Crise de gouvernance à la MSAW : Un collectif d’ONG réclame la publication immédiate des rapports  

Une coalition d’ONG et de défenseurs d’animaux hausse le ton face à la gestion de la Mauritius Society for Animal Welfare (MSAW). Dans une lettre ouverte percutante adressée au Premier ministre, ils dénoncent une situation jugée « alarmante », et réclament des comptes à l’organisme public. Le collectif exige que le rapport soumis soit rendu public et que le PM prenne des actions immédiates.
Le malaise au sein de la MSAW n’est plus un secret. La démission récente de trois membres du conseil d’administration a mis le feu aux poudres. Pour les signataires de la lettre, ce triple départ est le symptôme évident de profonds dysfonctionnements internes. Les compétences et l’expérience de la direction actuelle en matière de gestion des populations animales sont aujourd’hui ouvertement remises en question.
Dans la lettre adressée au Premier ministre, les ONG pointent du doigt une gestion financière et stratégique déconnectée des réalités scientifiques. Elles dénoncent notamment l’absence totale de données fiables et d’objectifs mesurables, le refus inexpliqué de collaborer avec des organisations vétérinaires internationales, le rejet d’une assistance technique internationale pourtant offerte gratuitement, et le manque de transparence absolu autour des programmes de Capture-Neuter-Release (CNR).
Soupçons d’illégalités et dérives
Le tableau dépeint par les défenseurs des animaux est particulièrement sombre. Au-delà de l’échec de la gestion de la surpopulation canine et féline, la lettre ouverte fait état de dérives majeures. Les signataires alertent sur une augmentation présumée de l’élevage illégal sur l’île. Plus grave encore, ils formulent de sérieuses inquiétudes concernant des cas suspectés d’expérimentations illégales sur les animaux au sein des structures de la MSAW.
Pour les ONG, cette crise dépasse le strict cadre du bien-être animal. L’absence d’une politique efficace et humaine de contrôle des animaux errants pose un risque direct pour la sécurité publique. À terme, l’image internationale de l’île Maurice et son secteur touristique risquent de subir les contrecoups de cette crise de gouvernance.
L’exigence d’un audit indépendant
Face à ce constat, les signataires exigent des actions immédiates de la part du chef du gouvernement. Ils réclament : un audit indépendant et externe sur le fonctionnement global de la MSAW, la publication immédiate des rapports et communications internes liés aux démissions, une transparence totale sur l’utilisation des fonds publics, alors qu’aucun audit financier récent n’aurait été réalisé. Le collectif a également adressé des lettres formelles au National Audit Office, à l’Office of Public Sector Governance et à la Financial Crimes Commission, envisageant de solliciter Transparency Mauritius.
La balle est, désormais, dans le camp du PM, dont des actions sont attendues de pied ferme par les défenseurs de la cause animale.

Gestion catastrophique et tentatives de corruption
Pour rappel, dans un post sur LinkedIn où elle avait confirmé son départ, la Chairperson de la Mauritius Society for Animal Welfare (MSAW), Anuja Ghoorah-Ramkissoon n’avait pas mâché ses mots et avait brossé la gestion défaillante et le bilan catastrophique de la direction de Tinagaren Govindasami. La présidente sortante pointait du doigt des dérives administratives et des tentatives de corruption bloquées in extremis par le conseil d’administration. Le board dénonçait notamment une résistance à tout mécanisme de contrôle et un directeur opérant sans rendre de comptes. Le scandale avait pris une tournure politique avec les révélations sur l’ingérence d’un Junior Minister. Ce dernier aurait tenté, en dépit du bilan contesté, de faire renouveler le contrat de deux ans additionnels de Tinagaren Govindasami.
Deux autres membres du Conseil, dont le représentant du ministre, le Dr P. Gowreesunkur, avaient également quitté leurs fonctions. C’est suite aux démissions en cascade que des ONG ont réclamé la tenue d’un audit indépendant sur la gestion de la MSAW et des actions fermes du Premier ministre pour assainir la situation.

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