…mais des signes d’essoufflement puisqu’entre le quatrième trimestre 2025 et le premier trimestre 2026, l’emploi recule de 7 200 postes
Les dernières statistiques de Statistics Mauritius pour le premier trimestre 2026 dressent un tableau contrasté du marché du travail mauricien. Si la situation apparaît globalement meilleure qu’il y a un an, les chiffres révèlent également un ralentissement par rapport au dernier trimestre de 2025. L’emploi demeure à un niveau élevé, mais la dynamique observée en fin d’année dernière semble marquer le pas, tandis que le chômage des jeunes reste préoccupant.
Au premier trimestre 2026, la population active s’élève à 587 000 personnes, dont 553 700 occupent un emploi et 33 300 sont au chômage. Comparativement au premier trimestre 2025, l’économie a créé 6 100 emplois supplémentaires, tandis que le nombre de chômeurs a diminué de 1 900 personnes. Le taux de chômage recule ainsi de 6,0 % à 5,7 %, soit son niveau le plus faible pour un premier trimestre depuis plusieurs années.
Le taux d’activité progresse également, passant de 58,7 % à 59,2 %, signe qu’une proportion plus importante de la population en âge de travailler participe au marché de l’emploi.
Un premier trimestre moins favorable que la fin de 2025
L’analyse trimestrielle nuance toutefois cette amélioration.
Entre le quatrième trimestre 2025 et le premier trimestre 2026, l’emploi recule de 7 200 postes, tandis que le nombre de chômeurs augmente de 1 500 personnes. Le taux de chômage remonte ainsi de 5,4 % à 5,7 %. Dans le même temps, 4 700 personnes supplémentaires sortent du marché du travail, entraînant une légère baisse du taux d’activité.
Cette évolution traduit davantage un ralentissement de l’activité qu’un retournement du marché du travail. Les premiers trimestres sont d’ailleurs souvent moins dynamiques que la fin de l’année, période traditionnellement marquée par une activité économique plus soutenue.
Les femmes davantage touchées
Le marché du travail continue de présenter des disparités importantes entre les hommes et les femmes.
Le taux de chômage masculin s’établit à 4,3 %, contre 7,5 % chez les femmes. Surtout, la baisse de l’emploi observée entre le dernier trimestre de 2025 et le début de 2026 concerne principalement les femmes, qui perdent 6 900 emplois, alors que l’emploi masculin demeure pratiquement stable (-300 emplois).
Le taux d’activité féminin reste également nettement inférieur à celui des hommes (49,3 % contre 70,0 %), ce qui confirme que la participation des femmes au marché du travail demeure un défi structurel.
Point faible: Le chômage des jeunes chez les 16 à 24 ans.
Le taux de chômage des jeunes atteint 19,1 %, soit plus de trois fois le taux national. Si ce chiffre est légèrement inférieur à celui enregistré un an plus tôt (19,8 %), il progresse fortement par rapport au trimestre précédent (16,8 %).
Les jeunes femmes sont particulièrement pénalisées avec un taux de chômage de 22,2 %, contre 16,8 % pour les jeunes hommes. Au total, 12 100 jeunes sont actuellement sans emploi.
Ces données montrent que l’insertion professionnelle des jeunes demeure l’un des principaux défis du marché du travail mauricien.
Les services dominent largement
La structure de l’emploi confirme la transformation progressive de l’économie.
Le secteur tertiaire représente désormais 77,1 % de l’emploi total, contre 18,2 % pour le secteur secondaire (industrie et construction) et seulement 4,7 % pour le secteur primaire. Les services continuent ainsi de constituer le principal moteur de l’emploi à Maurice.
Par ailleurs, près d’un tiers des travailleurs occupent des postes de cadres, de professionnels ou de techniciens, tandis que les métiers de services et de vente représentent environ 22 % des emplois.
Un marché du travail solide, mais moins dynamique
Dans l’ensemble, les statistiques du premier trimestre 2026 restent encourageantes. Comparativement à l’an dernier, Maurice compte davantage d’emplois, moins de chômeurs et un taux d’activité légèrement supérieur.
Cependant, la comparaison avec la fin de 2025 révèle un essoufflement de cette dynamique. Le recul de l’emploi au premier trimestre, la remontée du chômage et la forte vulnérabilité des jeunes rappellent que le marché du travail demeure confronté à plusieurs défis structurels. L’évolution des prochains trimestres permettra de déterminer s’il s’agit d’un simple ralentissement saisonnier ou des premiers signes d’un fléchissement plus durable de l’emploi.
Le profil des demandeurs d’emploi
Les statistiques permettent également de mieux cerner le profil des personnes sans emploi.
Parmi les 33 300 chômeurs :
- 57 % sont des femmes ;
- 53 % sont célibataires ;
- 52 % ne possèdent pas le School Certificate (SC) ;
- 71 % ont déjà une expérience professionnelle ;
- 29 % recherchent un premier emploi ;
- 82 % cherchent un emploi depuis moins d’un an.
Ces chiffres montrent que le chômage ne touche pas uniquement les nouveaux entrants sur le marché du travail, mais également des personnes ayant déjà exercé une activité professionnelle.

