L’attente peut durer plusieurs heures, alors que certains médicaments sont en rupture de stock

Durant les deux mois de confinement, de nombreux patients n’ont pu se rendre à l’hôpital Victoria, à Candos, pour prendre leurs médicaments habituels. Mais avec le déconfinement partiel, initié depuis une dizaine de jours, et les rendez-vous qui reviennent petit à petit à la normale dans le service hospitalier, c’est la ruée vers les pharmacies des hôpitaux pour les médicaments. Sauf que, depuis quelques jours, c’est la pagaille et l’exaspération chez les patients de l’établissement de Candos, qui passent des heures dans de longues files d’attente. Sans compter que certains médicaments ne seraient pas disponibles.

Les longues files d’attente devant les comptoirs de l’hôpital de Candos constituent un problème qui, certes, perdure depuis des années, mais la situation actuelle a eu pour effet de voir arriver des foules de patients et il semble que les pharmaciens n’arrivent plus à gérer. Depuis des jours, la situation est même devenue irritante pour certains patients, qui se retrouvent à attendre des heures pour prendre leurs médicaments. Étant autorisées à ne sortir que par ordre alphabétique, selon certains jours donc, ces personnes disent n’avoir d’autre choix que d’attendre des heures avant d’être servies.

Durant les deux mois de confinement, beaucoup n’ont ainsi pu se rendre à l’hôpital alors que d’autres, eux, ont préféré acheter leurs médicaments dans les pharmacies privées du pays. « Il y a des médicaments que nous devons prendre tous les jours, sans faute. On a fait un effort pour les acheter en pharmacie durant ces deux mois, mais c’est tout un budget. Et là, il faut attendre pendant des heures devant le comptoir. En plus, certains médicaments sont en rupture de stock », déplore un habitant de Vacoas, patient de la Cardiac Unit de l’hôpital de Candos.

Pour corser le problème, tous les guichets ne seraient pas opérationnels, sans compter que certains signalent un manque d’effectif. Les pharmaciens n’arriveraient plus à gérer, selon des patients. Raison pour laquelle il est conseillé au public de se diriger prioritairement vers le centre de santé de plus proche de leur domicile pour les cas mineurs, au lieu de venir à l’hôpital, réservé aux traitements urgents et autres spécialités. Le problème, c’est que c’est justement dans ces derniers cas que l’attente est interminable.

D’autre part, bien des patients reçoivent la visite mensuelle de médecins du service public, leurs proches doivent récupérer les médicaments à la pharmacie des hôpitaux. On souligne d’ailleurs qu’il n’y a aucune provision pour cette catégorie de patients, qui sont en général des personnes âgées ou handicapées, et actuellement, c’est le même comptoir qui se charge des médicaments pour différents types de patients. « Il est malheureux de devoir absolument se rendre à l’hôpital même pour prendre ces médicaments, car ils ne sont pas disponibles dans les Area Health Centres. Ces médicaments doivent être récupérés à l’hôpital Victoria », disent-ils.

Les patients sous dialyse subissent eux aussi un calvaire depuis le confinement. Outre leur lourd traitement, ils éprouvent aussi des difficultés avec leurs médicaments. Même scénario pour ceux qui ont subi une transplantation. Le service public est en effet le seul à offrir des médicaments destinés à ceux qui se sont fait greffer des organes, que ce soit à Maurice ou à l’étranger. Et ces médicaments sont si onéreux qu’ils ne sont généralement pas à la portée de ceux en ayant besoin, ceux-ci ne pouvant alors compter que sur le service hospitalier pour se les procurer. Autant dire que dans le contexte actuel, ces patients se retrouvent dans une situation d’autant plus difficile. Raison pour laquelle les patients de l’hôpital de Candos lancent un appel au ministère afin de « mettre de l’ordre dans le système de distribution des médicaments » dans les pharmacies.