Humeur — Questions d’actualité

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En sus de participer aux débats et de voter des lois, le travail du député est d’obtenir des réponses aux questions que se posent ses mandants sur l’action du gouvernement à travers lui. Mais alors, pourquoi est-ce que, de plus en plus, des députés de la majorité gouvernementale posent des questions aux ministres pour ensuite les retirer avant qu’elles ne soient répondues ? Est-ce parce que le gouvernement se rend compte, lors de la réunion des parlementaires de la majorité, que certaines réponses peuvent être embarrassantes, comme celle sur la MBC qui a été retirée et jamais plus reposée. Puisque la liste des questions est rendue publique, il serait intéressant d’établir quelles sont celles qui sont retirées. Il y a les questions que l’on retire, mais aussi celles auxquelles on prend du temps d’y répondre. Il aura fallu six mois et plusieurs relances pour que Joanna Bérenger obtienne une réponse sur le scandale de la Silver Bank qui a affecté des dizaines de Mauriciens et des institutions gouvernementales qui ont perdu, en gros, plus de 8 milliards de roupies. Et malgré cela, aucun coupable n’a été identifié, aucune accusation formelle faite, et le Premier ministre, qui a utilisé les termes de complot et de fraude dans sa réponse, refuse l’institution d’une commission d’enquête sur ce que certains qualifient de « plus grosse perte enregistrée par une compagnie mauricienne. » Pourquoi ? Au Parlement, il y a des questions que l’on retire mais aussi celles dont le contenu des réponses oblige à se poser d’autres questions.

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Arvind Boolell semble vouloir ravir à Patrick Assirvaden le titre de ministre le plus impopulaire du Gouvernement du Changement. Quelques-unes de ses récentes déclarations et initiatives vont dans ce sens. Il a retiré son projet de loi sur les Wetlands parce qu’il n’était pas complet et devait être retravaillé. Ce n’est qu’après l’avoir présenté au Parlement en première lecture qu’il s’en serait aperçu. De quoi se demander si, dans son ministère, ce n’est qu’après la première lecture d’un projet de loi au Parlement que l’on en fait une lecture approfondie ? Sur la question de la surutilisation des pesticides qui inquiète avec raison le pays, compte tenu d’un rapport alarmant publié en juin dernier, les tentatives d’explications du ministre n’ont pas convaincu et encore mois rassuré. Il semblerait que le ministre pense qu’il est essentiel pour lui de se faire entendre et que pour occuper l’espace médiatique, il faut absolument lancer des initiatives. Sans se préoccuper de savoir si une mise en pratique suit l’annonce.

La meilleure illustration de cette méthode réside dans le lancement du projet qui devait régler, une fois pour toutes, le problème des chiens errants dans le pays. C’est après l’annonce en fanfare du projet qu’on a découvert qu’il n’y avait pas assez de cliniques vétérinaires du gouvernement dans le pays pour accueillir les propriétaires des chiens qui devaient faire enregistrer et « pucer » leurs animaux. Comme exigé par les nouveaux règlements. De longs mois après, les chiens errants continuent à envahir, souvent en meutes, les villes, les villages et les plages. En continuant à croître et à se multiplier…
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Le nouveau leader de l’Opposition n’était visiblement pas préparé à exercer la fonction dont il a hérité avec la démission de Paul Bérenger du gouvernement puis du MMM, et la formation du FMP. Fonction dont il a hérité surtout pour son appartenance communale, assurent les adversaires de la nouvelle formation politique. C’est vrai qu’au départ, Joe Lejongard, le précédent Leader de l’opposition, avait un peu tâtonné avant de prendre ses marques. Mais une fois la période de rodâge passée, il a pris sa vitesse de croisière et fait du question time premier ministériel ce qu’il doit être : un moment fort de la vie parlementaire au cours duquel le PM doit rendre des comptes à la nation, à travers les questionnements du Leader de l’opposition.

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En tant que parlementaire de l’opposition, Adrien Duval a aussi bien fait son travail et a interpellé sans relâche les ministres. À eux deux , contre une écrasante majorité, ils ont réussi à faire exister une opposition terriblement minoritaire. Visiblement, le nouveau Leader de l’opposition est encore en train de faire sa dentition, ce qui explique que lors des questions au PM sur les récents incidents à Camp Levieux, c’est Adrien Duval qui a le mieux cerné la question et obtenu certaines réponses. Si l’opposition veut exister face à la majorité qui semble bien décidée à appliquer la loi du nombre et des décibels – comme on l’a vu, mardi dernier, avec la Chief Whip du gouvernement –, elle gagnerait à mieux préparer les interventions et les relances de son Leader qui est aussi celui de l’ensemble de l’opposition en expansion. Une meilleure coordination pour obtenir des réponses du gouvernement sur son action – et ses mauvaises décisions – s’impose.
Jean-Claude Antoine

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