Le FMP, par le biais de Paul Bérenger, dénonce un « flou total » autour de la réforme des pensions, notamment le relèvement progressif de l’âge de la retraite de 60 à 65. Pour Paul Bérenger, qui avait à ses côtés Chetan Baboolall et Joanna Bérenger, la population ne dispose pas d’informations claires sur les modalités d’application, ce qui alimente confusion et inquiétude.
L’ex-Deputy Prime Minister critique également le manque de coordination entre les instances gouvernementales, évoquant des décisions prises sans alignement suffisant entre le conseil des ministres et les structures techniques. Pour lui, la réforme illustre une gouvernance marquée par l’improvisation.
Le dirigeant du FMP a remis en cause la posture du chef du gouvernement, Navin Ramgoolam, estimant qu’il « pena okenn kredibilite dan li mem », une déclaration qui a donné le ton d’une conférence de presse résolument critique et combative.
Le parti affirme aussi que les documents en circulation présentés comme le rapport d’experts ne constitueraient pas un véritable rapport final, mais plutôt une synthèse partielle des discussions autour de la réforme du système de pension.
Dans ses interventions, Paul Bérenger a multiplié les attaques contre la gestion gouvernementale, parlant d’« amateurisme sans précédent » et de « cafouillage » dans la conduite des affaires publiques.
Il a également visé le ministre de la Sécurité sociale, Ashok Subron, qu’il accuse de « lâcheté » face aux experts qui travaillent sur le rapport sur la réforme du système de pension.
Par ailleurs, avance Paul Bérenger, la communication gouvernementale contribue à aggraver la confusion, notamment lorsque les autorités minimisent les inquiétudes de la population. À ce propos, il a critiqué « l’attitude arrogante » du Premier ministre vis-à-vis de la presse à Triolet vendredi dernier, alors que les journalistes l’interpellaient sur la pension de vieillesse.
Sur le plan économique, le FMP estime que le budget 2026-27 constitue une occasion manquée, tant pour maîtriser l’inflation que pour relancer la croissance. Les chiffres évoqués — une inflation proche de 5,8 % et une croissance estimée à environ 3,2 % — sont jugés insuffisants face aux défis actuels.
Le dirigeant du parti avertit également d’un risque de ralentissement économique, voire de stagnation, dans un contexte international incertain. Il estime que les discours des ministres sectoriels n’ont pas permis de rassurer sur les perspectives à moyen terme.
Paul Bérenger a exprimé de fortes réserves sur plusieurs secteurs stratégiques. Il a abordé la situation du secteur portuaire et de la Cargo Handling Corporation, estimant que la stratégie actuelle pourrait fragiliser le rôle de Maurice dans le transbordement maritime face à la concurrence régionale (Madagascar, La Réunion, Mozambique, Afrique du Sud).
Dans le cadre de cette conférence de presse, il est revenu sur les recommandations formulées par un comité ministériel qu’il avait présidé en sa qualité de Premier ministre adjoint et qui avaient été approuvées par le conseil des ministres. Une des recommandations était que deux compagnies maritimes, Maersk et MSM, deviennent des actionnaires minoritaires de la CHCL afin de relancer les activités de la compagnie gouvernementale. Pour lui, la construction de l’Island Terminal est un projet à long terme qui nécessiterait des investissements de plusieurs dizaines de milliards de roupies. Il a attiré l’attention sur le fait que les travailleurs ne se rendent pas compte qu’une nouvelle compagnie maritime est en train de faire son entrée dans le secteur portuaire.
De plus, Paul Bérenger évoque un risque de « rupture » dans la fourniture d’électricité, appelant à une stratégie énergétique plus claire dans un contexte international instable.
Sur l’intelligence artificielle, le porte-parole du FMP met en garde contre une vision trop optimiste, estimant que cette technologie peut devenir une menace pour l’emploi si elle n’est pas encadrée par des politiques publiques adaptées. Il a fait mention des documents qui ont été publiés par les instances internationales ainsi que par le pape ces derniers mois. Ce dernier est allé jusqu’à réclamer le désarmement de l’IA, qui risque d’être aussi dangereux que les armes nucléaires.
Paul Bérenger estime également que la réforme de la pension ainsi que les amendements du Waqf Amendment Bill devraient faire l’objet de textes de loi en dehors du Finance Bill.
Pour sa part, Joanna Bérenger a affirmé qu’elle est d’accord avec la proposition gouvernementale concernant les pensions des parlementaires. Elle rappelle qu’en 1982, alors que le pays était confronté à une situation financière difficile, les parlementaires avaient consenti à une série de sacrifices en guise d’exemple pour les Mauriciens en général. Et ce, avant d’évoquer la question de la transparence dans les dépenses de l’État.
Joanna Bérenger a également affirmé avoir renoncé à certains privilèges liés à ses fonctions, estimant que les dirigeants doivent donner l’exemple dans un contexte de contraintes économiques.
Sur le plan politique, Paul Bérenger a laissé entendre que les évolutions pourraient s’accélérer, n’excluant pas la possibilité d’élections générales avant 2029. Il affirme que le pays entre dans une phase de recomposition politique.
Le FMP dit travailler à la mise en place d’une alternative politique structurée face au PTr et au MSM.
Il indique également être en contact avec plusieurs figures politiques, dont Rama Valayden, Nando Bodha et Patrick Belcourt, en excluant toute discussion avec Roshi Bhadain à ce stade.
En conclusion, la conférence de presse a pris des allures de mobilisation politique. Le FMP a mis l’accent sur les forces progressistes du pays face aux défis économiques et institutionnels.
Pour Paul Bérenger, la période actuelle marque un tournant politique majeur, où les équilibres pourraient avancer plus rapidement que prévu.

