La fuited’Ashley Rose (34 ans) vers l’Europe en août fait désormais l’objet d’une attention particulière aux Casernes centrales. Le trentenaire a quitté Maurice quelques heures seulement après la saisie de 157 kg de drogue à Bras-Panon, à La-Réunion. Si, à ce stade, l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) de la Western Division n’a établi aucun lien direct entre lui et cette saisie, des renseignements non confirmés le concernant avaient néanmoins retenu l’attention des enquêteurs.
L’intérêt de l’ADSU pour cet habitant de Roche-Bois remonte notamment à l’interpellation de quatre Mauriciens à Madagascar, en juillet. Leur embarcation avait échoué sur les rochers à Analalava. Il s’agit de David Chicot (34 ans), Jean David Legentil (30 ans), Ismaël Benjamin Noël (28 ans) et Brian Bowanee (29 ans). Ils sont soupçonnés de s’être rendus clandestinement dans la Grande Île dans le cadre d’une activité présumée illicite.
Dès le 17 mars, l’ADSU avait émis un Report on Departure concernant Ashley Rose et en avait informé le Passport and Immigration Office. L’aéroport devait ainsi alerter l’ADSU en cas de tentative de départ du trentenaire. Or, selon les informations disponibles, Ashley Rose a finalement pu quitter le pays sans être inquiété. Il disposerait, par ailleurs, de deux passeports, l’un mauricien et l’autre canadien.
Au quartier général de l’ADSU, c’est le silence. Aucune indication officielle n’a filtré sur les circonstances ayant permis son départ, ni sur l’identité de l’autorité qui a donné son feu vert.
Parallèlement, le dossier des quatre Mauriciens arrêtés à Madagascar est pris en charge par l’ADSU de la Southern Division. Le choix de cette unité interpelle, alors que les déplacements clandestins par voie maritime relèvent habituellement de l’ADSU Port ou de l’ADSU Headquarters.
Quoi qu’il en soit, une équipe d’enquêteurs de l’ADSU Southern Division, placée sous la supervision d’un surintendant de police, s’est rendue à Madagascar le mois dernier. Les policiers ont rencontré les autorités malgaches afin de solliciter le rapatriement des quatre Mauriciens. Une fois à Maurice, ces derniers devraient être interrogés sur les circonstances de leur arrivée dans la Grande Île, mais surtout sur leurs éventuels liens avec Ashley Rose.
Le trentenaire n’est pas un inconnu des autorités. En mars 2023, la Financial Crimes Commission l’avait arrêté dans le cadre de soupçons de blanchiment d’argent, avant d’obtenir des Attachment Orders sur certains de ses biens.
Bien qu’il ait bénéficié de la liberté conditionnelle, plusieurs Variation Orders lui avaient été accordés pour des déplacements à l’étranger, notamment en Chine, en Malaisie et en Thaïlande. La restriction de voyage (Prohibition Order) avait finalement été levée en novembre 2024.
Mais en mars de cette année, l’ADSU a de nouveau émis un Report on Departure à son encontre. Des informations étaient alors parvenues aux enquêteurs concernant les activités du trentenaire, notamment ses liens présumés avec des individus considérés comme suspects à La-Réunion. Reste à savoir qui au sein de l’ADSU a donné l’autorisation pour qu’il quitte Maurice légalement.

