Dans un Ruling rendu, jeudi 24, la Cour de district de Port-Louis a modifié une des conditions relatives à la remise en liberté conditionnelle d’Allysaheb Jagai, le fils du surintendant Ashik Jagai, notamment celle de ne prendre contact avec des témoins dans cette affaire. Il a ainsi été autorisé à prendre contact en écrit avec quatre témoins spécifiques, pour qu’il puisse continuer de répondre aux questions de la Financial Crimes Commission.
Lors de la remise en liberté conditionnelle d’Allysaheb Jagai, suivant son arrestation en septembre 2025 pour blanchiment d’argent, le tribunal de Port-Louis avait stipulé qu’il ne devrait pas entrer en contact avec tout témoin ou suspect potentiels dans cette affaire, comme requis par la FCC.
Allysaheb Jagai avait alors demandé un Variation Order en cour pour qu’il puisse entrer en contact avec six témoins, afin d’obtenir certaines informations pour lui permettre de continuer de consigner ses Statements à la FCC. La FCC avait objecté, cela dans le but de préserver l’intégrité de son enquête, vu qu’elle devait consigner des dépositions supplémentaires auprès de ces six témoins. Dans un Ruling en date du 23 décembre 2025, la Cour avait rejeté cette requête d’Allysaheb Jagai, pour permettre à la FCC de consigner ces Statements auprès de ces témoins.
En juillet 2026, Allysaheb Jagai avait renouvelé sa requête auprès de la Cour, en demandant à ce qu’il soit autorisé de prendre contact avec quatre témoins potentiels dans cette affaire, dont son comptable, son courtier en importations, et deux partenaires d’affaires. Selon lui, ayant déjà consigné pas moins de sept Statements à la FCC, il devait impérativement prendre contact avec ces personnes pour qu’il puisse continuer de consigner d’autres Statements.
La FCC avait objecté une nouvelle fois, expliquant qu’Allysaheb Jagai devrait avant tout être confronté aux versions de ces personnes, avant de prendre contact avec eux, pour éviter toute concertation et convergence des versions.
La magistrate Chrisinta Chavrimootoo a passé en revue les actions entreprises par la FCC depuis son premier Ruling. Elle a retenu qu’aucune preuve n’ait été apportée que ce dernier ait interféré ou essayé d’interférer auprès d’un quelconque témoin dans cette affaire. La magistrate a accepté l’explication d’Allysaheb Jagai qu’il avait besoin de communiquer avec ces personnes, même si la FCC l’a confronté à leurs versions.
La magistrate a aussi expliqué qu’elle était consciente de la complexité de cette enquête, ayant trait au blanchiment d’argent, et qu’il y avait un besoin de protéger son intégrité. Elle a aussi pris note du fait qu’une personne proche d’Allysaheb Jagai avait essayé de prendre contact avec un témoin dans cette affaire.
Elle a ainsi accepté une communication limitée entre le prévenu et quatre témoins spécifiques, dont son comptable et son courtier en importations, mais cela uniquement pour que ces derniers puissent lui expliquer la teneur des documents de comptabilité ou d’importations. Il pourra aussi entrer en contact avec deux partenaires d’affaires, dont l’un pour les modalités relatives à la gestion d’un restaurant et un autre pour les modalités entourant un projet à être entrepris. Tout contact ne pourra que se faire par écrit. En outre, l’interdiction de ne pas entrer en contact avec d’autres témoins, en dehors de ces quatre-là, s’appliquait toujours.
Allysaheb Jagai avait été arrêté le 3 septembre 2025 et trois accusations provisoires de blanchiment d’argent avaient été logées contre lui. La première accusation concerne l’acquisition d’une Ford Raptor pour Rs 2 870 000 ; la deuxième concerne l’acquisition d’une BMW pour plus de Rs 4 millions ; et la troisième concerne l’acquisition de deux terrains, l’une d’une valeur de Rs 2 millions et l’autre d’une valeur de Rs 4 millions. La FCC soupçonne ainsi que l’argent ayant servi à ces acquisitions découlerait de « proceeds of crime ».

