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– L’Union des étudiants accueille favorablement la décision après des semaones d’incertitudes

Après plusieurs semaines d’incertitudes au niveau des examens pour les étudiants en dernière année, l’Université de Maurice (UoM) a finalement tranché. Les examens auront lieu en juillet et août. Si cette décision est accueillie favorablement, certains étudiants ne cachent néanmoins pas leurs appréhensions.

Dans une lettre adressée aux étudiants en début de semaine par la Registrar de l’institution tertiaire de Réduit, il est annoncé que les examens de dernière année se tiendront pendant un mois, soit du 6 juillet au 7 août. Cette décision, lit-on, a été prise après les projets de loi votés à l’Assemblée nationale et le feu vert obtenu de la part des autorités concernées, et fait suite à la recommandation du Senior Management et l’aval du président du sénat. Selon la lettre, les examens ne dépasseront pas la durée de deux heures, et ce, dans l’intérêt des étudiants. Conscient des problèmes de transport durant cette période, il a été décidé que les examens débuteront après 10h30. En ce moment, l’administration de l’UoM travaille sur le calendrier pour la tenue de ces examens.
Selon un membre de l’administration à l’UoM, le sénat se réunira le 27 de ce mois pour discuter des dispositions à prendre pour que les examens se fassent dans les meilleures conditions, tout en respectant toutes les consignes de sécurité. « Le sénat se réunit dans quelques jours et nous déciderons des procédures à appliquer », explique notre source. Les quelques points qui ont déjà été approuvés devront être validés lors de cette réunion.

« Une décision réfléchie »

Au niveau de l’Union des étudiants, cette décision du sénat d’avaliser la tenue des examens pour les étudiants de dernière année est accueillie favorablement. « La décision de maintenir les examens pour les étudiants de dernière année est une décision réfléchie, qui évite de remettre en question le niveau de notre système éducatif », explique le secrétaire de l’Union des étudiants, Mervyn Courtaud, au Mauricien. Selon lui, même si plusieurs universités à travers le monde ont adopté d’autres mesures pour éviter les examens écrits, l’UoM, elle, a jugé judicieux de poursuivre avec les examens dans un cadre professionnel et qui respecte strictement les protocoles sanitaires nationaux. À travers ces examens, le secrétaire de l’Union des étudiants est d’avis que la « Quality Assurance » et la crédibilité des programmes de l’UoM seront respectées.
Toutefois, selon lui, cette décision de l’UoM est aussi source « de beaucoup de critiques et d’inquiétudes » de la part des étudiants, des parents et des chargés de cours. « Il y a beaucoup de points très importants qu’il faut considérer face à ce grand défi qu’est la tenue des examens pour que nous puissions restaurer notre éducation », dit-il. Pour lui, il est « crucial » pour l’UoM de prendre en compte les mesures nationales. La décision de débuter les examens à 10h30 est « très importante », estime-t-on, étant donné que les étudiants habitent aux quatre coins du pays. « Il faut s’assurer que les étudiants habitant aux quatre coins de Maurice puissent arriver à temps aux examens. Les autobus doivent également être disponibles pour eux », dit-il. À noter que la durée des examens a été réduite d’une heure, passant de trois heures à deux heures par papier. En outre, le port du masque demeure obligatoire, même en salle d’examens. Pour le secrétaire de l’Union des étudiants, certains étudiants sont « claustrophobes » et porter un masque pendant deux heures « pourrait aggraver leur situation ». Il poursuit : « Je pense que des mesures doivent être prises pour eux. »
Les examens, ajoute-t-il, ne peuvent se tenir que dans les salles désinfectées. « Les mesures sanitaires doivent être adoptées au niveau de l’infrastructure. Les salles de classe doivent être nettoyées et la distanciation physique entre les étudiants, assurée », dit-il. Et pour éviter un surpeuplement des étudiants durant les examens, il suggère que le calendrier soit travaillé « de façon à éviter à ce qu’il y ait trop de monde ». Autre point qu’il considère important : s’assurer que le contenu des papiers d’examens couvre tout le syllabus parcouru. Cela donnera ainsi l’occasion aux étudiants de mieux se préparer au niveau des révisions, dit-il, en sus que de permettre une correction « plus fluide » des papiers d’examens.
Depuis que la question de la tenue des examens est discutée, Mervyn Courtaud soutient que l’Union des étudiants « a travaillé sur des plans pour défendre les intérêts des étudiants ». De plus, pendant la période de confinement, il soutient avoir envoyé ses propositions à l’administration, auprès de laquelle il a « toujours évoqué la devise, qui est de positionner l’UoM comme une université engagée dans la recherche et ayant l’esprit d’entreprendre ». Avant que les procédures pour la tenue des examens ne soient connues, Mervyn Courtaud dit rester positif. « Je reste positif sur le fait que l’université, comme toujours, assurera sa part de responsabilité en prenant des décisions holistiques, car dans les années à venir, l’histoire retiendra ces décisions ou initiatives, ainsi que leurs conséquences », dit cet étudiant. Par ailleurs, il se réjouit que l’UoM se soit « adaptée face à la crise sanitaire » provoquée par le coronavirus en offrant ses cours en ligne « pour que les étudiants puissent continuer leurs études ».

Craintes parmi les étudiants

Ils sont en dernière année à l’UoM et leurs examens approchent à grands pas. Ne croyant pas que l’UoM allait maintenir les examens, ils se disent quand même inquiets s’agissant de la manière dont les examens seront tenus. « Nous avons appris que les examens seront maintenus. Nous accueillons favorablement cette décision de l’institution, mais nous ne savons pas comment ces examens seront tenus. Serons-nous tous dans une même salle ? » se demande une étudiante de troisième année de la faculté des Sciences sociales. Mais pour elle, la plus grosse frayeur demeure la question du transport. Elle espère ainsi que l’UoM « trouvera les moyens pour que les étudiants ne soient pas pénalisés » étant donné qu’il faudra que les autobus respectent aussi les consignes de ne pas prendre trop de passagers.
Cette crainte est aussi exprimée par un autre étudiant, qui habite un petit village du nord du pays. Ce dernier explique ainsi qu’il doit prendre deux autobus pour se rendre à l’UoM en temps normal. Mais n’ayant personne pouvant le déposer à l’université durant la période d’examens, il dit espérer lui aussi que les autobus seront « un peu plus abondants » pour qu’il puisse arriver à l’heure. Le jeune homme dit aussi espérer que les mesures de sécurité qui seront appliquées par l’UoM seront « unanimement acceptées, car c’est la première fois que les examens se dérouleront dans un contexte aussi particulier ».