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Me Antoine Domingue, président du Bar Council : « Faire de la justice une réalité vivante pour tous »
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La cheffe juge Bibi Rehana Mungly-Gulbul : « Un système que les citoyens peuvent comprendre, utiliser et financièrement supporter »
La Mauritius Bar Association publie une nouvelle édition du Bar Chronicle à l’occasion de sa conférence annuelle 2026, prévue le 4 septembre à l’InterContinental Resort, à Balaclava. Placée sous le thème « Access to Justice: Bridging the Gap between Law and Reality », cette publication examine les obstacles qui séparent encore les droits reconnus par la loi de leur exercice effectif par les citoyens.
Le nouveau Bar Chronicle accompagne la conférence annuelle 2026 de la Mauritius Bar Association (MBA), dont les travaux seront consacrés à l’accès à la justice et à la nécessité de réduire l’écart entre les principes juridiques et la réalité vécue par la population.
La publication réunit les réflexions de plusieurs grandes figures du monde judiciaire et juridique. Elle présente également le programme de la conférence, les thèmes des différents panels ainsi qu’un portrait du principal invité, le Dr Dhananjaya Y. Chandrachud, ancien Chief Justice of India. Celui-ci prononcera le discours principal et participera à une séance interactive.
Dans son message, le président de la Mauritius Bar Association, Me Antoine Domingue, SC, rappelle que l’accès à la justice se trouve au cœur même de l’État de droit. Selon lui, les droits ne doivent pas demeurer des garanties abstraites : ils doivent pouvoir être exercés concrètement, les tribunaux rester accessibles et les membres de la profession continuer à servir le public avec indépendance, courage et intégrité.
Il souligne que le Bar Chronicle ne se contente pas de conserver une trace des activités et des travaux du Barreau. La publication permet également de réfléchir aux valeurs qui unissent ses membres au sein d’une profession qu’il qualifie de noble et indépendante.
Me Antoine Domingue salue particulièrement la présence du Dr Dhananjaya Y. Chandrachud, dont l’intervention devrait, dit-il, enrichir les débats et inspirer les membres du Barreau, notamment les jeunes praticiens, à défendre les traditions d’indépendance, de constitutionnalisme et de service public.
Le président de la MBA évoque également un projet appelé à marquer durablement son mandat : l’acquisition d’un siège permanent pour l’association. Cette future Bar House devrait être davantage qu’un simple bâtiment. Elle est appelée à devenir un symbole de continuité, d’unité, d’indépendance et de fierté institutionnelle, tout en offrant aux générations futures d’avocats un lieu à la hauteur des traditions de la profession.
La cheffe juge appelle à une justice accessible et compréhensible
La cheffe juge, Bibi Rehana Mungly-Gulbul, rappelle pour sa part que l’accès à la justice ne se limite pas à l’existence de tribunaux indépendants. Il suppose également que les citoyens connaissent leurs droits, puissent obtenir un soutien approprié et soient en mesure de participer pleinement à la vie de la société.
Elle relève deux obstacles majeurs : le coût parfois dissuasif de la représentation légale et les insuffisances infrastructurelles. Le manque de financement, l’absence de technologies modernes généralisées, les retards et l’accumulation des affaires peuvent nuire à une administration efficace de la justice.
La cheffe juge préconise notamment la simplification des procédures, un recours accru aux modes alternatifs de règlement des différends, une meilleure diffusion des connaissances juridiques et davantage d’investissements dans le système judiciaire. La modernisation technologique des tribunaux doit, selon elle, permettre d’améliorer l’efficacité, de réduire les délais et de rendre la justice plus accessible.
Son message central est qu’un véritable accès à la justice exige un système que les citoyens puissent financièrement supporter, comprendre et utiliser efficacement. Réduire l’écart entre la loi et la réalité nécessitera donc une action concertée de l’ensemble des acteurs concernés.
Quatre grands axes de réflexion
Le programme de la conférence s’articule autour de quatre panels. Le premier portera sur la protection des libertés civiles au cours des enquêtes et des poursuites pénales. Le deuxième examinera les défis éthiques liés à l’élargissement de la profession juridique. Le troisième sera consacré à la modernisation des tribunaux, alors que le quatrième abordera les obstacles procéduraux rencontrés dans les actions en justice.
Le Bar Chronicle comprend aussi les messages de la juge Shameen Hamuth-Laulloo, présidente de l’Institute for Judicial and Legal Studies, de l’Attorney General Gavin Glover, SC, du directeur des poursuites publiques Rashid Ahmine, SC, du Solicitor General Rajesh Ramloll, SC, du président de la Mauritius Law Society Dave Boolauky et du président de la Chambre des notaires Patrice Avrillon, qui appellent tous, selon leurs responsabilités respectives, à rapprocher la justice des citoyens et à renforcer la confiance dans les institutions.
À travers ces différentes contributions, une même préoccupation domine : une justice ne peut être considérée comme pleinement effective si son coût, ses délais, sa complexité, la langue employée ou l’éloignement des institutions empêchent une partie de la population d’y avoir réellement accès. La publication fait ainsi de la modernisation, de l’éducation juridique, de l’aide légale, du numérique et de la responsabilité professionnelle les principaux leviers d’une justice plus rapide, plus abordable et plus proche du citoyen.

