Le Reform Party (RP) a consacré sa conférence de presse de samedi matin, à Ébène, aux principales mesures du budget 2026-27. Fait inhabituel, son leader, Roshi Bhadain, était absent, laissant le soin à Denys Lamy et Hansley Peramallee, respectivement président et vice-président du parti, de porter les critiques de la formation.
Hansley Peramallee s’est particulièrement attardé sur la création du National Pension and Provident Fund (NPPF), annoncée dans le budget. D’après lui, ce nouveau fonds, appelé à gérer des centaines de milliards de roupies, soulève de sérieuses interrogations quant à sa gouvernance.
« Qui administrera ce fonds et sous quel contrôle ? », s’interroge-t-il, affirmant craindre l’existence d’un « agenda caché » qui pourrait profiter à certaines personnes influentes du pays. Toujours sur le dossier des pensions, le vice-président du Reform Party estime que, malgré l’abandon du Means Test, le nouveau mécanisme proposé par le gouvernement aboutira, dans les faits, à une réduction des prestations pour les Mauriciens qui choisiront de prendre leur retraite dès l’âge de 60 ans.
Denys Lamy a, pour sa part, dénoncé l’introduction d’une taxe de 5 % sur les primes d’assurances générales à compter de janvier 2027. Selon lui, cette nouvelle ponction viendra renchérir davantage le coût de la vie, aussi bien pour les ménages que pour les entreprises. Il s’est également élevé contre les amendements annoncés à la Banking Act, estimant que ceux-ci accorderaient des pouvoirs excessifs à la Financial Crimes Commission pour accéder aux informations bancaires sans contrôle judiciaire préalable. Une telle réforme, prévient-il, risquerait d’ébranler la confiance des investisseurs. Il a d’ailleurs annoncé que le Reform Party n’exclut pas de saisir la justice si ces dispositions étaient adoptées.
Dr Manjeeta Baichoo s’est ensuite penchée sur l’extension du congé de maternité à un an. Si elle salue l’esprit de la mesure, elle estime qu’elle devrait impérativement s’accompagner de quotas d’embauche afin d’éviter que les employeurs ne soient tentés de recruter moins de femmes. Elle considère également que le gouvernement aurait pu aller plus loin en portant à deux heures, au lieu d’une, le temps quotidien consacré à l’allaitement, tout en laissant aux mères la liberté de choisir le moment où elles souhaitent en bénéficier.
Le médecin a également critiqué le relèvement de la « sugar tax », estimant que cette mesure n’apportera aucune réponse durable à l’épidémie de diabète. Selon elle, les recettes attendues démontrent que l’objectif poursuivi est davantage budgétaire que véritablement sanitaire.
Enfin, Ziad Chetty a jugé que le gouvernement manque d’ambition en matière d’intelligence artificielle. À ses yeux, les annonces formulées depuis 2025 se limitent essentiellement à des stratégies, des annonces et la création de nouvelles structures administratives, sans véritable feuille de route ni plan d’action concret pour faire de Maurice un acteur crédible dans ce secteur stratégique.

