Une ultime séance d’interrogatoire, jeudi, de l’ex-CP, Anil Kumar Dip, susceptible d’être cité comme l’accusé No 1 dans ce scandale ayant ébranlé les Police HQ
L’opération DeepCode, initiée par la Financial Crimes Commission (FCC) dans le cadre du scandale Reward Money dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogue est sur le point d’être bouclée et le dossier en route incessamment pour le Director of Public Prosecutions’ Office pour des directives quant à la marche à suivre. Entre-temps, l’ancien commissaire de police, Anil Kumar Dip, qui court le risque d’être cité comme l’accusé No 1 dans ce scandale de corruption et de Money Laundering a été une nouvelle fois interrogé, jeudi, afin d’éclaircir les conditions dans lesquelles ces fonds publics ont été approuvés et distribués. Les enquêteurs tentent de reconstituer précisément les mécanismes de validation des paiements ainsi que le rôle des différentes unités impliquées.
Au cœur de l’affaire se trouvent des montants particulièrement élevés. Entre mai 2022 et octobre 2024, environ Rs 198,3 millions ont été approuvées par l’ex-commissaire de police Dip pour soi-disant rémunérer des informateurs, principalement à travers des unités spécialisées placées sous son autorité. Sur une période plus large allant de 2022 à 2024, le total des primes versées atteint près de Rs 215 millions, ce qui suscite de fortes interrogations du côté des liliers de la Financial Crimes Commission (FCC).
L’année 2024 attire particulièrement l’attention où un total de Rs 56 millions a été versé aux informateurs, dont une somme très importante de Rs 50,1 millions déboursées uniquement entre septembre et octobre, soit à quelques semaines des dernières élections générales du 10 novembre 2024, au rythme de Rs 1 million en liquide à chaque retrait. Cette concentration inhabituelle de paiements sur une courte période constitue un point clé de l’enquête, les autorités cherchant à comprendre les raisons d’un tel pic.
L’évolution des montants au fil des années met en évidence une hausse marquée. En 2020, seulement Rs 1,1 million avait été versée aux informateurs, contre Rs 13,2 millions en 2021. La situation change radicalement à partir de 2022, avec Rs 74,4 millions, suivies de Rs 84,6 millions en 2023, avant de redescendre à Rs 56 millions en 2024. Ces chiffres contrastent fortement avec les montants versés aux policiers eux-mêmes, qui restent relativement faibles et stables (autour de Rs 224 000 à Rs 229 000 par an entre 2021 et 2022).
Selon les éléments de l’enquête, les paiements étaient effectués via un système interne où le Managing Financial Officer des Casernes centrales transférait les fonds approuvés à un policier agissant comme Reward Money Handler, généralement par chèque. Depuis 2022, ces primes auraient été attribuées uniquement à des informateurs, ce qui alimente davantage les soupçons des enquêteurs.
Face aux accusations, Anil Kumar Dip rejette toute faute. Il soutient que les paiements ont été validés conformément aux Standing Orders 122, qu’il avait modifiés le 31 décembre 2021, permettant notamment de rémunérer les informateurs sur la base de rapports préliminaires confirmant la présence de drogue, sans attendre une décision judiciaire. Il conteste également les accusations provisoires portées contre lui pour Public official using office for gratification et affirme être la cible d’attaques visant à ternir son image.

