La Federation of Civil Service and Other Unions (FCSOU) monte au créneau après le retrait de la lettre circulaire relative au Work From Home/Flexitime dans la fonction publique. Son négociateur, Narendranath Gopee, estime que cette décision du ministre de la Fonction publique, Raj Pentiah, constitue une intrusion dans le fonctionnement administratif du ministère.
Au cours d’une déclaration, Narendranath Gopee a plaidé pour l’introduction rapide du Public Service Bill (PSB), qu’il considère comme un outil essentiel pour mettre fin à l’ingérence politique dans l’administration publique. Pour lui, « un ministre est le chef politique d’un ministère et non son chef administratif ».
Il maintient que la gestion administrative relève du Secretary for Public Service (SPS) par le biais du Head of Civil Service. « Le ministre ne peut donner des directives de nature politique au SPS. Cette intrusion dans le travail administratif constitue un cas de mauvaise gouvernance », a-t-il dénoncé.
Le négociateur de la FCSOU estime, par ailleurs, que cette intervention représente « une procédure irrégulière » et « une violation de l’indépendance de la fonction publique », garantie par la section 89 de la Constitution. Il parle même d’un « abus de pouvoir » de la part du ministre.
La fédération affirme également avoir appris que des avertissements auraient été adressés aux fonctionnaires impliqués dans la rédaction de la lettre circulaire sur le Work From Home/Flexitime. Le ministre aurait aussi évoqué la possibilité de référer l’affaire au Premier ministre.
Face à cette situation, la FCSOU appelle le ministre à « ne pas menacer des fonctionnaires qui accomplissent leur travail en toute indépendance ». Le syndicat se dit toutefois disposé à soutenir le ministre dans les prises de décisions politiques, tout en insistant sur la nécessité de respecter le rôle des administrateurs publics.
Par ailleurs, la fédération demande au Premier ministre, Navin Ramgoolam, de reconsidérer la décision visant à pousser le SPS, Dhanandjay Kawol, vers une retraite prématurée. Elle souhaite qu’il puisse rester en poste jusqu’en février prochain, date à laquelle il totalisera plus de 33 années de service dans la fonction publique.
Narendranath Gopee a mis en avant que le conseil des ministres a donné son feu vert, le 10 avril dernier, à la mise en œuvre de plusieurs mesures visant à consolider la sécurité énergétique, notamment l’encouragement du télétravail et des horaires flexibles, ainsi que le covoiturage, en vue de maximiser l’occupation des véhicules et de réduire la consommation de carburant, entre autres.
« Dans ce contexte, le Dr Kawol, avec l’approbation du secrétaire au Cabinet et chef de la fonction publique, a émis la fameuse lettre circulaire controversée concernant les horaires de travail flexibles. Qu’il ait consulté ou non le ministre sur cette décision purement administrative importe peu. Le ministre avait le devoir de prendre les devants dès l’approbation du Cabinet », a-t-il martelé.
Le négociateur syndical a ajouté que « le ministre s’est montré très en colère de ne pas avoir été consulté. Cette fameuse circulaire a été émise le mardi 5 mai dans l’après-midi. Lors de la cérémonie de prestation de serment au Réduit, le mercredi 6 mai, certains de ses collègues ministres lui ont demandé des informations au sujet de cette circulaire. Il a répondu qu’il n’était pas au courant. Depuis le Réduit, il a téléphoné au ministère pour annoncer qu’il tiendrait une réunion avec ses fonctionnaires le même jour à 11 h 45. »
Poursuivant son récit, Narendranath Gopee a avancé : « Une fois au ministère, il est entré dans la salle de conférence dans un état de grande colère, accompagné de ses gardes du corps, comme des videurs de boîte de nuit. C’est la première fois dans l’histoire de la fonction publique que des gardes du corps pénètrent dans une salle de conférence. Une bassesse extraordinaire. Il a copieusement insulté l’ensemble du personnel, y compris Kawol, avant de lui demander de soumettre sa démission pour retraite. »
Il est regrettable, poursuit le négociateur syndical, que la fonction publique se soit retrouvée à un niveau aussi bas en termes de considération dans ce contexte. Si le ministre ne respecte pas ses fonctionnaires, il ne faut pas s’étonner que le public en fasse de même.
La fédération a condamné ce qu’il estime être « la violence verbale » du ministre et a demandé au Premier ministre que Raj Pentiah soit transféré dans un autre ministère. « Pourquoi sanctionner uniquement Dhanandjay Kawol ? Deux autres personnes étaient également au courant de cette circulaire et avaient donné leur approbation. Pourquoi aucune sanction n’a-t-elle été prise contre elles ? La violence verbale constitue une infraction criminelle sous la Workers’ Rights Act », a conclu Narendranath Gopee.

