— « J’ai été élu pour défendre les intérêts de la population, pas ceux du gouvernement »
— « Le fait d’abaisser l’âge de la responsabilité de 14 à 12 ans va pousser les trafiquants de drogue à baisser, eux aussi, l’âge de leurs revendeurs ! »
— « Le peuple ne veut plus entendre parler d’avant 2024, il veut savoir ce que le gouvernement fait aujourd’hui, ce qu’il prépare pour demain »
Notre invité de ce dimanche est le député Sydney Pierre, Junior Minister révoqué pour avoir voté contre les nouvelles dispositions de la pension de vieillesse et qui vient de démissionner du PTr pour siéger dans les rangs de l’opposition parlementaire. Avant de rejoindre les rangs du FMP comme cela a été annoncé hier, samedi, alors que ce n’était pas encore le cas pendant l’interview réalisée jeudi matin.
O Comme dit la chanson, est-ce que vous êtes « libéré, délivré » depuis que vous avez démissionné du PTr ?
— Je dirai que je suis en paix avec moi-même et avec ma conscience.
O Pourquoi un businessman prospère et le fils d’un die-hard MMM, après un long passage au PMSD de Gaëtan Duval, s’est-il engagé en politique, en 2022, en intégrant le PTr ?
— Après les déboires de mon père avec le PMSD de Gaëtan Duval avant qu’il ne rejoigne le MMM en 1971, je ne voulais pas faire de la politique et me suis concentré sur ma carrière professionnelle, que j’ai réussie, et j’ai même été président de plusieurs organismes, dont la MTPA. En fait, je suis entré en politique en 2017 après une rencontre avec le Dr Navin Ramgoolam. Une rencontre déterminante. J’ai failli être candidat travailliste au Numéro 14 pour les élections de 2019, mais cela ne s’est pas fait.
O En 2024, avec l’Alliance du Changement, vous êtes candidat au Numéro 19 après avoir été pressenti au Numéro 14…
— C’est vrai que j’ai travaillé la circonscription Numéro 14 pendant quelques années, mais les conditions politiques ayant changé, avec le retrait du PMSD de l’Alliance, j’ai été envoyé au Numéro 18, puis finalement au Numéro 19, à la demande de Paul Bérenger.
O Vous avez été élu et nommé Junior Minister au Tourisme avant de refuser de voter avec le gouvernement. Est-ce qu’avant personne ne vous avait dit qu’un élu, à plus forte raison un Junior Minister, doit d’abord et avant tout loyauté et fidélité au leader et doit suivre la ligne politique de son parti et, par conséquent, doit voter en conséquence au Parlement ?
— Cela voudrait dire que le député doit soutenir toutes les décisions de son parti, sans tenir compte de ses convictions et de son libre arbitre. Je suis résolument contre ce « système ». Le serment que j’ai fait en tant que député était pour défendre les intérêts de ma circonscription, pas ceux du Premier ministre et leader du parti. C’est au député d’informer ses mandats de la situation politique et surtout des décisions importantes que se propose de prendre le gouvernement et de voter en conséquence. Surtout, comme ce fut le cas de la pension de vieillesse, des décisions ne figurant pas des les promesses du programme électoral sur lequel il a été élu. C’est pour ça que j’ai longtemps réfléchi avant de m’engager en politique, pas pour faire des compromis pour plaire à X, Y ou Z. Au nom des réalités politiques, il y a des choses que je peux accepter, mais il y a des valeurs que je ne pourrai jamais violer.
O Pendant votre brève carrière comme Junior Minister, avez-vous accepté des décisions contre vos convictions, pour ne pas dire avaler des couleuvres ?
— J’ai l’estomac trop fragile pour pouvoir avaler des couleuvres ! J’ai l’habitude de dire ce que je pense, mais le problème est qu’au gouvernement, le député ne dispose d’aucune plate-forme pour le faire que pendant les débats parlementaires. Par exemple, à aucun moment je n’ai participé aux discussions sur la pension.
O Comment est-ce qu’un Junior Minister, qui ne participe pas aux débats du conseil des ministres où les dédisions sont prises, qui ne peut ni poser des questions ni donner des réponses au Parlement, peut fonctionner efficacement ?
— Le Junior Minister peut fonctionner si son ministre en a envie, et c’est le cas dans certains ministères. J’aurais pu très bien fonctionner puisque je suis un technicien du tourisme et que le ministre, qui n’est pas du secteur, aurait pu plus faire appel à moi pour mieux faire fonctionner le ministère. Malheureusement, ça n’a pas été le cas.
O Avez-vous pu apporter votre contribution pour faire évoluer, dans le bon sens, l’industrie touristique locale ?
— J’ai fait des propositions de réforme sur la refonte de la destination, l’attribution des permis et la diversification du produit, entre autres, mais aucune d’elles n’ont été retenues et mises en pratique. Je vais bientôt poser des questions au Parlement pour savoir pourquoi.
O Qu’est-ce qui explique cette lenteur, cette incapacité à apporter des reformes, à moderniser que l’on constate dans plusieurs ministères ?
— Ce sont des questions que je me pose, tout comme la population, ce qui une des causes de sa frustration. Savez-vous, par exemple, que depuis 2023, le gouvernement a un projet avec Medine concernant l’eau qui n’a pas été ratifié, comme nous l’a révélé une question de Joanna Bérenger ? Cela amène à se demander s’il y a des choses que l’on ne sait pas, s’il existe des agendas cachés qui font que les dossiers n’avancent pas. Il semblerait qu’il y ait des intérêts obscurs qui empêchent la réalisation des projets.
O Mercredi dernier, lors d’une émission radio, vous avez déclaré qu’à un moment vous avez réalisé que « mes convictions ne correspondaient plus à la ligne politique du PTr ». Quand est-ce que vous avez réalisé cela ?
— Après ma révocation et la polémique sur la responsabilité collective, j’ai compris qu’en tant que backbencher, je ne pourrais pas voter une loi qui contiendrait des clauses contre les valeurs que je défends. Par exemple, les lois sur la National Crime Agency. Cela allait créer une situation pénible, je n’aurais pas été confortable vis-à-vis de mes amis députés qui allaient voter pour, pour des raisons qui leur sont propres et que je respecte. J’allais devenir celui qui dérange vis-à-vis du Premier ministre et du gouvernement. C’est la seule raison qui m’a fait démissionner du PTr avec la reprise du Parlement. Cela dit, comme je n’ai pas été démagogue au gouvernement, je ne le serai pas dans l’opposition, et si je trouve une loi correcte, je voterai pour, même si ça dérange mes amis de l’opposition.
O Est-ce qu’avant d’être révoqué et de démissionner vous avez eu l’occasion de dire ce que vous venez de déclarer sur les disons lenteurs du gouvernement ?
— Sans révéler la teneur des sujets, je me suis déjà exprimé lors de la réunion des parlementaires sur les orientations du gouvernement par rapport au pays et à la population. J’ai demandé une réorientation des priorités. J’ai été étonné que beaucoup semblaient ne pas entendre ce que la population dit de l’action gouvernementale. Que la population avait le sentiment que le gouvernement ne l’écoutait pas, ne l’entendait pas.
O Le gouvernement n’entend-il pas ou ne veut-il pas entendre ?
— Je pense qu’il est mal entouré et que les ministres et députés qui gravitent autour du Premier ministre ont peur de lui dire les mauvaises nouvelles et les critiques. Je pense aussi qu’on ramène trop souvent la priorité aux prochaines élections et à la réélection, alors que notre mandat est de cinq ans. Il faut rectifier le tir pour le bien du pays et je vais le faire dans l’opposition, en souhaitant qu’on mette en pratique les promesses du programme gouvernemental. L’énorme pouvoir que nous avons eu avec les 60/0 exige une grande responsabilité, car le peuple a fait savoir qu’il en avait ras le bol du gouvernement et du système précédents. Moi, un novice en politique, j’ai battu Ivan Collendavelloo, un ténor de la politique par plus de 12 000 voix d’écart parce que le peuple voulait un changement, qu’il attend toujours deux ans après les élections ! On continue à parler de ce que l’ancien régime a fait, mais quand est-ce qu’on va commencer à parler de ce qu’il faut faire et de ce qui est fait pour changer la situation ? Le peuple ne veut plus entendre parler d’avant 2024, il veut savoir ce que le gouvernement fait aujourd’hui, ce qu’il prépare pour demain. Quelle est la feuille de route, la direction ! Ce sont les causes du ras-le-bol, des manifestations. Il n’y a que Kushal, Eshan et moi qui sommes au courant de cela ?
O Vous pensez que ce que vous n’avez pas réussi à faire quand vous étiez au gouvernement, vous allez pouvoir le faire dans l’opposition ?
— Je n’ai pas cette prétention, mais je ne pouvais pas, non plus, soutenir la ligne du gouvernement. C’est à lui de décider s’il doit continuer la voie actuelle ou la modifier comme le peuple ne cesse de le demander. Il faut changer de cap, en finir l’actuel qui pointe vers l’avant-novembre 2024. Il faut que le gouvernement comprenne, une fois pour toutes, qu’il ne peut pas continuer à pointer sur les erreurs du passé. Ce n’est plus crédible.
O Abordons maintenant des sujets d’actualité, de brûlante actualité même, en commençant par la crise de l’eau. Que faudrait-il faire ?
— Je vais vous répondre par des questions que se posent les Mauriciens. Est-ce que les canaux qui alimentent Mare-aux-Vacoas sont suffisamment entretenus ou est-ce qu’ils sont obstrués ? Combien de ces kilomètres de tuyaux percés qui font perdre 60% de l’eau potable peuvent être remplacés et quand ? Est-ce qu’il existe, comme dans toute entreprise, un plan d’action pour faire face aux difficultés en consultant toutes les parties concernées pour redresser la situation ?
O C’est ce que vous auriez fait si vous aviez été ministre de l’Eau ? Vous en avez les capacités ?
— Il n’y avait pas que moi qui avais les capacités pour être nommé ministre.
O Il y aurait beaucoup de Rolls Royce qu’on a mis dans le garage du gouvernement en utilisant des Morris Minor ?
— Je ne voudrais pas utiliser des phrases que je n’ai pas prononcées. Sans nommer personne, je peux dire qu’il y a parmi les backbenchers de la majorité des pépites à qui, je l’espère, on fera appel à la faveur du remaniement. C’est l’occasion pour le gouvernement d’envoyer des signaux clairs à la population. Il faut faire le ménage à tous les niveaux et privilégier la compétence et la méritocratie pour faire fonctionner les institutions, sinon le prochain rapport de l’Audit, qui ne fait son travail que sur la base des chiffres qu’on lui soumet, ne sera qu’une copie de celle de l’année dernière.
O Un des sujets d’inquiétude des Mauriciens concerne la découverte de taux élevés de pesticides dans l’agriculture. Votre commentaire ?
— À Maurice, on prend trop à la légère les problèmes importants. Malgré les appels, les alertes des ONG, les articles de presse, on continue à faire la sourde oreille. Dans le domaine de l’agriculture, nous sommes en train de payer le prix des décisions ou des non-décisions prises depuis des années. Au vu des chiffres publiés qui font voir que le taux des pesticides a plus qu’augmenté dans certains fruits et légumes, on peut se demander si ce n’est pas cause des maladies qui affectent les Mauriciens, qui ont le sentiment qu’on va continuer comme avant, que rien ne va changer. Après ce qui s’est passé la semaine dernière dans le pays, il est impératif de changer de direction, sinon…
O Que pensez-vous de l’intention du gouvernement d’abaisser l’âge légal de la majorité pour certains délits, de 14 à 12 ans ?
— Je suis contre et je l’ai fait savoir la veille de ma démission. Le fait d’abaisser l’âge de la responsabilité de 14 à 12 ans va pousser les trafiquants de drogue à baisser, eux aussi, l’âge de leurs revendeurs ! Avec le développement technologique, les jeunes sont exposés à une série de propositions qui, si elles ne sont pas bien utilisées, gérées, encadrées, peuvent devenir des fléaux sociaux. C’est le cas de la drogue, qui est la cause de la destruction des familles. Est-ce que les jeunes qui ont suivi les émeutiers — et dont on veut diminuer l’âge de la responsabilité légale — ont encore une structure familiale, les moyens de vivre, de manger, de se maintenir en bonne santé, d’aller à l’école et dans quel type d’école ? Nous sommes tous responsables de la situation sociale actuelle, de cette faillite que nous n’avons pas su gérer et il est facile de fuir nos responsabilités en nous disant que la solution à ce problème est de ramener l’âge de la responsabilité légale de 14 à 12 ans. Une « mesure » que les Nations Unies ont qualifiée d’inacceptable et que Maurice a ratifiée. Il ne faut pas croire qu’on peut réparer une montre en apportant seulement ses aiguilles chez l’horloger, alors que c’est l’ensemble du système qui ne marche pas ! Cela fait des années que l’on fait des réformes et des assises dans le secteur de l’éducation et on continue à avoir des écoles dans certains quartiers dont le taux de réussite aux examens est de 30% ! Est-ce qu’il y a un lien entre ce taux d’échec et certains jeunes qui étaient dans la rue la semaine dernière ?
O Est-ce que ce lien existe, selon vous ?
— C’est probable. Il faut se poser la question de savoir si les conditions ne sont pas créées pour exclure une partie de la population du système. Si c’est le cas, cette exclusion est dangereuse, à tous les niveaux, pour la société et le pays. Pour la combattre, il ne faut pas se contenter de nettoyer chez soi en ignorant ce qui se passe dehors. Avec l’abaissement de l’âge des jeunes, on n’attaque pas le problème social à la racine, on se contente d’élaguer quelques branches visibles. Les problèmes de Camp Levieux et des quartiers dits difficiles ne datent pas d’hier matin et on ne s’est pas penché dessus en profondeur, on a regardé ailleurs. Plus de répression va augmenter la frustration et amener plus de dérapages et de violence.
O Est-ce que vous pensez, comme le Premier ministre l’a dit en citant des rapports de la police, que les émeutes ont été organisées par les barons de la drogue ?
— Dans ce qui s’est passé la semaine dernière, il y a eu d’abord des manifestants, puis des gens qui ont profité de la situation : des voleurs, des casseurs et aussi des toxicomanes. Est-ce qu’il y a eu la main des barons de la drogue dans tout ça ? L’enquête devrait nous le dire. Pour en revenir au problème de l’eau, il n’est pas possible, pas acceptable qu’en 2026 des robinets ne coulent pas dans certains quartiers, pendant que les grandes entreprises fructifient et affichent des profits…
O Indécents par rapport à la situation que nous sommes en train de décrire…
— … je n’utiliserai pas le même terme que vous, mais la population ne comprend pas cette situation. Si l’ensemble du pays était dans la même situation, on l’aurait accepté, mais ces disparités qui augmentent sont inacceptables. Prenons l’exemple des artistes qui se produisent dans les hôtels et qui n’ont pas pu travailler pendant le couvre-feu, des artistes pour qui aucune compensation n’est prévue, alors que les hôtels continuent à afficher des profits. Nous ne pouvons pas nous enfermer dans nos petits ghettos bien protégés et ignorer volontairement ce qui se passe à côté. Les Mauriciens sont aussi responsables de cette situation, car ce sont eux qui élisent ceux qui vont former le gouvernement. Ils doivent donc choisir des candidats sur leurs capacités, leur parcours, leur engagement au lieu de ratifier automatiquement ceux que les partis politiques ont choisis. Il est temps que les Mauriciens passent un bon coup de Kärcher sur la politique, sinon rien ne changera.
O Vous pourriez être victime de ce changement de méthode de sélection des candidats…
— Je ne me réveille pas tous les matins en me demandant comment faire pour me faire réélire en 2029. J’ai été élu pour représenter mes mandants et je vais le faire au mieux de mes capacités. Si en 2029 ils estiment que j’ai fait mon travail, ils voteront pour moi, sinon…
O Est-ce que sa dépénalisation ou sa légalisation est une solution au problème de la drogue dans le pays ?
— Sans dévoiler les conversations que j’ai eues, je dois dire que j’ai l’impression que certains ont baissé les bras sur le combat contre la drogue. On tourne en rond avec les comités interministériels, les forums et autres ateliers sur la drogue. On a changé de directeur de la NADC, mais malgré sa bonne volonté, on continue à tourner en rond. Pour moi, le vrai problème ce n’est la drogue, mais le financement des partis politiques. Si nous attaquons sérieusement ce problème, la corruption va diminuer, comme le problème de la drogue. Pour en revenir à votre question, il faut décider s’il faut légaliser ou dépénaliser en tenant compte des possibles implications de l’option retenue et arrêter de tourner en rond. En arrêtant de ramener le problème au gandia et aux synthétiques, en oubliant l’autre drogue qui fait autant de ravages : l’alcool.
O Passons au tourisme. Est-ce les émeutes — et le fait que deux des émeutiers ont été accusés de terrorisme — peut avoir une influence négative sur le secteur touristique ?
— Tout soulèvement a une répercussion sur l’image de Maurice. Je pense que la destination Maurice est assez résiliente, mais il ne faut pas se reposer sur ses lauriers. Comme l’a écrit un journaliste, « nous faisons bien, mais pas suffisamment pour continuer sans reformes. » Nous avons profité de la situation dans le Golfe, dans la mesure où les avions desservant nos principaux concurrents ont été lourdement affectés et les tours opérateurs nous ont envoyé leurs clients. Il faut analyser nos six principaux marchés pour les redynamiser et, avant de parler de rebranding, revoir le produit et sa diversification ; où construire les prochains hôtels alors qu’on nous annonce des menaces sur les plages ; que faire des demandes pour le secteur informel de l’industrie. Il faut reformer, diversifier le produit avant de faire son rebranding en évitant d’adopter un slogan. Il faut aussi se poser la question de savoir si le touriste apporte de la valeur ajoutée au pays alors qu’aujourd’hui une partie de son hébergement, son avion et possiblement ses déplacements dans le pays, ont été payés à l’étranger.
O Plus on vous écoute, plus on se dit qu’en fin de compte, vous n’avez pas les capacités politiques pour faire partie d’une majorité gouvernementale à la mode mauricienne…
— C’est vous qui le dites et je le prends comme un compliment.
O Vous avez choisi de vous asseoir au Parlement aux côtés des trois membres du FMP. Vous avez déjà fait enlever le logo du PTr de l’enseigne de votre bureau. Pourquoi ne pas adhérer tout de suite au FMP où, comme le répète Paul Bérenger, vous êtes le bienvenu ?
— C’est probablement une chose qui va se faire. La décision de siéger dans la même rangée a été prise pour nous permettre de travailler ensemble sur une série de dossiers. Comme j’ai déjà dit et répété que je veux travailler pour la population, il est évident que je dois le faire avec ceux qui sont déjà engagés dans cette voie et je souhaiterais même que toute l’opposition parlementaire travaille ensemble.
O Comment vous sentez-vous en tant que démissionnaire du PTr en train d’aller vers le FPM, ce que certains pourraient qualifier d’acte de transfugisme ?
— Qui dans la situation actuelle est le vrai transfuge ? Est-ce un député qui défend ses convictions qui sont aussi celles de ses mandants ? Est-ce un gouvernement qui ne suit pas le programme sur lequel il a été élu ? Est-ce que ce sont des députés qui votent au Parlement pour le gouvernement et contre ce qu’ils avaient promis à leurs mandants ? En votant non, en démissionnant du PTr, j’estime avoir été fidèle à la responsabilité que mes mandants m’ont confiée en m’élisant. J’aimerais aussi dire que je pourrais aller plus loin dans cette démarche en démissionnant du Parlement. Je ne le fais pas pour ne pas provoquer une élection partielle avec ce qu’elle comportera de coûts et de coups au pays, dans le contexte actuel. Pour en revenir à votre toute première question, je ne suis ni libéré ni délivré, mais je suis en paix avec ma conscience et à l’aise dans l’opposition.
O Plus que vous ne l’étiez au gouvernement ?
— Totalement !
Jean-Claude Antoine

