La tournée Tablatronic World Peace — Le Mauricien Subhash Dhunoohchand, ambassadeur de la paix

Retour sur une tournée exceptionnelle au Bangladesh et en Inde, où le tabla s’est imposé comme symbole d’un monde uni par les arts. Si la musique a le pouvoir de rassembler, la tournée Tablatronic World Peace de Subhash Dhunoohchand en est la preuve éclatante. Après avoir inauguré le Sakifo Musik Festival à La Réunion le samedi 6 juin, le percussionniste a entamé une série de concerts, master classes et rencontres au Bangladesh et en Inde. 

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Ces activités culturelles étaient placées sous les signes de la non-violence, du métissage culturel et de l’unité par les arts. Une aventure rendue possible grâce au soutien des Alliance Française de Chittagong, Dhaka et Kolkata, ainsi qu’au partenariat avec le Goethe-Institut de Dhaka. Subhash Dhunoohchand est un musicien qui se signale par son originalité. Mauricien installé à la Réunion, il incarne à lui seul le métissage culturel qui fait la richesse de notre époque.

Depuis plus de trente ans, il repousse les limites de la musique fusion, mêlant tabla, électronique, jazz et traditions locales pour créer un son à la fois unique, universel et intemporel. Avec Tablatronic World Peace, Subhash Dhunoohchand franchit une nouvelle étape : il transforme sa musique en vecteur de cohésion sociale, en langage universel capable de transcender les divisions et de célébrer ce qui nous unit. « La non-violence, ce n’est pas seulement une idée, c’est une vibration. Et la musique, c’est cette vibration qui nous relie tous, au-delà des mots et des frontières », explique-t-il.

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Tablatronic World Peace

La tournée a débuté à Chittagong, où Subhash Dhunoohchand, disciple de Pandit Sudhir Kumar Saxena, a animé une résidence artistique le 8 juin à l’Alliance Française. Pendant trois jours, il a partagé son savoir avec une douzaine d’élèves de tabla, leur enseignant les subtilités de l’Ajrada Gharana, une école exigeante alliant technique rigoureuse et profondeur spirituelle. « Travailler avec ces jeunes, voir leur progression en si peu de temps, c’était magique. Le tabla, ce n’est pas qu’un instrument : c’est une discipline qui enseigne la patience, la persévérance et le respect » déclare le musicien.

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Le 9 juin, ces jeunes talents ont partagé la scène avec leur maître, Sunny Day et Subhash Dhunoohchand, pour un concert d’ouverture inoubliable. « Voir leurs yeux briller, sentir leur énergie… Ce n’était pas qu’un concert. C’était un acte de transmission, un geste de paix », ajoute-t-il. La soirée s’est prolongée par une collaboration improvisée entre Subhash Dhunoohchand et des danseuses de Odissi et Kathak de la ville de Chittagong.

« La danse et la musique, c’est comme deux rivières qui se rejoignent pour former un fleuve. Ensemble, nous avons créé quelque chose de plus grand que nous », déclare l’une des danseuses. « Ce que Subhash fait avec son tabla, c’est bien plus que de la musique. C’est une célébration de la paix, de la diversité et de l’unité », a fait ressortir Bruno Lacrampe, directeur de l’Alliance Française de Chittagong. « Son approche fusionnelle prouve que les frontières entre les genres musicaux, tout comme celles entre les cultures, peuvent être franchies. »

À Dhaka, Subhash Dhunoohchand a été accueilli en héros. Le 10 juin, au Butternut Jazz Café, il a animé une master class devant un public passionné, composé de mélomanes et d’étudiants en musique. « Revenir à Dhaka après 31 ans, c’était comme retrouver une vieille amie. La ville a changé, mais l’amour pour la musique, lui, est resté intact », partage-t-il. Le 11 juin, grâce à un partenariat entre l’Alliance Française de Dhaka et le Goethe-Institut, Subhash Dhunoohchand s’est produit à l’auditorium du Goethe-Institut pour un concert à guichets fermés.

« Ce partenariat entre institutions culturelles françaises et allemandes montre que la musique peut être un pont entre les nations. C’est exactement le message que nous portons avec Tablatronic World Peace », souligne François Chambraud, directeur de l’Alliance Française de Dhaka, en présence de Frank Werner, directeur du Goethe-Institut. L’un des moments les plus émouvants de la tournée a eu lieu ce soir-là : la rencontre entre Subhash Dhunoohchand et Mohammad Jakir Hossain, chanteur Baul, une tradition musicale et spirituelle bengalie classée au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO.

« Les Bauls, c’est une philosophie de vie où la musique est un chemin vers la divinité et la paix intérieure. Collaborer avec Subhash, c’était comme découvrir une nouvelle facette de cette quête », explique Jakir Hossain. Leur duo improvisé a marqué les esprits. « On aurait dit que nos musiques s’étaient toujours connues. Le tabla et l’ektara se sont répondus comme s’ils avaient toujours dialogué », déclare Jakir Hossain. Le public, subjugué, a multiplié les rappels, et un échange spontané entre les artistes et l’assistance a clos la soirée en apothéose. « Ce soir, nous avons prouvé que la paix peut s’exprimer à travers les rythmes et les mélodies », conclut Subhash Dhunoohchand.

Cette rencontre a été si fructueuse qu’une tournée commune est déjà prévue pour 2027, avec des dates en Inde, à La Réunion, à Maurice, Mayotte et au Bangladesh. « Nous travaillons déjà avec les Alliances Françaises et d’autres partenaires locaux pour concrétiser ce projet », précise François Chambraud. La dernière étape de cette aventure asiatique s’est déroulée à Kolkata, où Subhash a, une fois de plus, captivé son public. Le 13 juin, à l’Alliance Française de Kolkata, il a présenté une performance audacieuse, mêlant tabla classique et sonorités électroniques, prouvant que tradition et modernité peuvent coexister en parfaite harmonie.

Cette tournée a été bien plus qu’une série de concerts. Elle a été une démonstration vivante du pouvoir de la musique pour rapprocher les peuples, briser les barrières et promouvoir la paix.  « Nous sommes en discussion avec plusieurs partenaires, dont les Alliance Française et des institutions locales, pour étendre ce projet et toucher encore plus de personnes », révèle-t-il. « La non-violence, c’est un rythme. Le rythme du cœur, le rythme de la paix. Et c’est ce rythme que nous continuerons à partager, où que nous allions. conclut Subhash Dhunoohchand.

N.L

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