C’est l’une des retombées de la réunion du comité technique
La CTSP maintient sa grève de la faim pour le 16 septembre
Après deux renvois, le comité technique mis en place par le ministère de l’Éducation, concernant le financement du préscolaire gratuit, a finalement tenu sa première réunion, mardi. Il en ressort ainsi que 126 écoles, avec 10 à 20 élèves, pourront garder leurs Assistant Teachers en poste. Un début de solution, à la satisfaction de la Confédération des Travailleurs des Secteurs Privé et Public (CTSP), qui représente les employés. Le syndicat maintient toutefois la pression, car d’autres problèmes ne sont pas résolus. Dans ce contexte, la grève de la faim du 16 septembre reste d’actualité.
Des changements apportés dans la formule Grant-in-Aid pour assurer la gratuité des écoles privées ont provoqué des mécontentements dans le secteur. La CTSP est montée au créneau pour dénoncer des risques de pertes d’emploi, car selon la nouvelle formule, les postes de Manager et d’Assistant Teacher seront abolis. Il est question d’une école avec un maximum de 20 enfants, devant fonctionner uniquement avec un/e enseignant/e, qui endossera aussi le rôle de Manager.
Les professionnels du secteur ont protesté en mettant en avant les problèmes d’ordre pratique qu’une telle configuration allait poser. Sans compter que cela impliquait également le licenciement de l’Assistant Teacher, obligatoire pour un groupe de 15 enfants, sous l’ancienne formule.
Après des négociations menées par la CTSP, les autorités ont finalement accepté de maintenir en poste les Assistant Teachers de 126 écoles avec 10 à 20 enfants. Celles-ci auront également droit à un Attendant. Ce qui fait qu’il y aura trois personnes – Teacher, Assistant Teacher et Attendant – pour encadrer les enfants.
De plus, si une de ces écoles accueille un enfant en situation de handicap, elle aura aussi le droit de recruter une Carer. Il faut savoir que les Special Education Needs (SEN) Schools admettent les enfants à partir de cinq ans seulement. Avant cet âge, beaucoup de parents envoient leurs enfants dans des écoles préscolaires du mainstream.
Pour Jane Ragoo de la CTSP, qui a mené les négociations, cette évolution va dans la bonne direction, mais le problème reste entier sur d’autres sujets. « Qu’adviendra-t-il des Managers de ces 126 écoles ? Il nous a été dit que 26 d’entre eux ont déjà 65 ans. Ils ne seront pas pris en charge, d’autant qu’ils touchent déjà la pension. Mais il en reste 100 autres, dont 4 à 5 jeunes. »
Elle ajoute que dans les écoles de 10 à 20 élèves, l’enseignant/e a toujours occupé aussi le rôle de Manager. Cependant, sous le Grant-in-Aid de 2024, elles ont été obligées de recruter un Manager, spécifiquement pour le rôle administratif. « Il faut savoir ce qu’on va faire de ces Managers maintenant. »
L’autre sujet de discorde : l’arrêt de la prise en charge du loyer pour la majorité des écoles. « Seules 33 écoles avec 10 à 20 enfants auront droit au loyer. Les autres, parmi les 126, ont les écoles dans leurs propres maisons et ne payent pas de loyer, selon le ministère. En revanche, 150 autres n’auront plus droit à la subvention pour le loyer. » Le ministère de l’Éducation a indiqué qu’il y a eu beaucoup d’abus sous l’ancien système. Certaines écoles auraient réclamé des loyers à hauteur de Rs 75 000 par mois.
Jane Ragoo précise à ce sujet que le syndicat a demandé à voir tous ces détails sur papier. « Il faut surtout savoir ce qu’il adviendra de ces 150 écoles qui n’auront plus droit au loyer. Comment vont-elles procéder pour offrir l’éducation gratuite puisque les écoles sous le GIA ne pourront pas prendre de l’argent avec les parents. »
Elle ajoute que 417 écoles préscolaires privées bénéficient actuellement du GIA. « Avec 33 écoles seulement dont le loyer sera pris en charge, l’on se demande si on n’est pas en train de pousser les écoles à sortir du GIA. » Face à cette situation, la CTSP a décidé de maintenir son mot d’ordre pour la grève de la faim, devant débuter le 16 septembre. « Nous voulons des réponses sûres quant à la préservation de l’emploi. Nous avons exigé qu’il n’y ait aucun renouvellement de contrat tant que tous ces points ne seront pas éclaircis. L’actuel contrat se termine en décembre. »
La CTSP a réclamé une nouvelle réunion du comité technique pour éclaircir tous les points encore en suspens. Outre les représentants des ministères de l’Éducation, du Travail et des Finances, ainsi que l’Early Childhood Care and Education Authority (ECCEA), la Vice-Chairperson du National Remuneration Board, Disha Fowdar-Seesurrun, a également participé à la réunion.
Temps de service
Le temps de service des employés du préscolaire privé sous le GIA était également au cœur des discussions. Depuis 2024, date de la prise en charge des salaires par le gouvernement, la contribution au temps de service des employés est avec la Mauritius Revenue Authority, dans le Portable Gratuity Retirement Fund. Or, déplore Jane Ragoo, la MRA n’a aucune structure pour garder l’argent des travailleurs, avant la création du PRGF. « Si demain une école ferme, que se passera-t-il avec les années de service qui ne sont pas avec la MRA ? Cela ne concerne pas uniquement le préscolaire privé, mais tous les secteurs. »
Cette question a aussi été abordée lors du comité technique. Le syndicat veut la garantie que les employés conserveront la totalité de leurs années de service.
Un nouveau Remuneration Order
La CTSP réclame un nouveau Remuneration Order (RO) pour le préscolaire. Le dernier date de 2000. Ce qui fait que le personnel de ce secteur touche aujourd’hui l’équivalent du salaire minimum. Le syndicat a demandé que le RO du préscolaire soit aligné sur celui du secteur SEN. La représentante du NRB a fait comprendre que c’est le ministre du Travail qui doit donner les directives, pour que cette instance puisse commencer à travailler sur un nouveau RO.
Le ministre a souligné que les représentants syndicaux avaient fait part de leur insatisfaction concernant certains aspects de leur rencontre, notamment avec le ministère des Finances, mais qu’une nouvelle réunion devait encore avoir lieu avant toute décision finale. Le dossier reste donc ouvert, avec la volonté affichée de poursuivre les discussions.

