Accompagnement : À l’École de la Fratrie, de Frère Krishna Ramsamy

Rue Farquar, à Rose-Hill, la Fraternité Saint-Bernardin-de-Sienne accueille chaque après-midi des enfants des quartiers avoisinants pour un accompagnement scolaire. Cette initiative de Frère Krishna Ramsamy, soutenu de quelques bénévoles, est une bouffée d’air frais pour ces enfants issus de milieu défavorisé. Car au-delà de la simple aide aux devoirs, ils ont un espace où ils peuvent être écoutés, s’entraider et se faire des amis. Ils ont aussi droit à un petit-déjeuner avant d’aller à l’école le matin et à un goûter dans l’après-midi.

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« Mo pa ti konn fer long miltiplikasion, lerla Frer Krishna inn montre mwa. Aster mo kone. » Kainey, élève de Grade 5, fréquente régulièrement l’École du Pain de la Fratrie, mise en place par le Frère Krishna Ramsamy, depuis quelques années. Les enfants y sont accueillis le matin avant d’aller à l’école pour le petit-déjeuner et, l’après-midi, à la sortie de l’école pour le goûter et l’accompagnement.
Cette initiative fait partie d’un projet plus large de soutien aux familles vulnérables des quartiers avoisinants. « Pendant le Covid, j’ai rencontré des familles en difficultés. Avec la fraternité, nous avons mis en place le projet Le Pain de la Fratrie pour accorder une aide alimentaire aux familles. Depuis, je continue d’accompagner les familles dans une approche participative. L’une des conditions est que les enfants doivent fréquenter l’école », explique le Frère Krishna Ramsamy.
Pour cela, il fallait aussi s’assurer que les enfants aillent à l’école dans de bonnes conditions. « Chaque matin, nous offrons le petit-déjeuner. Les enfants viennent ici pour manger avant d’aller à l’école. Ils reviennent après les cours pour le goûter et l’accompagnement scolaire. L’accompagnement scolaire se fait en collaboration avec l’école. » Ici, l’accompagnement va au-delà des matières académiques. On y intègre les valeurs humaines et des activités visant le développement global de l’enfant.

Des rêves pleins la tête

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Pour cela, Frère Krishna s’est entouré d’une équipe de bénévoles, qui donnent de leur temps pour aider les enfants dans leur apprentissage. Marie en fait partie. Elle a rejoint l’École du Pain de la Fratrie, après en avoir entendu parler par une travailleuse sociale. « Comme je n’habite pas loin du foyer, je me suis dit que je pourrais apporter ma contribution. J’aide les enfants dans l’écriture de base et les calculs. Je les aide aussi à comprendre ce qu’ils font à l’école, car l’anglais n’est pas accessible à tous », dit-elle.
Elle insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas là de leçons particulières, mais bien d’un accompagnement. L’approche est différente et, surtout, les enfants apprennent aussi la discipline, le respect des autres et l’entraide. « Personnellement, cela m’apporte beaucoup de joie de pouvoir aider ces enfants. Auparavant, je travaillais dans une firme privée et je sentais que j’avais quelque chose à donner. Depuis, j’ai pris ma retraite anticipée, et cela me permet de consacrer plus de temps aux enfants », poursuit-elle.
Ethan, élève de Grade 5, fréquente régulièrement l’école de Frère Krishna. Il ne cache pas sa joie d’être en ces lieux. « Mo kontan vinn isi parski mo aprann lir, mo kapav vinn malin. Apre mo gagn manze kado », dit-il. Il confie qu’il arrive à mieux comprendre ses leçons depuis qu’il bénéficie de cet accompagnement. « Lekol mo pa ti pe tro konpran », explique-t-il. Ethan nourrit le rêve d’intégrer le St Mary’s College de Rose-Hill après avoir réussi ses examens du PSAC. Il dit travailler dur pour cela.
Son ami Kainey veut, lui, entrer en Grade 7 à la Saint Andrew’s School. Mais pour le moment, il doit se concentrer sur ses leçons de mathématiques. « Bann profeser avek Frer Krishna bien ed mwa », souligne-t-il. Comme ses autres camarades, une fois les leçons terminées, il passera au coin bibliothèque pour choisir un livre pour la lecture.
Dans une autre salle, Ricardo, bénévole également, encadre des élèves des Grades 3 et 4. « Comme ils sont plus petits, je commence par les bases de la lecture, en anglais et en français. Nous travaillons également les mathématiques et je leur apprends la discipline », dit-il. Un accompagnement qui demande non seulement du temps, mais aussi de la patience, car tous ne sont pas du même niveau.
Dans la classe, il y a beaucoup d’enthousiasme. Ilana, 8 ans, est contente. Elle a pu correctement compléter la « phrase à trous » que Ricardo avait copiée au tableau. « J’aime venir ici. J’ai des amis, j’apprends mes leçons et je lis des histoires. J’aime lire. »
Leonardo est tout aussi enthousiaste, même si à la fin de la journée, il commence à montrer des signes d’impatience. « Frère Krishna et M. Ricardo sont mes profs préférés. Ils m’ont appris beaucoup de choses. Et puis j’ai beaucoup d’amis ici », dit-il. Il ne cache pas non plus sa passion pour le foot et attend avec impatience le début de la Coupe du Monde. « Je vais soutenir le Portugal, car Cristiano Ronaldo est mon joueur préféré. »
Si tous ces enfants se sentent si bien ici, c’est parce qu’ils savent qu’ils sont écoutés et encadrés. Car au-delà des simples leçons de maths et d’anglais, l’objectif affiché est que les enfants deviennent des citoyens capables de se prendre en main, avec une vie professionnelle stable, une maison et la possibilité de réaliser leurs rêves.

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