Pour un ménage moyen détenant un prêt de Rs 500 000, si les banques commerciales répercutent l’intégralité de la hausse du taux directeur, cela se traduira par une charge additionnelle de Rs 1 250 par an. Précision apportée par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, répondant à la Private Notice Question (PNQ) axée sur la décision de la Bank of Mauritius de relever le Key Rate e 25 points de base – le portant ainsi à 4,75 % par an.
Navin Ramgoolam a vigoureusement défendu l’autonomie de la banque centrale tout en dressant un tableau sans concession des « dérives monétaires »du passé. Face aux appréhensions sur le pouvoir d’achat, le Premier ministre a décortiqué les effets de cette mesure sur les ménages et les différents secteurs de l’économie.
Saluant la décision unanime du Monetary Policy Committee prise le 20 mai dernier , il a insisté sur le fait que la Bank of Mauritius opère aujourd’hui en totale indépendance, conformément au Bank of Mauritius Act 2004.
« Contrairement au gouvernement précédent, il n’y a maintenant absolument aucune interférence du ministère des Finances ou de tout autre organisme gouvernemental dans les politiques et les opérations de la Banque de Maurice », a-t-il déclaré avec insistance.
Le Premier ministre n’a pas caché que les perspectives macroéconomiques mondiales et régionales imposaient une réaction rapide. Expliquant l’origine de cette poussée inflationniste, le chef du gouvernement a pointé du doigt les décisions de l’ancienne législature, notamment, Rs 97 milliards transférés directement de la Banque centrale au gouvernement entre 2019 et 2024. Rs 3,5 milliards reversés à la National Property Fund Ltd avant 2019. Rs 81 milliards de Rs « imprimés » pour financer la Mauritius Investment Corporation (MIC).
Selon le Premier ministre, cette masse monétaire a créé un excès de liquidités historique sur le marché, culminant à Rs 90 milliards en août 2023. Les conséquences directes de cette politique monétaire ne se sont pas fait attendre, un pic d’inflation à 11,3 % en février 2023 et une dépréciation massive de la roupie de près de 30 % face au dollar américain entre fin 2019 et fin 2024. C’est pour contrer les effets de second tour de cette dégringolade et calmer les anticipations à la hausse mesurées en mars dernier que le MPC a choisi de resserrer la vis, soutient-il.
« Nous ne devons pas sous-estimer les ravages de l’inflation sur une économie. Nous connaissons l’expérience des pays comme l’Argentine par le passé, le Zimbabwe et d’autres qui ont connu des taux d’inflation dépassant les 1 000 % par mois », a conclu le Premier ministre pour justifier ce coup de frein monétaire préventif.

