Exposition en Chine L’Encre au-delà des frontières — Erwin Bryan Utchanah à la croisée des cultures

Lorsque le Mauricien Erwin Bryan Utchanah présente sa nouvelle collection d’oeuvres à l’encre de Chine à Zhengzhou, ce n’est pas que l’artiste et professeur d’art visuel qui parle, mais aussi le chercheur en sciences de l’éducation. Convaincu que les émotions, la réflexion intérieure et la recherche de sens jouent un rôle essentiel dans l’apprentissage humain, Erwin Utchanah fait passer ce message dans L’Encre Au-delà des Frontières, le thème de son exposition.

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Titulaire d’un doctorat en éducation de l’Atlantic International University (USA) et d’une maîtrise en leadership éducatif de l’Université de Roehampton d’Angleterre, Erwin Utchanah, qui est un ex-enseignant au collège du Saint-Esprit, a exercé dans des institutions étrangères depuis plusieurs années. Installé dans la province de Henan, il enseigne à l’école internationale de Sias, la seule école de Chine qui offre le programme d’études du baccalauréat international.

« Cette série d’œuvres à l’encre noire de Chine est née d’un moment aussi inattendu que révélateur. Un jour, dans une salle de classe, un flacon d’encre s’est renversé sur le sol. Dans son éclaboussement profond et silencieux, l’encre semblait presque vibrer. Libérée de son contenant, elle s’étendait librement, révélant une beauté spontanée que je n’avais jamais véritablement observée auparavant. Ce moment de découverte fut le point de départ d’une exploration artistique qui se poursuit encore aujourd’hui, à la croisée des cultures, des mémoires et des sensibilités », confie Erwin Utchanah sur sa première exposition.

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Une invitation à ressentir

L’artiste considère l’encre de Chine « non seulement comme un médium artistique, mais également comme un langage universel capable de transcender les frontières géographiques, culturelles et générationnelles. » L’exposition se déroule dans les espaces intérieurs et extérieurs d’un centre de bien-être spécialisé dans les soins traditionnels chinois qu’il fréquente régulièrement. « Dans notre monde moderne, souvent marqué par la rapidité et la pression du quotidien, ces espaces dédiés au calme, à la santé et au bien-être favorisent l’observation, la réflexion et la créativité », dit-il.

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L’auteur explique que son parcours de chercheur en sciences de l’éducation, d’éducateur et d’artiste est profondément interconnecté. Inspiré par les travaux de la professeure Mary Helen Immordino-Yang — neuroscientifique, psychologue du développement et spécialiste de l’éducation américaine —, il a développé la conviction que les émotions, la réflexion intérieure et la recherche de sens jouent un rôle essentiel dans l’apprentissage humain. Cette compréhension nourrit à la fois son enseignement et sa pratique artistique.

Pour lui, chaque œuvre est une invitation à ressentir, réfléchir et apprendre, une approche qu’il résume par la philosophie : « Je ressens, je pense, j’apprends. » Son travail s’inscrit dans une quête d’équilibre entre émotions, créativité, apprentissage et bien-être. Ses recherches en neurosciences affectives ont renforcé sa conviction que les êtres humains apprennent, créent et s’épanouissent pleinement lorsqu’ils parviennent à donner du sens à leurs expériences humaines.

Entre l’Orient et l’Occident

À travers ses œuvres, Erwin Utchanah rend hommage à la richesse de la culture chinoise qui, dit-il, a profondément nourri son parcours artistique et humain. « J’exprime également ma reconnaissance envers la communauté mauricienne d’origine chinoise, dont la contribution au développement économique, culturel et social de l’île Maurice constitue une part essentielle et précieuse de notre patrimoine commun. » L’encre noire, ajoute-t-il, est « un espace de dialogue entre l’Orient et l’Occident, entre tradition et création contemporaine, entre mémoire et devenir. Inspirées par la vie urbaine à Zhengzhou, les rencontres humaines, les amitiés, les instants de contemplation et les observations quotidiennes de l’artiste, ces œuvres s’inscrivent dans une recherche constante de sens et d’harmonie. »

Et sur une note poétique, l’artiste convient : « Dans mes œuvres, l’encre murmure parfois, mais elle chante aussi, danse, s’étire, se déploie et s’élève. Tantôt associée au fusain, tantôt à la craie pastel ou à l’aquarelle, elle devient le véhicule d’émotions vécues, de souvenirs et d’expériences qui cherchent à prendre forme au-delà des mots. »

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