CANCER — Usage abusif de pesticides : Le ministre Bachoo veut encourager une alimentation saine

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Alors que le lien de causalité entre l’emploi de pesticides et la hausse des cas de cancers n’est pas encore totalement établi, la question de l’utilisation de ces produits hautement toxiques revient régulièrement sur le tapis. C’était notamment le cas au Parlement le 27 octobre, où le ministre de tutelle, Anil Bachoo a élaboré sur les lois en vigueur en termes de contrôles, tout en mettant l’accent sur l’importance de garantir à la population l’accès à une alimentation de bonne qualité.

La question du mauvais usage des pesticides demeure une source de préoccupation pour le pays. Ainsi, la collaboration de toutes les parties prenantes, à commencer par celle des agriculteurs, est indispensable afin de garantir que les aliments produits puissent être consommés sans risque. C’est ce qu’a déclaré le ministre de la Santé à Franco Quirin. D’emblée, il indique que l’utilisation et le contrôle des pesticides sont régis par l’Use of Pesticides Act 2018, laquelle loi a également prévu la création d’un Pesticides Regulatory Office, chargé de réglementer, de contrôler et de surveiller l’utilisation des pesticides dans ou sur les produits agricoles. Ce bureau – qui comptait au départ trois agents, contre sept aujourd’hui – prélève des échantillons de produits agricoles frais locaux afin d’y déceler d’éventuels résidus de pesticides.

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Depuis la mise en place du bureau, 5 532 échantillons ont été analysés. Pour les mois de mai et juin derniers, sur un total de 78 échantillons prélevés dans des exploitations agricoles, lors de ventes aux enchères et dans des supermarchés, sept ont dépassé les limites maximales de résidus, et 34 contenaient des résidus de pesticides non autorisés.
« La loi de 2018 sur l’utilisation des pesticides a été modifiée par le biais de la Finance Act 2022. Cette modification visait à garantir que les produits agricoles destinés à la consommation soient soumis à un contrôle des résidus de pesticides, et à permettre la mise à jour, par voie réglementaire, de la liste des pesticides autorisés, ainsi que des teneurs maximales en résidus de pesticides », reprend le ministre. « Mais la liste des pesticides recommandés, qui figurait à la première annexe de la loi, a été supprimée. Cette modification est entrée en vigueur en 2022 sans qu’aucun texte réglementaire ne soit adopté pour l’accompagner, créant ainsi un vide juridique. »

 

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« Vide » à combler

Pour combler cette lacune, quatre projets de réglementation ont été élaborés avec le concours du Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD) dans le cadre du projet Implementing Sustainable Low and Non-Chemical Development in Small Island Developing States. L’objectif est de renforcer le contrôle des résidus de pesticides dans les produits agricoles frais, cultivés localement ou importés, et d’instaurer une obligation de formation et de certification pour les utilisateurs.

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Le ministre dit avoir constaté que « certains agriculteurs ayant fait un usage abusif de pesticides sont inscrits auprès du Small Farmers Welfare Fund, et ont bénéficié de programmes mis en place par le GM ». De plus, certains ont même obtenu la location de terres domaniales à des fins agricoles. « Je propose donc de radier ces agriculteurs et de récupérer les terres qui leur avaient été concédées » , propose-t-il dans l’attente de l’avis du bureau de l’Attorney General.

Le ministre ajoute vouloir à la fois promouvoir une alimentation saine et une agriculture responsable. « Ce gouvernement demeure déterminé à garantir que la sécurité alimentaire s’accompagne de mesures de protection efficaces pour la salubrité des aliments et la santé publique, tout en aidant les agriculteurs à adopter des pratiques agricoles responsables et durables », dit-il en faisant état de la récente mise sur pied d’un comité interministériel.

Placé sous la présidence du ministre de l’Agro-industrie, de la Sécurité alimentaire, de l’Économie bleue et de la Pêche, Arvin Boolell, et comprenant d’autres ministères (Environnement, Santé, Commerce et Industrie), ce comité vise à examiner la question de l’usage abusif des pesticides dans le secteur des cultures vivrières et ses répercussions potentielles sur la santé des citoyens.

Lors d’une première réunion au début d’octobre, des préoccupations ont été exprimées quant à un éventuel lien entre les pesticides et le risque de cancer. Il a été souligné que cette relation devait faire l’objet d’études épidémiologiques scientifiques et qu’aucun lien de causalité ne saurait être présumé en l’absence de preuves scientifiques suffisantes. Ce comité a ainsi recommandé, entre autres : de solliciter les services d’un expert de l’OMS pour mener une étude épidémiologique; de lancer des campagnes de sensibilisation du public, complètes et dynamiques, afin d’informer les planteurs sur l’utilisation responsable des pesticides, la prévention et l’importance du port d’équipements de protection individuelle; et que le ministère de la Santé réalise des études par sondage auprès des planteurs et de leurs enfants afin d’évaluer l’impact de l’exposition aux pesticides.

« Soutenir l’agriculture biologique »

Une assistance technique a été sollicitée auprès de l’OMS en vue de mener une étude épidémiologique. La Santé a renforcé les capacités d’analyse de la Government Analyst Division par l’acquisition d’équipements de laboratoire de pointe, destinés à détecter et à quantifier les résidus de pesticides dans les denrées alimentaires à des niveaux préoccupants.

D’autres mesures sont prises par le Food and Agricultural Research and Extension Institute et les services agricoles du ministère de l’Agriculture, dont la formation, de novembre 2026 à décembre 2027, ciblant 780 bénéficiaires apprendront « au bon dosage et la bonne application » des pesticides, le respect des délais avant récolte, ou encore à manipuler les pesticides en toute sécurité.

Des campagnes de sensibilisation sont aussi à l’agenda pour encourager les agriculteurs à adopter les bonnes pratiques en matière d’utilisation de pesticides. Aussi au programme : la mise en place d’unités d’agriculture biologique à travers l’île, visant à familiariser les agriculteurs avec des techniques alternatives; le déploiement d’un projet pilote de traçabilité par code QR, destiné à renforcer la transparence et le suivi au sein de la chaîne d’approvisionnement agricole; et l’acquisition d’équipements supplémentaires afin de porter le nombre d’échantillons analysés à au moins 300 par mois.

Pour sa part, Joanna Bérenger a relevé que « les pesticides font partie de la famille des herbicides et que l’OMS a reconnu que le glyphosate 88 a des molécules potentiellement cancérigènes. » Aussi a-t-elle demandé au ministre si celui-ci comptait « prendre des actions face à l’utilisation abusive du glyphosate ou interdire l’importation du glyphosate tout court ». Et l’intéressé de répondre : « une fois que les faits seront dûment établis, et s’il faut agir, alors je prendrai sans aucun doute des mesures. »

 

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