création d’une « Place du 1er Mai ». « À l’instar de la place Margéot, de la place Bissoondoyal ou encore du Kadhafi Square, il est important de consacrer un espace symbolique à la lutte des travailleurs », soutient Haniff Peerun, président de l’organisation syndicale, tout en précisant être toujours dans l’attente d’une rencontre avec le ministre pour concrétiser ce projet.
Par ailleurs, le MLC participera à des rassemblements conjoints avec d’autres centrales syndicales, ainsi qu’à des activités sociales. Cette journée se veut avant tout un moment de réflexion sur l’amélioration des conditions de travail, la réduction du stress professionnel et le renforcement du bien-être des employés, y compris en dehors du cadre strict du travail. Il a appelé à une coopération accrue entre employeurs et employés : « Nous sommes tous dans le même bateau. », a-t-il dit.
De son côté, la General Workers Federation (GWF) a choisi de se joindre à la NTUC. Elle participera ensuite à une séance de Brainstorming dans les locaux de la Federation of Civil Service and Other Unions, à Coromandel.
« En ce 1er Mai, Journée internationale du Travail, je vous adresse, en ma qualité de président de la GWF, ainsi qu’au nom des membres de mon comité exécutif, nos salutations fraternelles et militantes. Cette date symbolique nous rappelle les luttes menées par des générations de travailleurs pour la dignité, la justice sociale, de meilleures conditions de travail et le respect des droits fondamentaux. Rien n’a été offert : chaque avancée a été obtenue grâce au courage, à la solidarité et à l’unité du monde du travail. Aujourd’hui encore, les défis restent nombreux : coût de la vie, précarité de l’emploi, sécurité au travail, salaires décents, égalité de traitement et respect de la voix des travailleurs. Face à ces enjeux, la GWF réaffirme son engagement total à défendre vos intérêts avec détermination, responsabilité et indépendance », souligne Clency Bibi, président du tandem GWF-CSG Solidarité.
FÊTE DU TRAVAIL – Mobilisation : Les syndicats en ordre de bataille pour le 1er mai
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