Alors qu’un millier de mineurs entrés illégalement sur le territoire espagnol sont toujours présents à Ceuta, le président de l’enclave a « appelé au secours » mercredi, une semaine après le début de la crise, alertant sur des centres d’accueil déjà bien au-delà de leur capacité d’occupation.
La situation des mineurs qui sont restés à Ceuta dans la foulée de l’entrée illégale de plus de 70 000 migrants la semaine dernière est « intenable », a alerté mercredi 5 août le dirigeant de l’enclave espagnole située sur la côte nord-africaine, Juan Jesus Vivas, demandant de l’aide au reste de l’Espagne.
« Le taux d’occupation des centres d’accueil pour mineurs de Ceuta est de 2 600 % au-dessus de sa capacité critique », a déclaré Juan Jesus Vivas lors d’une interview à la télévision publique espagnole, estimant à environ 1 100 le nombre de mineurs présents dans la ville autonome, dans des conditions très précaires.
« La situation est absolument intenable », a mis en garde ce membre du Parti populaire (PP, droite), la principale formation d’opposition au gouvernement de gauche de Pedro Sanchez.
« Aucun espace supplémentaire »
Des groupes de jeunes migrants continuaient à errer dans les rues de Ceuta mercredi, se rassemblant dans les parcs et sur les plages tandis que les autorités s’efforçaient de les identifier et de les prendre en charge, a constaté un journaliste de l’AFP.
Ceuta « ne dispose d’aucun espace supplémentaire » pour prendre en charge ces mineurs, une « priorité », a averti de son côté le préfet de la ville, Miguel Angel Pérez Triano.
Selon lui, la police espagnole a déjà procédé à l’enregistrement de 528 enfants, redirigés ensuite vers des centres d’accueil.
L’ONG Save the Children avait alerté dès lundi sur la saturation de ces centres, rappelant que « le système de protection de la ville prend actuellement en charge environ un millier d’enfants, un chiffre bien supérieur à sa capacité d’accueil, qui ne compte qu’une centaine de places ».
Juan Jesus Vivas a, lui, demandé l’aide du reste de l’Espagne pour faire face à la situation des mineurs : « Nous appelons au secours », a-t-il lancé.
Réticence de plusieurs régions
Conformément à la législation espagnole, le reste des régions doit contribuer à l’accueil de mineurs venant de zones en situation de tension. Mais cette loi se heurte dans les faits à la réticence dans plusieurs régions du PP et de Vox (extrême droite).
Le PP et les gouvernements régionaux qu’il dirige « doivent respecter la loi au même titre que les autres », a rappelé à la télévision le premier vice-président du gouvernement espagnol, Carlos Cuerpo.
De son côté, Juan Jesus Vivas a affirmé avoir contacté le 27 juillet les services de Pedro Sanchez pour « avertir » que des centaines de migrants étaient entrés à Ceuta et que « nous allions au-devant de graves problèmes ».


