La décision de la Banque de Maurice (BoM) de relever son taux directeur de 4,50 % à 4,75 % suscite de vives réactions sur l’échiquier politique. Le leader du Reform Party (RP), Roshi Bhadain, a fermement condamné cette mesure – qui intervient dans un contexte d’inflation galopante et de cherté de la vie. Pour lui, cette augmentation alourdira inévitablement le remboursement des emprunts et accentuera la pression financière sur les ménages de la classe moyenne déjà lourdement endettés.
Roshi Bhadain a indiqué que « le 9 mars 2022, le Repo Rate était de 2%. Linn vinn 4,75%. En cette période où la population fait face à une hausse vertigineuse des prix, elle devra également rembourser plus d’argent sur l’intérêt lié aux emprunts contractés. Le revenu des ménages est absorbé par le remboursement des crédits, au détriment de la consommation et de l’épargne. »
D’autre part, reconnaissant l’importance d’une réforme constitutionnelle, le leader du Reform Party estime, toutefois, que la complexité liée au Constitutional Review Commission Bill, porté par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, comporte des incohérences : « Les nombreuses attributions confiées à la future commission pourraient ralentir le processus et soulèvent des interrogations sur ses véritables chances d’aboutir », dit-il.
Quand bien même il soutient que « la possibilité d’une alliance en vue des prochaines élections ne serait pas écartée si celle-ci devait, selon ses propos, servir les intérêts du pays et répondre aux attentes de la population ». Il s’est appesanti sur « la fragilité des alliances politiques », tout en lançant un avertissement sur les conséquences des choix électoraux de la population. D’après lui, chaque vote exprimé dans les urnes finit inévitablement par avoir un impact direct sur l’avenir politique, économique et social du pays.
Roshi Bhadain a abondé dans le sens de la Bank of Mauritius (BoM) qui, dans une mise au point publiée le 12 mai, a affirmé qu’aucune émission monétaire ni aucun transfert de fonds au gouvernement n’ont été effectués en 2025. L’institution réagissait aux allégations de l’ex-ministre des Finances, Renganaden Padayachy, concernant une supposée impression de billets de Rs 83 milliards en 2025. Il a déclaré ne pas croire qu’il y ait eu « printing of money ».
Pour sa part, le secrétaire général du RP, Ryad Subratty, avait auparavant dénoncé « une spirale inflationniste » qui fragilise les familles mauriciennes et évoqué les écarts importants de prix au marché et dans les supermarchés. Les aubergines à Rs 40 le kilo aux enchères seraient revendues jusqu’à Rs 175 en grandes surfaces, tandis que les citrons passeraient de Rs 20 à Rs 65. Il plaide pour un nouveau système de prix maximum de vente inspiré de l’Inde.
De son côté, la pédiatre, Manjeeta Baichoo a pris la parole lors de ce point de presse, appelant plus de femmes à s’engager en politique en vue de moderniser le système. Elle alerte aussi quant à la progression du Chikungunya à Maurice, avec 3 300 cas recensés en mai 2026, contre 1 580 cas entre mars et août 2025.

