Faire venir un père ou une mère auprès de ses enfants installés en Australie peut répondre à un besoin immédiat. Mais le visa qui permet de se retrouver aujourd’hui ne permet pas forcément de s’y établir durablement. Entre séjours temporaires, demandes de résidence permanente et longues files d’attente, les familles doivent regarder au-delà de la date du prochain voyage.
Un parent souhaite rejoindre ses enfants en Australie. Faut-il demander un visa pour quelques années ou engager d’emblée des démarches en vue de la résidence permanente ? La réponse dépend du projet familial, mais aussi de l’âge du parent, de sa situation, du statut de l’enfant en Australie et des conditions attachées aux visas. L’ordre dans lequel les demandes sont déposées peut avoir des conséquences importantes.
Quinze ans, trente-trois ans : ce que signifient ces délais
Les chiffres publiés par le ministère australien de l’Intérieur donnent la mesure de l’attente. Pour une nouvelle demande de visa de parent contributif, notamment dans les catégories 143 et 864, l’estimation actuelle est d’environ 15 ans. Elle atteint 33 ans pour les visas de parent classiques, dont les catégories 103 et 804. Il ne s’agit pas d’une date de décision promise à chaque famille : ces projections dépendent du nombre de dossiers en attente et des places disponibles chaque année.
Une demande recevable fait d’abord l’objet d’une évaluation initiale. Si elle satisfait aux critères essentiels, elle reçoit une date de mise en file d’attente. Son examen final intervient plus tard, lorsqu’une place se libère. À titre de repère, au 31 mai 2026, les dossiers de parents contributifs libérés pour examen final remontaient jusqu’à novembre 2018 ; pour les catégories classiques, les dates de mise en file remontaient à 2014. Ces repères montrent où en sont les files existantes, sans permettre de calculer le délai personnel d’une demande déposée aujourd’hui.
Le visa 870 permet de se retrouver, pour un temps
Pour une famille qui souhaite avant tout passer plusieurs années ensemble, le visa temporaire de parent parrainé 870 offre une autre possibilité. Il autorise un séjour de trois ou cinq ans par visa, avec la possibilité de présenter d’autres demandes dans la limite d’un séjour cumulé de dix ans. Il ne conduit toutefois pas, à lui seul, à la résidence permanente.
C’est un point à examiner avant de déposer la demande. Selon les règles publiées par le ministère, un parent qui a demandé ou détient un visa 870 ne peut pas, dans cette situation, demander un visa de parent permanent ou temporaire d’une autre catégorie. Le 870 ne peut donc pas être considéré comme une étape que l’on transformera librement, quelques années plus tard, en résidence permanente. À l’inverse, une demande de résidence permanente déjà déposée ne garantit pas, à elle seule, qu’un visa 870 pourra ensuite être obtenu pendant l’attente : chaque demande doit satisfaire à ses propres conditions.
Pour les parents âgés qui envisagent une demande depuis l’Australie, le visa utilisé pour entrer dans le pays mérite la même attention. Certains visas de visiteur comportent la condition 8503, « No Further Stay », qui empêche généralement de demander de nombreux autres visas depuis le territoire australien. Une dérogation peut être sollicitée, mais elle n’est pas automatique. Les conditions du visa accordé doivent donc être vérifiées dans la lettre d’octroi ou dans VEVO avant d’organiser la suite.
Préparer un parcours, pas seulement un départ
La question à poser est simple : la famille cherche-t-elle à organiser un séjour de quelques années, ou à permettre au parent de vivre durablement en Australie ? Viennent ensuite les vérifications concrètes : le parent remplit-il les critères du visa envisagé ? Où doit-il se trouver pour déposer sa demande ? Son visa actuel comporte-t-il une restriction ? Quelles démarches ont déjà été engagées ? Et où pourra-t-il vivre légalement pendant l’attente d’une éventuelle décision ?
Si un dossier de parent est déjà en cours, il faut conserver les courriers du ministère, retrouver sa catégorie et sa date de mise en file lorsqu’elle a été attribuée, puis répondre aux demandes de documents reçues. Les tableaux officiels permettent de suivre l’avancement général des files ; ils ne donnent pas une prévision individuelle fiable.

Le choix judicieux d’un vrai professionnel de l’immigration
De la première demande de visa à la citoyenneté australienne

Les démarches d’immigration en Australie se construisent souvent sur plusieurs années. Évaluation des qualifications, examens d’anglais, demandes de visa, résidence permanente : chaque étape peut apporter de nouvelles exigences, mais aussi des périodes d’attente difficiles à vivre pour les familles.
Cette incertitude se retrouve dans les demandes de visa pour les parents. Le ministère australien de l’Intérieur indique qu’en raison du nombre de dossiers, il ne répond pas aux demandes individuelles qui portent simplement sur l’état d’avancement d’une demande. Les familles doivent donc conserver les courriers reçus et répondre aux demandes de documents lorsqu’elles leur sont adressées, sans pouvoir nécessairement obtenir une prévision propre à leur dossier.
Le choix d’un visa mérite aussi d’être envisagé dans la durée. Au-delà de la possibilité de faire venir un parent aujourd’hui, il faut examiner la longueur du séjour souhaité et les possibilités que ce premier choix laissera ouvertes dans cinq, dix ou quinze ans. C’est sur cette chronologie que chaque situation familiale gagne à être étudiée avant le dépôt d’une demande.
Les témoignages de Mauriciens accompagnés dans leurs démarches rappellent toutefois que les délais et les formalités ne racontent qu’une partie de l’expérience. L’un d’eux décrit un parcours commencé en 2015 avec Andy Ellen et son équipe : visa de migration qualifiée, évaluation des qualifications, visas transitoires, demandes de parrainage par un État, examens d’anglais, puis résidence permanente et citoyenneté australienne obtenue. Il évoque les moments de doute traversés au fil de ces onze années, ainsi que l’utilité de conseils clairs pour comprendre les démarches et faire face aux contretemps.
Andy Ellen est Senior Immigration Consultant chez Aitken, à Melbourne. Il peut être joint au (03) 8583 7070 ou à aellen@aitken.com.au.

