MCB : Environnement incertain mais porteur d’opportunités

Vicky Hurrynag, Head MCB Research: « Preserving Mauritius’ investment-grade sovereign rating remains a cornerstone of the IFC’s reputation, underpinning its credibility and reinforcing its attractiveness as a leading platform for trade and investment in Africa »

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Avec son dernier rapport portant sur Indian Ocean Economic Outlook, l’équipe de MCB Research, menée par Vick Hurrynag, Head of Strategy, Research and Development, tout en abordant les défis impactant la croissance, et les leviers de transformation économique des économies de la région, remet en perspective l’enjeu du budget 2026/27, avec le Grand Oral du vendredi 19 à l’Assemblée nationale. Pour la plus importante banque commerciale du pays et de la région océan Indien et d’Afrique, la priorité pour l’économie mauricienne est de pouvoir maintenir son Investment-Grade Sovereign Rating sur le plan international.

L’accent est mis sur l’urgence d’élaborer des « focused and coherent economic strategy and action plan » dans cette quête de croissance économique au beau milieu d’un environnement international, qui se veut de plus en plus incertain. D’un point de vue régional, le groupe MCB relève que l’analyse des économies de Maurice, Madagascar, Seychelles et Maldives, reste marquée par une montée de ces mêmes incertitudes dans la mesure où le choc externe majeur redéfinit de manière inéluctable les perspectives.

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À tout seigneur tout honneur et compte tenu de la conjoncture du Round-Up pour le budget 2026/27, l’Indian Ocean Economic Outlook du groupe MCB fait la part belle au cas de Maurice. Avant de s’engager dans une analyse des facteurs devant peser sur la Bottom Line de la croissance, la MCB met l’accent sur un facteur incontournable, à savoir l’urgence de « preserving Mauritius’ investment-grade sovereign rating remains a cornerstone of the IFC’s (International Financial Centre) reputation, underpinning its credibility and reinforcing its attractiveness as a leading platform for trade and investment in Africa. »

Pour ce qui est de l’exercice budgétaire à venir, le No 1 des banques commerciales concède que « the economic outlook reflects a combination of external headwinds and domestic policy choices, with the forthcoming national budget representing a critical juncture. Beyond near-term adjustments to address the ramifications of the war, there is scope to uplift growth potential through a focused and coherent economic strategy and action plan, while leveraging the country’s structural strengths, notably its positioning as a safe, stable and well-regarded jurisdiction, attributes whose relevance has been further underscored by ongoing global disruptions. »

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Avant la détérioration du contexte international découlant des incertitudes géopolitiques au Moyen-Orient, le groupe MCB souligne que « after standing at ,.2% in 2025, economic growth in Mauritius was initially on course to pick up slightly in 2026, supported by continued strength in services and an upturn in construction and household spending. » Néanmoins, avec les conséquences de la hausse du cours mondial du pétrole, des interruptions dans la chaîne d’approvisionnement à l’international et des préoccupations se faisant sentir au sein de l’industrie touristique, sans compter un ralentissement dans la demande externe, le taux de croissance a été révisé à la baisse à 2,9% cette année, soit 50 points de moins par rapport aux estimations initiales.

Avec ces facteurs se répercutant sur le Foreign Exchange Market, la MCB maintient que « this prognosis primarily reflects the expected pass-through of conflict-related shocks to tourism, import costs and business sentiment, partly cushioned by measures introduced by the authorities to contain cost pressures. » Dépendant des mesures susceptibles d’être annoncées dans le Budget Speech, les prévisions sont que « the slowdown in activity levels is set to be most visible in externally oriented and cost-sensitive sectors. While the tourism industry has so far demonstrated resilience relative to peers in the Indian Ocean region, growth in value added in the sector is likely to soften somewhat following last year’s record performance, as forward bookings gradually ease, travel disruptions continue to prevail and airfares further increase. »

Le tourisme pourrait bénéficier d’un ballon d’oxygène avec les récentes décisions en matière de politique d’accès aérien. « Recent developments on the air connectivity front – notably the granting of a temporary operating permit to Ethiopian Airlines to service Mauritius over the June – September period as well as additional seats on Turkish airlines and new Madrid connections could provide some partial offset », indique la MCB, qui ajoute qu’un ralentissement dans la consommation est On the Card avec les effets conjugués de la hausse du fret, des coûts de production et de l’érosion du pouvoir d’achat de ménages alors que le secteur du textile continuera à être sous pression.

Toutefois, de l’autre côté du tableau, Maurice pourrait être appelée à prendre avantage du Rerouting sur le plan maritime avec la crise au Moyen-Orient. « On the other hand, the ongoing pickup in bunkering activity – driven by the re-routing of vessels amidst conflict-related disruptions – could provide some support to the sector, although the overall impact on growth is likely to remain contained given its import-intensive nature », avance le Head of Strategy, Research and Development du groupe MCB.

Résumant les principaux paramètres économiques, le groupe MCB indique que « while progress is evident, the current context renders fiscal consolidation more complex; yet, rebuilding buffers remains central to reinforcing resilience and providing a more conducive environment for sustained growth. At the same time, consolidating and broadening the economic base remains a defining priority, with policy clarity and predictability playing a key role in safeguarding confidence. »

D’autre part, l’Indian Ocean Economic Outlook note que les économies de la région partagent des vulnérabilités structurelles, notamment : une forte dépendance aux importations d’énergie et d’aliments, une concentration sur le secteur touristique pour ce qui est des Seychelles, de Maldives et de Maurice et une sensibilité accrue aux chocs externes. Cependant, le rapport souligne également l’émergence de transformations économiques susceptibles de changer la donne et de renforcer les capacités résilientes des îles.
Un communiqué émis par la MCB fait mention de leviers de transformation économique communs.
« Les économies de l’océan Indien cherchent à renforcer leur résilience et à soutenir une croissance durable. Cela passe notamment par la diversification économique, l’accélération de la transition énergétique, ainsi que par une meilleure connectivité maritime, aérienne et digitale. L’essor des investissements internationaux offre également des opportunités d’attraction de capitaux. Enfin, le renforcement des compétences, de la productivité et du cadre des affaires reste essentiel pour accompagner ces transformations », indique la MCB, en passant en revue la situation dans les différentes économies, comme suit :
• Madagascar : vulnérabilités accrues mais opportunités dans le secteur minier
La Grande Île fait face à des pressions combinées liées aux chocs climatiques, aux coûts d’importation et aux tensions externes, avec une croissance attendue autour de 3,5% en 2026, en deçà des attentes pré-conflit. Le rapport met toutefois en avant le potentiel du secteur minier, notamment grâce à l’évolution du cadre réglementaire et à l’intérêt croissant pour les minerais stratégiques.
• Seychelles : forte dépendance au tourisme
Après une performance solide en 2025, la croissance aux Seychelles devrait ralentir à environ 1,3% en 2026, sous l’effet de la baisse des arrivées touristiques et des perturbations du transport aérien. Des efforts sont engagés pour renforcer la résilience économique, notamment par la digitalisation et la transition énergétique.
• Les Maldives, économie très exposée aux chocs externes
Aux Maldives, la croissance devrait également fortement ralentir, autour de 2.5% en 2026, dans un contexte de performance mitigée des flux touristiques et de hausse des coûts d’importation. Le rapport souligne des fragilités macroéconomiques persistantes, notamment en matière de finances publiques et de balance extérieure.
Le climat, dénominateur commun à fort enjeu
Par ailleurs, l’Indian Ocean Economic consacre une attention particulière aux risques climatiques, qui constituent une contrainte structurelle majeure pour les économies insulaires, avec des coûts d’adaptation élevés. Parallèlement, cette transition ouvre des opportunités significatives en matière d’investissements durables et de financement de la résilience. « Dans un environnement mondial plus incertain et marqué par des chocs externes, les économies de l’océan Indien font face à une phase plus complexe, caractérisée par un ralentissement de la croissance, des pressions inflationnistes accrues et des marges budgétaires plus limitées. Dans ce contexte, renforcer la résilience, accélérer les réformes et saisir les opportunités liées à la transition énergétique, à la mobilité des capitaux et à la diversification économique sera essentiel pour soutenir une croissance durable », s’appesantit Vicky Hurrynag.

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