Éducation | Commémoration des 104 ans de l’Arsenal GS Le PM : « Rien n’est vraiment gratuit… »

– Souhait exprimé : nouveau mandat pour pouvoir réparer les dégâts du précédent gouvernement

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104 ans, ce n’est pas un simple anniversaire. C’est 104 ans d’engagement. Ce sont plus de 100 années engagées dans l’éducation des enfants. C’est en ces termes que le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a résumé la célébration du 104e anniversaire de l’école gouvernementale d’Arsenal. Il est d’avis que derrière, il est question de toute une série d’efforts mis en place pour faire avancer une population. Il a établi le parallèle avec les 90 ans du PTr récemment célébrés, faisant ressortir que derrière ces années d’engagement figurent de nombreux pionniers qui, malgré les critiques, les hauts et les bas, n’ont pas baissé les bras et n’ont pas dévié de leur vision.
Le Premier ministre est revenu sur l’éducation gratuite à Maurice, œuvre de Sir Seewoosagur Ramgoolam, en 1977. « À l’époque, les parents n’avaient pas les moyens d’envoyer les enfants à l’école, et ceux, qui en avaient, privilégiaient l’éducation des garçons. Mais avec SSR, cela a changé, cela a donné l’opportunité à plus de personnes d’avoir accès à l’éducation », a-t-il souligné, non sans faire ressortir qu’ensuite, pour que tous puissent vraiment accéder à l’éducation gratuite, le transport, sous son gouvernement, a été rendu gratuit. « L’éducation, c’est la clé pour l’avancement, mais c’est surtout la clé pour l’inclusion, c’est la réponse contre l’exclusion », maintient-il.
Navin Ramgoolam est revenu sur l’exemple de son père, qui n’avait qu’un œil, donc un handicap. Mais grâce à l’éducation, il est parvenu à diriger le pays. « C’est un exemple que rien n’est impossible dans la vie », dit-il. Dans ce contexte, il a aussi fait état de la nomination d’Arianne Navarre-Marie en tant que Deputy Prime Minister. « Il faut cependant de la volonté, de l’effort, de la persévérance et de la détermination », dit-il, appelant les élèves à être aussi curieux, car la curiosité démontre l’intérêt et pousse à apprendre et à lire.
À ce propos, le Premier ministre a exprimé sa tristesse de voir que les jeunes, surtout, s’intéressent davantage aux téléphones. Son souhait, si demain Dieu le lui demandait, dit Navin Ramgoolam, serait que l’on détruise tous les portables. « Se enn pwazon sa. Ek sirtou kan nou gete, nou trouv tou kalite foste ki sirkile », estime-t-il, s’insurgeant des choses fausses qui paraissent sur lui. « Me mo pa pran kont. Parski mo res focussed. Mo res focussed lor seki nou oule fer pou nou pei », avance-t-il. Abordant les critiques au regard de l’âge de la pension, il déclare : « zordi mo pa kone ki dimounn pa kontan ? Mo kone ! Me ki pou fer. Revwar parski nou pou vinn inpopiler ? Non ! Nou finn fer sa parski nou le sov le pe. »

Le chef du gouvernement a regretté que « zordi dimounn pa kone ki ve dir Basic Economics ». Du fait, a-t-il mis en exergue, que la population a été habituée « à gagner ». Or, insiste-t-il, à la base même de l’économie, il est dit que « There Ain’t No Such Thing As A Free Lunch ». Et cela veut tout dire, dit-il, insistant que rien n’est jamais vraiment gratuit dans la vie et qu’il y a un coût caché. Son gouvernement aussi pourrait donner – « Demin mo si mo kapav al labank santral, mo dir pret tan, mo donn popilasion. Me sa det-la, kouma pey sa ? Kouma pou fer devan ? », dit-il, réitérant sa détermination « pou met lord kot ena dezord ».
Par ailleurs, le chef du gouvernement s’est appuyé sur le scandale de la Maubank avec le prêt de Rs 675 millions accordé à Kuros Construction Ltd par l’ancien régime, dénonçant en outre que ce prêt était garanti par un terrain domanial de 15 arpents à Bel-Ombre, appartenant à l’État et non au promoteur.
« Ou kapav ena bel degre, me pena ledikasion », avance-t-il, exhortant les élèves à prendre la mesure de leurs actes. « Avec les dégâts causés par l’ancien gouvernement, mo pou bizin demann enn lot manda sa », a-t-il indiqué faisant ressortir qu’un seul mandat ne suffira pas pour redresser le pays.
Et c’est pour inculquer de nouveau les valeurs que le gouvernement revient prochainement avec le projet NICE (National Integration and Civic Education), soit l’éducation civique pour les jeunes adolescents. Ce programme avait été abandonné en 2014 par le précédent gouvernement, une erreur selon Navin Ramgoolam. Il compte sur l’expertise singapourienne pour remettre ce projet à jour dans les écoles et même renforcer le champ d’action, avec d’autres thèmes, notamment le camping, la protection de l’environnement, le gaspillage, entre autres. S’il est vrai qu’il est nécessaire de beaucoup se cultiver, de lire et d’être curieux, il demande aux jeunes élèves de ne pas se laisser influencer. « Servi zot lespri », fait-il comprendre.
S’appesantissant sur le parcours de l’école gouvernementale d’Arsenal, Navin Ramgoolam a exprimé sa fierté de voir les progrès accomplis par l’établissement, qui est passé de 45 % de taux de réussite en 2024 à 77 % en 2025. « C’est l’œuvre des élèves, de la rectrice, des enseignants et des parents », a-t-il affirmé, félicitant l’école pour sa performance au fil des années. Outre une remise de trophées aux meilleurs élèves du dernier examen de PSAC et le lancement du magazine-souvenir de l’école, il a par la suite procédé à une visite de l’école, s’attardant dans le bâtiment initial de l’établissement datant de 1922, remis à jour pour l’épanouissement des élèves, qui peuvent y effectuer des activités de créativité. Il a ensuite mis en terre une Trochetia, symbole de résilience et de résistance.
Auparavant, le ministre de l’Éducation, Mahend Gungapersad, avait aussi félicité l’établissement scolaire pour son parcours, notamment son taux de réussite aux derniers examens de PSAC. Il a exhorté les élèves à continuer sur la bonne voie, évoquant aussi la nécessité de combattre « de-trwa problem auxquels les établissements scolaires font face, notamment le bullying, la drogue et la violence.
D’autre part, interrogé par la presse à l’issue de la cérémonie à l’effet que le leader du PMSD Xavier-Luc Duval a soutenu mardi, qu’il s’agirait du « budget de la dernière chance pour le gouvernement », Navin Ramgoolam a rétorqué que « a mo konesans mo ena 5 ans. » Quant à la date du prochain exercice budgétaire, il dira que ce sera en temps et lieu.

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